Forum des peuples à Niono : Une kyrielle de recommandations pour un autre monde plus juste

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La dixième édition du forum des peuples tenue du 31 octobre au 3 novembre 2011 en quatrième région, à Niono, en contrepoint au sommet du G20 qui s’est tenu du 3 au 5 novembre dernier en France,  avait au cœur des débats la problématique de l’accaparement des terres agricoles. A l’issue de la rencontre, une kyrielle de recommandations pour un autre monde plus juste ont été proposées.

Cette dixième édition , a enregistré la présence d’éminents conférenciers comme Youssouf Tata Cissé, Issa Ongoïba, ancien PDG de l’Office du Niger, Amadou Djicoroni Traoré, les représentants du Maghreb, Mehdi Bougamra, de l’Afrique australe, Bankie Forester Bankie, de l’Afrique centrale, Luc Mukendi.

Le Forum des peuples représente historiquement la première rencontre citoyenne des peuples d’Afrique qui se tient chaque année en contrepoint au sommet du G20. C’est un espace d’éducation populaire, d’échanges, d’analyses et de construction d’alternatives aux politiques néolibérales. C’est aussi un espace de convergence et d’articulation des luttes.

Les acteurs du forum, qui viennent pour la plupart du Mali, d’Afrique et d’ailleurs sont principalement les mouvements sociaux, les organisations paysannes, les ONG, les leaders d’opinions…

Plusieurs activités étaient au programme, comme le symposium sur "Le droit à la souveraineté des peuples sur leurs ressources naturelles et leurs richesses : conditions préalables au droit à la vie pour tous et du vivre ensemble", des conférences et ateliers, des causeries-débats, des espaces de rencontre et de dialogue.

 Le président de la Coalition Alternative Africaine Dette et Développement du Mali (CAD-Mali), Sékou Diarra, dans son discours d’ouverture a indiqué que le focus sur les questions d’accaparement des terres africaines et de souveraineté des peuples n’est pas gratuit, car l’avenir de la planète est menacé et l’économie mondiale est en danger. Face à cette situation, on ne peut laisser la clé de notre devenir commun entre les mains des intérêts financiers privés. Les altermondialistes, a-t-il poursuivi, sont engagés à se mobiliser contre les décisions unilatérales et anti-démocratiques du G20. Ils n’ont pas d’autre choix, car le monde de 2011 n’est que le prolongement de celui des années 1970, a-t-il ajouté. Cependant, un monde d’espoir se lève à travers la déclaration de l’Assemblée mondiale des mouvements sociaux tenue à Dakar, les soulèvements dans le monde arabe et la  convergence des luttes. En Afrique, le déficit démocratique et l’actualité postélectorale sont faits de boycott, de division entre opposition et majorité, bref  de guerre…Selon le président de CAD-Mali, pour permettre une participation populaire à l’exercice du pouvoir en 2012, les citoyens doivent se mobiliser pour donner la primauté à la voix du peuple contre la voix de l’argent.  A la clôture des travaux, un appel des mouvements sociaux sur l’accaparement des terres  a été lancé. Treize points de recommandations ont été proposés pour un autre monde plus juste.

Parmi ces points on peut citer l’expropriation sans indemnisation des grands propriétaires fonciers, nationaux comme étrangers en vue d’une reforme agraire permettant aux paysans de disposer de leurs ressources car l’agriculture paysanne est la seule capable de nourrir l’ensemble de l’humanité tout en préservant la biodiversité.

 

De même, les peuples exigent l’abolition de l’OMC et de tous les accords de libre échange ainsi que le renforcement des initiatives d’intégration régionale visant la solidarité entre les peuples et excluant tous les projets cherchant à marchander les biens communs et l’accès aux droits fondamentaux. Ils réclament aussi l’arrêt des pillages des ressources naturelles et du saccage de l’environnement, l’arrêt de la fabrication des armes et la sortie du nucléaire à des fins civiles comme militaires et la reconversion de ces industries dans des secteurs socialement utiles…                

 

Falé COULIBALY      

 

Stagiaire


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