Mali : quelle armée pour la reconquête du Nord ?

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L'armée malienne semble perdue, non seulement sous-équipée mais également démoralisée. © Issouf Sanogo/AFP

Contre les rebelles touaregs du MNLA et du groupe islamiste Ansar Eddine, qui occupent le Nord-Mali depuis la fin du mois de mars, l’armée malienne cherche à s’organiser pour lancer la contre-offensive. Un immense défi pour une institution qui refuse l’aide de la Cedeao et qui doit s’équiper et se remobiliser afin de monter au front dans des conditions acceptables pour les soldats. Enquête.

À Bamako, c’est un haut gradé d’un pays limitrophe qui parle : « L’armée du Mali est passée du rang de gendarme de la sous-région, dans les années 1980, à celui de figurant ces dernières cinq années. Dans les cérémonies militaires, ATT [l’ancien président Amadou Toumani Touré, NDLR] alignait ses généraux, comme pour dire qu’il avait une armée, mais en réalité il n’avait rien ».

En fait, la description de l’armée malienne tient en quelques lignes. L’état-major est constitué de 50 généraux et d’autant de colonels-major pour seulement 22 000 hommes, tous corps confondus, dont certains non pas reçu leur salaire depuis bientôt deux mois. Pour les forces aériennes, on compte quatre hélicoptères d’attaque Mi-24 de marque soviétique, dont deux en pannes, deux avions de chasse Marchetti de fabrication italienne, offerts par la Libye en 2010 à l’occasion de la fête du cinquantenaire du Mali. Mais ces deux derniers ont épuisé leur réserves de carburant spécial et ont besoin d’être révisés.

Le Mali possède également six petits avions de surveillance de type Tétras, un vieux Basler américain pour le transport de troupe, acheté par le Mali en 2003. Et en ce qui concerne les véhicules au sol, l’armée de terre a acheté en 2010 quarante automitrailleuses blindées BRDM et quarante autres blindés de transport de troupes de type BTR. Mais plusieurs de ces engins se trouvent entre les mains des rebelles du MNLA et des islamistes d’Ansar Eddine, depuis la conquête des villes du Nord.

Contrairement aux apparences, les rebelles touaregs (ici du groupe islamiste Ansar Eddine) sont beaucoup mieux équipés que l'armée malienne © France 2/AFP/Archives

Puissance de feu

Au final, si l’armée utilise également plusieurs centaines de voitures tout terrain, elle paraît dans l’ensemble complètement sous-équipée. « Aujourd’hui, l’armée malienne a besoin d’une logistique adaptée au terrain. C’est-à-dire qui soit efficace, légère et facile à déplacer », dit un autre haut gradé d’une armée voisine du Mali, qui habite Bamako depuis plusieurs années. « Il faut plus de mitrailleuses lourdesn de type 14,5 mm et 12,7 mm, des mortiers, des canons pour atteindre une distance lointaine : lors des derniers accrochages avec les rebelles, les tirs de ces derniers atteignaient l’armée malienne mais pas l’inverse », poursuit notre officier.

Il manque aussi des pilotes pour les hélicoptères disponibles, depuis que les mercenaires ukrainiens employés par le régime d’ATT ont levé le camp. Mais aussi des avions de reconnaissance. Il faut enfin recenser le nombre de militaires aptes au combat et prêts à aller au front – ce qui n’est pas évident… -, puis les constituer en unités opérationnelles et définir les missions de chacune d’entre elles.

Aujourd’hui, le régiment le mieux entraîné est celui des commandos parachutistes, formé de plus de 600 hommes. Parmi eux, quelques unités d’élite ont eu des formations militaires de la part de la Corée du nord, des États-Unis, ou du Canada. Mais un grand nombre de ces hommes sont basé à Bamako et ne connaissent pas grand chose du terrain et des conditions de survie dans le grand Nord désertique.

Une intervention de la Cedeao ?

Dans le cadre des négociations post-putsch, la Cedeao a envisagé d’envoyer entre 2 000 et 3 000 militaires pour aider le Mali à libérer ses villes occupées. Mais depuis peu, des voix se lèvent contre toute vélléité d’intervention étrangère. « C’est le rôle de notre armée… Pas celui d’armées étrangères, ni d’une force d’interposition qui viendrait fixer les lignes d’une partition dont nous ne voulons pas », a dit Ibrahim Boubacar Keita, leader du parti Rassemblement pour le Mali (RPM), lors d’un meeting des ressortissants des régions du Nord-Mali, le 11 avril à Bamako.

Le 9 avril, c’était au tour du capitaine Sanogo, le chef de la junte militaire qui a renversé ATT le 22 mars, de déclarer à la télévision nationale qu’il était opposé à une présence des troupes étrangères sur le sol malien. Mais pour une source militaire à Bamako, qui suit le dossier de près, l’option définitive pourrait être mixte. « Les soldats maliens libèreraient les villes occupées, puis les troupes de la Cedeao les sécuriseraient ». L’honneur serait sauf…

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Par Baba Ahmed, à Bamako

Pour jeuneafrique.com – 16 avril 2012

 

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20 COMMENTAIRES

  1. Suite à de nombre difficulté provoqué par l’ancien régime notamment par l’intégration des rebelles touareg au sein de notre armée qui n’ont que retourné leurs vestes c’est par le prochain attaque de l’armée malienne qu’on connaîtra sa vrai force

  2. QUELLE CENSURE SUR MALIWEB où il faut créer tous les jours un PSEUDO pour intervenir / on savait depuis longtemps qu’ils ne publient que ce qui les arrange HEUREUSEMENT qu’il n’y à que 0,05% pour cent de MALIENS qui ont Maliweb…
    AMION -etc… SADI = Secte d’Aigris Dévoués d’Intrépides d’Impatients…. On ne veut pas d’héritage dynastique, du syndicalisme à la création de parti, de fils en père etc…Prenez le pouvoir à la place du CNDRE directement c’est mieux au lieu de crier, de créer des club, des amicales partout. J’espère qu’on va rectifier le TIR pendant ce temps et INTERDIRE tous les partis NON PRÉSENTS de “AGUELHOC TESSALIT à DIBOLY KAYES” CES MICRO PARTIS DE QUARTIER qui pullulent et qui polluent les DÉBATS. On doit bannir les transhumances nomades de tout élu par un suffrage pendant un MANDAT…pendant que SANOGO va nous perdre notre temps après les 40 jours , les BUSINESS MAN trafiquants Touareg se solidifient, minent le terrain et s’implantent durablement…ON EST PARTI POUR UNE SOMALIE BIS si d’ici quelques mois on ne commence pas la reconquête du NORD (justificatifs du coup d’État) ALI NOUHOUN DIALLO A TOUT DIT ET ÉCRIT que tout le monde s’en INSPIRE et on gagnera du temps.

  3. L’une des solutions les plus prometteuses dans l’immédiat serait le soutien à l’armée malienne de la France et des Etats Unis pour la logistique, le renseignement et l’appui aérien (éventualité avançait par François Hollande). Pour l’instant il n’est pas question d’envoi de troupes occidentales au sol…
    Mais ce soutien soulagerait grandement l’armée malienne…
    Les choses se décanteront certainement après l’instauration du gouvernement provisoire au Mali et les élections en France (6 Mai). Espérons-le…

  4. Donc, « Nous n’avons pas d’armes, nous n’avons pas d’armes, nous n’avons pas d’armes! » n’est pas un discours qui peut convaincre les hommes qui ont suivi les luttes révolutionnaires de ces dernières décennies. Souvenez-vous de la petite Cuba a fait échouer militairement la plus grande puissance mondiale, l’Amérique, notamment lors de la Baie des Cochons.

    • arrêtez de dire qu’on pas d’armes ils’agit d’une strategie pour mieux endormir l’ennemi, le repli a permi de mettre fin aux fuites des stratégies en place et aux desertions, tous ceux qui devaient deserter l’ont fait, maintenenant le compte est bon, on inventorie nos matériels, nos hommes, on étuidie les erreurs du passé, on élabore un nouveau plan et le feu est parti, ils ne peuvent pas contrôler 826 000 KM2 , il y aura des passoirs et ils s 😆 😆 😆 😆 😆 e trouveront entre 02 feux.

  5. Quels conseils donneriez-vous au capitaine Sanogo ?

    Pr Ali Nouhoum Diallo: Il est capital que les forces armées et de sécurité se ressaisissent. Aujourd’hui, elles peinent à convaincre les Maliens qu’ils ont eu raison de se sacrifier pour les entretenir. Il leur faut se ressaisir pour redorer leur blason car le sentiment général est que ne règnent plus dans l’armée les notions de servitude et de grandeur militaires…. L’appel que j’ai à lancer au capitaine Sanogo et à ses compagnons, c’est qu’ils comprennent que pour beaucoup de gens, leur coup d’Etat ne serait acceptable – même s’il ne justifie pas – que s’ils reconstruisaient une armée et faisaient face aux occupants…

    La seule chose, aujourd’hui, qui permettrait que renaisse l’amour du peuple malien pour son armée, c’est que le capitaine et ses hommes restructurent l’armée et la renvoient au combat. C’est ainsi qu’ils prouveront qu’en réalité, la débâcle de l’armée malienne au nord était due à un manque de moyens.

    Il faut d’ailleurs souligner que ceux qui ont une certaine culture savent que des armées, comme celle du Vietnam à Dien Bien Phu contre l’armée française, ont prouvé que ce n’est pas l’armement qui compte dans la guerre, mais plutôt le moral, la détermination des troupes.Quand les Américains ont remplacé les Français après la défaite de Dien Bien Phu et le partage du Vietnam, c’est l’armée la mieux équipée du monde qui a été battue par celle du Vietnam.

    Donc, « Nous n’avons pas d’armes, nous n’avons pas d’armes, nous n’avons pas d’armes! » n’est pas un discours qui peut convaincre les hommes qui ont suivi les luttes révolutionnaires de ces dernières décennies. Souvenez-vous de la petite Cuba a fait échouer militairement la plus grande puissance mondiale, l’Amérique, notamment lors de la Baie des Cochons.

    A mon avis, si l’équipe du Capitaine Sanogo veut garder la sympathie du peuple malien, elle doit méditer sur le coup d’Etat du 19 novembre 1968, celui des 14 officiers (il n’en reste plus de nos jours que 3, je crois). Je demande au capitaine Sanogo et à ses hommes d’ouvrir bien les yeux et les oreilles et, surtout, de faire travailler leur cerveau
    PROFESSEUR, PENSEZ-VOUS QU’ILS EN ONT?

  6. HAHAHAHA ! Vous allez renvoyer les laches fuyards ? Eh bien se fera un plaisir de le renyoyer a Bamako avec des coups de pieds au cul ! De toutes les façons ceux qu’on a chassé ne reviendrons pas (car ils savtn ce qui les attend) oubien ils seront tellement apeurés que nous aurons devant nous des femelles au lieu de combattants. Vous les recueillirez dansles pays voisins comme d’hab.
    Hampaté Bah l’a dit ” les peuples éleveurs su sahel sont plus intélligents que les populations du Sud “,donc question tactique de guerre on vous laissera sur le carreau.

    • Je suis peul du nord vous les tourages qui ont des armes ne nous representez pas. Si pense que votre azawad est kidal reste labas mais pas dans gourma et le Haoussa. Meme si nous 100 ans pour fair cette guerre on la fera et nous on vous considere comme des occupants.

  7. Nous somme en guerre, les informations sont aussi des gros moyens dans la guerre.

  8. SITUATION CRITIQUE SOS MALI;
    L’armée malienne n’ a aujourd’hui ni les hommes, ni la équipements,ni le commandement (organisation) de faire liberer le nord du Mali en ce moment difficile.
    Les soldats qui doivent se rendent sur le front du nord estiment qu’ils leur retient d’organiser l’armée alors qu’ils n’ont pas cette capacité.

    • comment vous voulez savoir à partir du net ce que l’armée prepare? la donne a changé et les hommes avec depuis; wait and see car la fin du film est proche et à la fin du film western le bandit-chef est tué et le sheriff monte son cadavre sur le cheval en traversant la ville avec.

  9. Il y a bien des soldats de l’armée habitués aux réalités du terrain et qui pourront bien remettre de l’ordre au nord. Officiers et soldats. Mais c’est bien la corruption du commandement qui detournait tout, et qui au lieu de continuer à s’équiper selon les conventions que nous avons avec la Russie qui nous donne ce dont on a besoin et payable sur le long terme, preferait passer chez d’autres fournisseurs tel la Bulgarie pour payer avec du casch et recuperer des remises. La corruption !. Le soldat est demoralisé par la gestion qu’on lui a imposé et sous équipé. Alors il refuse d’aller au casse-pipe. Il faut remettre la confiance, bien payer, soigner, et équiper surtout en mettant l’accen sur la supériorité aérienne avec les avion d’attaque au sol comme les Sukoïd 25. Cette guerre est bien à notre porté même à cours terme contrairement aux turéferaires qui ne veulent que voir notre pays à genou. On est condamné à faire cette guerre. Se precipiter à des negociation sans retablir les rapports de force, ce ne serait que renvoyé la solution pour plutard, ou au pire aller vers la partition du pays.

  10. les seuls éléments de l’armée malienne capable de se battre dans le desert etaient les touaregs ,maintenant qu’ils sont le support de l’Azawad ,ce ne sont certainement pas les bidasses de Kati qui vont le faire .D’autre part les soldats de la CEDEAO n’ont pas plus l’habitude du desert ……..et pensez vous un instant qu’ils aient envie de se faire tuer pour le Mali dont les soldats ont presque tous déserté?????

    • Nonnn… pas toi foudkg nous vivons un moment difficile n’en rajoute ps stp merci
      N’OUBLIONS PAS NOS BRAVES SOLDATS ÉGORGER À ANGEL HOC

  11. La démocratie à tuer notre Armées et déshnoré notre dignité
    N’OUBLIONS PAS NOS BRAVES SOLDATS ÉGORGER À ANGEL HOC

    • Maraka bko la democratie n’a pas tué notre armé mais c’est celle de ATT avec sa façon de recruter dans l’armée qui a tué notre armée

      • Oui mais boua tu est d’accord avec moi que depuis 20 ans notre démocratie était une coquille vide rien n’est fait l’école,la justice , et le pure notre pays ne peu pas résister à une semaine de sanction de la CDEAO
        N’OUBLIONS PAS NOS BRAVES SOLDATS ÉGORGER À ANGEL HOC

      • Boua, soyez consequant. ATT est le produit de la democratie malienne et vece versa. Même là où tute trouve actuellement si tu regarde autour de toi tu veras que le recrutement se passe comme dans l’armée. regardons dans le retroviseur, AAT=Candidat ADEMA 2017.

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