Gestion calamiteuse des sites : Quand les jeunes pharmaciens se trompent de combat 

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A la date d’aujourd’hui, on dénombre une vingtaine de pharmacies installées de façon anarchique dans le seul District de Bamako. Loin d’aller en justice contre Mme la Ministre de la Santé , une solution qui ne pourra jamais résoudre le problème épineux d’attribution de sites, les jeunes pharmaciens devraient plutôt demander la mise à plat de toutes les officines installées illégalement,  ou mieux, demander à l’ordre de revoir sa politique d’attribution de sites.

C’est aux premières heures de sa création que la gestion des sites a commencé à poser problème au sein de l’Ordre des pharmaciens du Mali. Le nombre de jeunes pharmaciens sur la liste d’attente n’a fait que s’accroître au fil des ans, et malheureusement la politique d’attribution des sites n’a pas suivi cette évolution. Aujourd’hui, ils sont plus de 300 jeunes pharmaciens inscrits sur la liste d’attente. Ce qui veut dire que même si l’attribution faite à Dr Mariam Diallo était annulée, le problème d’attribution des sites demeurerait toujours entier.

Et quand on regarde de plus près tout le tintamarre fait autour de l’attribution faite à la fille de Mme le Ministre de la Santé, Dr Mariam Diallo, on ne peut voir que des mains invisibles au sein même de l’Ordre qui manipulent les jeunes pharmaciens. En effet, l’attribution du site dans la zone ACI 2000, en 2009, a été faite en violation des textes régissant les conditions d’octroi des sites. Dr Adam Diakaté, la première bénéficiaire du site, selon nos investigations, s’est inscrite au niveau de l’Ordre à la section C, du moment où elle travaille à la Pharmacie Populaire du Mali (PPM), qui est un établissement de vente en gros, on se demande comment l’Ordre national des pharmaciens lui a attribué un site en section A, qui regroupe tous les pharmaciens titulaires gérant ou exerçant dans une officine. Et depuis 2009, elle continue à travailler à la PPM , ce qui veut dire qu’il n’ y a jamais eu de transfert de section pour régulariser cette illégalité et elle continue à garder le site en question.

Si les jeunes devaient se lever, c’était justement au moment où cette attribution illégale a été faite. Etrangement, depuis 2009, date de cette forfaiture, jusqu’à ce jour où le site est toujours inoccupé, aucun jeune pharmacien n’a levé son petit doigt. Il n’aura fallu que le site soit attribué à la citoyenne Dr Mariam Diallo, qu’une fronde regroupée autour d’un collectif dénommée COJEP se dresse contre elle, tout simplement parce qu’elle est la fille du Ministre de la Santé.

Ce qu’on reproche à cette attribution, c’est qu’elle n’a pas suivi l’ordre sur la liste d’attente. Qu’en est-il de la vingtaine d’attributions qui ont précédé ce cas? Aussi, en parlant de violation de loi,  pour ceux qui ne le savent pas, la fameuse liste d’attente dont il est question n’est régie par aucun décret, encore moins une loi.

Toutefois, il est indéniable que le nombre de pharmaciens inscrits sur la liste d’attente s’est considérablement accru. Malheureusement, la politique d’attribution de site est en complète inadéquation avec cette nouvelle donne. Aussi, au lieu d’aller en justice contre qui que ce soit, une solution qui ne pourra jamais résoudre cet épineux problème lié à l’attribution des sites, la COJEP devrait plutôt saisir l’Ordre pour demander la mise à plat de toutes les attributions anarchiques, ou mieux, demander à ce que l’Ordre national des pharmaciens revoie sa politique d’octroi des sites.
Birama FALL

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