Projets de société des candidats à l’élection du Président de la République : Moussa Mara supprimera la fonction publique des collectivités et fera une augmentation générale des salaires de 10% !

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Dans ce premier numéro de notre rubrique dédiée à l’analyse des projets de société des candidats à l’élection du Président de la République du Mali le 29 avril prochain, nous nous intéressons au projet du candidat Moussa Mara du parti YELEMA (le changement). Monsieur Mara nous a fait savoir qu’il a élaboré son projet en vingt chapitres qui abordent pratiquement tous les secteurs avec souvent des promesses concrètes comme la suppression de la fonction publique des collectivités et l’augmentation générale des salaires. Nous ne prétendons pas aborder tous les points de ce vaste document dans cet article, mais quelques points saillants. Voyage dans le projet de Mara !


L’AUTORITE DE L’ETAT maintien de la peine de mort, plus de versement de rançon à des preneurs d’otages…
La restauration de l’autorité de l’Etat fait partie des priorités du candidat de YELEMA. Selon lui, l’autorité de l’Etat n’est autres que : le respect, la discipline, l’organisation et la rigueur. C’est pourquoi si Moussa Mara est élu Président de la République du Mali, il réorganisera l’administration en supprimant la fonction publique des collectivités, le corps des contractuels et des conventionnaires. Il y aura donc, dans la république Mara, une seule fonction publique de l’Etat. Toujours pour accorder un traitement égal à l’endroit de tous les agents de l’Etat, Mara promet d’assurer la mobilité des fonctionnaires de manière transparente sur toute l’étendue du territoire national et de rendre transparent l’intégration dans l’armée nationale de manière à assurer un accès équitable pour toutes les filles et tous les fils du Mali. Pour que l’agent de l’Etat respecte son travail et soit respecté, le candidat Mara a prévu une augmentation générale des salaires de 10% tout en harmonisant les catégories. Au titre de la réorganisation des structures de contrôle, Mara supprimera le Contrôle financier et confiera ses missions au trésor et aux autres structures de contrôle. Dans la République que Mara fera venir s’il est élu Président de la République, l’administration sera : impartiale, neutre et équidistante. Cette République Mara sera également fortement modernisée, car elle verra les usagers de l’administration faire 30% des démarches administratives de manière électronique.


Mais le candidat a omis d’expliquer comment il créera les conditions de la réalisation de cette dernière mesure (30% des démarches administratives de manière électronique). Il n’a pas non plus expliqué comment la suppression de la fonction publique des collectivités se rimera avec la décentralisation, notamment le transfert des ressources de l’Etat aux collectivités que lui-même Mara défend farouchement. En tous cas, nous lui donnerons la parole.
L’ECOLE  elle bénéficiera d’une politique de redressement que nous concevrons en six mois et que nous soumettrons à referendum, a déclaré le candidat Mara dans une interview accordée à notre confrère le «Prétoire » dans sa parution du 23 janvier 2012.


Selon le candidat Mara, cette politique aura besoin de 20 ans pour donner les résultats souhaités. Mais toute fois, précise-t-il « nous nous engageons à ce que chaque année soit meilleure que l’année précédente ». Cette politique éducative de Mara est axée sur trois points :
1 La gestion du flux en rapport avec la démographie et ses incidences à chaque niveau d’enseignement sur une période de 20 ans ;
 2 La question de l’école qui forme un citoyen connaissant et aimant son pays,


3 La question du Malien formé et qui multipliera ses chances de trouver un emploi.  
Le candidat de YELEMA ne laissera pas tomber les 490 recommandations issues du forum national sur l’éducation. Il a affirmé que sa politique éducative sera articulée autour de ces recommandation « auxquelles nous ajouterons quelques idées complémentaires en terme d’intégration de l’école et du marché de l’emploi ou encore d’orientation plus précoce des enfants vers les formations techniques courtes. »
Que fera le candidat face à la situation des enseignants qui passent plus de temps en grève qu’en classe ?
Que fera-t-il avec l’AEEM qui se politise de plus en plus et dont les leaders ne sont étudiants ou élèves que de nom ?
Comment mettra-t-il en œuvre sa politique dite de redressement de l’éducation dans un contexte où l’école est sous ajustement ?
L’ECONOMIE AU SERVICE DE LA CREATION DE RICHESSES ET DE L’AUTONOMIE DU PAYS abordé la question des réserves de la BCEAO (plus de 3000 milliards) afin d’utiliser l’excédent dans l’investissement, soutenir l’économie plutôt que lutter contre l’inflation, aménager 1 million d’hectare de terre cultivable sur 10 ans, baisser le coût du kilowattheure à 60F cfa, réduire le taux de la TVA à 10% ; protéger les industriels (ceux qui créent la valeur ajoutée), réduire le faste des cérémonies publiques, diminuer les voyages et missions des agents de l’Etat…


Ce sujet est l’un des thèmes favoris du candidat Mara. Il estime que depuis l’indépendance, notre pays vit «sous l’emprise d’idées économiques et financières venues d’ailleurs » et vit dans «un environnement régional qui se caractérise par l’application de recettes économiques importées qui ne sont pas toujours comprises et encore moins maîtrisées ». C’est pourquoi le candidat Mara prévoie, à travers des mesures dont nous avons citées quelques unes en haut, encourager l’investissement et lutter contre le gaspillage des ressources. Et au bout, asseoir un système économique original fondé sur nos ressources et qui est compris par les maliens puisque conçu par eux et mis en œuvre par eux.  


BONNE GOUVERNANCE ET CITOYENNETE systématiser les enquêtes de moralité et les déclarations de biens des personnalités publiques, surveiller le train de vie et le patrimoine des leaders publics, ériger l’alternance en principe de gestion (enseigner l’alternance à l’école)…


Ici, le candidat de YELEMA promet un nouveau type de leader aux maliens et une autre façon de gérer la chose publique. Selon lui, la personnalité publique sera démystifiée. Il sera une personne simple en contact avec les populations. Ses biens seront déclarés avant la prise de fonction et régulièrement contrôlés. La gestion de la chose publique sera désacralisée. Les membres du gouvernement et autres personnalités publiques animeront fréquemment des conférences de presse, des débats sur les radios, dans les espaces publics pour expliquer leurs politiques, leurs décisions, justifier leurs nominations… Dans la république Mara, il n’y aura pas de tabou ! Tout sera débattu à la place publique devant tout le monde. A cet effet, la société civile et la presse seront des partenaires privilégiées des pouvoirs publics. Elles seront présentes à tous les niveaux de la gouvernance, a promis Mara.
DECENTRALISATION ET ORGANISATION DU TERRITOIRE simplifier l’administration en réduisant à deux le nombre d’échelons administratifs (niveau région et commune), supprimer les cercles, créer 30 régions…


Ici, le candidat Mara a opté pour une administration plus simplifiée et mieux décentralisée. Il promet de revoir le découpage du territoire national et transférer progressivement aux collectivités territoriales l’essentiel des services publics. Resteront sous le giron de l’Etat, seuls les fonctions et services régaliens ainsi que la tutelle des communes et des régions.


En promettant de rendre effectif d’ici 2013, le transfert des compétences en éducation, santé et hydraulique avec les ressources adéquat aux collectivités, le candidat Mara oublie-t-il qu’il avait proposé la suppression de la fonction publique des collectivités qui est intimement liée au transfert des ressources de l’Etat aux collectivités ? Les maliens ne méritent-ils pas un éclairage à ce niveau ?


LUTTE CONTRE LA CORRUPTION  enseigner la corruption et ses impacts dans les écoles et universités, améliorer la rémunération des agents publics, instaurer la mobilité et multiplier les occasions de changement, limiter à cinq ans le temps d’occupation d’un poste, instaurer une déclaration systématique de biens et leur mise à jour avec un dispositif approprié de contrôle, fiabiliser l’état civil en partant du RAVEC et en généralisant la délivrance de documents d’état civil informatisés contenant des données biométriques et délivrés selon un processus unique, établir une base de données des prix (qui prévoira les tarifs des biens, des services, des infrastructures, des travaux sur l’ensemble du territoire en tenant compte des spécificités des localités …


Décidément, le candidat de YELEMA est prolifique en termes de propositions pour lutter contre la corruption. Des mesures qui, de toute évidence, semblent être facile à mettre en pratique. Moussa Mara a aussi fait siennes quelques recommandations issues du forum contre la corruption. Au nombre desquelles : la dépolitisation de l’administration (mettre les secrétaires généraux au dessus des contingences politiques en rendant leur mandat inamovible sur sept ans non renouvelable avec au préalable un recrutement sur appel d’offre ouvert), l’application stricte de la comptabilité matière (inventaire et immatriculation régulier de tout le patrimoine de l’Etat), le contrôle périodique des agents publics ainsi que leur présence aux postes, accroître la surveillance sur les magistrats (contrôle de leur patrimoine, de leur train de vie, de leur situation financière)… Ainsi, Moussa Mara compte mener une réelle croisade contre la corruption s’il est élu Président de la République du Mali.
Aussi, les valeurs sociales et religieuses du Mali et la culture n’ont pas échappé à la réflexion du jeune candidat à l’élection du Président de la République du Mali le 29 avril prochain. Il promet de mettre la riche culture du Mali au service de son développement. Dans ce cadre, il se donne comme priorité, une lutte musclée contre la piraterie. La piraterie sera considérée sous le régime Moussa Mara comme un crime au même titre que la falsification de monnaie. Elle sera à cet effet sanctionnée par 10 ans de travaux forcés.
Le choix du Président de la République appartient au seul peuple souverain !
M’pè.

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