Adame Ba Konaré publie : « Ferdinand DURANTON, le Prince Français du Khasso »

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Adame Ba Konaré publie : « Ferdinand DURANTON, le Prince Français du Khasso »

Un critique, il y a peu, présentant l’œuvre du moment, le dernier roman en date du Pr Adam Ba konaré, concluait sur ces mots: ” … son ouvrage transpirait la Générosité d’une Dame de Cœur”. La générosité dont il était question explosait le cadre philanthropique naturelle de la femme, de la sœur, de la mère, de l’épouse qui la conduisit à leur dédier un musée pour apprendre l’humain « mousoya », bastion sociétale et civilisationelle, dans le long cheminement de nos cultures à l’abandon.

Ce livre consacré à Ferdinand DURANTON, GARANTON, pour le Khasso, quoique réservant une place centrale à la femme, en l’occurrence la belle SADIOBADIALLO , fille ainée et princesse du roi Khassonké de Médine, qui en constitue la trame à tous points de vue, est aussi la preuve de cette autre générosité, dédicace de la fête de l’intellect, de la soif de savoir , de l’appel et du rappel de l’histoire. La vraie histoire, pas la légende, pas le conte, pas la fable. Au-delà, Il s’agit bien de cette plume onctueuse, alerte, précieuse et simple à la fois , inspirée et authentique tout aussi, s’abreuvant toujours et toujours à la source du Griot dont l’honneur et la pérennité de son art est de ne jamais prendre quelques libertés d’avec le Vrai , quelques privautés d’avec l’art séculaire du Dire. C’est cet encrier vibrant, vielle marmite de savoir, la panse repue du monde, au contact duquel le lecteur devient la chose et son contraire, l’autre lui-même, se laissant, malgré lui et tout disposé, à se laisser pénétrer par ses fibres les plus intimes et jusqu’ici insoupçonnées d’un enseignement authentique, d’une romance et d’un témoignage servis dans un écrin moitié satin moitié velours, enrobant une myriade de pépites de toutes les précieuses connues du Bambouk.

Ça, c’est de la littérature, ni de trompe le cœur, ni de crève la pensée, c’est celle tonifiante de l’esprit « humecté de toutes les rosées » de la réalité, de l’histoire , de la tradition, des coutumes , du savoir local, de la géographie, de la géologie mais aussi des cosmogonies, de la religion, de la politique , de l’économie , du rapport au pouvoir et le pouvoir de pouvoir. C’est celle du parler de sel et de fiel, des demi-sourires, des rires et des cris, des angoisses de l’aventure et de l’inconnu et le havre tranquille de l’aboutissement. Puis un autre départ. Et tout ceci est comme un jeu permanent de yoyo entre la tête et le ventre, entre la fontanelle et le tendon. Mais le critique en avait prévenu, quand l’auteur de « l’Os de la Parole » et surtout du jeu arabesque de « l’Ail et de l’Encens » délace sa plume c’est une déferlante d’un monde aux mille facettes, c’est une explosion psychédélique tourbillonnant comme le « funu funu ».

Duranton le Prince, c’est tout cela à la fois. Jamais parole de griot ne fut si saisissant, jamais art ne fut aussi maitrisé, jamais aussi écrivain ne fut si happé par le récit dont il se voulait le vecteur, car il faut le dire, ADAMBA a été embarquée par djeli Madi Kouyaté et à son tour et à sa suite , presqu’inconsciemment , mais sans doute avec une délectable malice transporte, pour le transfigurer, le lecteur devenu son auditoire, jouant sur ses nerfs, l’impatiente, dompte ses pensées quand il ne provoque pas son courroux ou du moins sa frustration par ses incessants artifices de l’art oratoire .

C’est que l’auteure s’incrustant dans son récit était devenue à la fois conteuse, exégète, analyste multidimensionnel et cette fidélité au vivre africain dans toute sa splendeur.

L’histoire de ce Prince Duranton du Khasso, en lui même, est simple. Dans sa forme la plus squelettique c’est celle de la rencontre d’un homme et d’une femme, c’est le schéma un peu enhardi de la rencontre d’un colon blanc et d’une princesse (le premier pas de ce que sera la longue chaine des mariages mixtes) et du “brassage” des alcôves avant celui des peuples et des cultures. C’est Plus généreusement la vie, l’œuvre et la mort d’un éclaireur, d’un précurseur incompris, d’un plénipotentiaire aux prises avec lui-même et ses congénères. En somme, l’Autre Ambassadeur, l’Autre Seigneur d’un monde commençant. Mais ADAMBA, s’adossant sur une solide tradition d’écriture en fait une Epopée digne de celle de Soundjata, inventeur d’empire ou plus proche de Ségoudamonzon, ces passés qui sauvent encore le présent…pour combien de temps ?

Prenez à la fois Tamsir Niane, Hampaté Amkoulel, et peut être un zeste de Alain Decaux, les diseurs…., ajoutez-y le talent et l’a propos d’un Djeli Baba Sissoko ou d’un Pierre Bellemare et vous vous rapprocherez de ce livre conte, témoignage, roman, étude, d’un épisode de cette histoire du Mali.

L’art oratoire porté au summum, l’écriture la plus racée et la plus châtiée mais sans forfanterie aucune, croise et décroise des destins, des rencontres, des cités et des villes, des princes et des manants et par-dessus tout Saint Domingue-Haiti, si loin et si proche, rejoignant Médine, la cité fortifiée, la cité interdite que ne parviendra à conglomérer, telles les nattes tressées de la sublime SADIOBAHAWADEMBADIALLO, paradis de femme, que le puissant et funeste sortilège des origines, tueur d’avenir, d’une Ba Sitan outragée.

Un des traits marquants de la présente offre de l’auteure des « Parfums » réside aussi dans le dédoublement oratoire qui conduit à penser qu’elle était devenue son griot, diseur de vérité. Ils se sont si confondus qu’ils semblaient dire la même chose en des langues différentes quand ce n’est pas l’osmose la plus parfaite qui veut que djeili Mady Kouyaté ne parle que parce que la voix intérieure de la narratrice l’y invite. C’est sans doute ce qui explique les cascades de mélange, de croisements, de superpositions, de chevauchements, d’enchevêtrements servis dans un savant dosage d’apartés-digressions-silences-rappels- suspenses-kora Kouyaté royale, le tumulte de la parole libérée et les ruades d’une histoire, en vérité, peu banale. Dès lors, traditions et fondements historico- scientifiques ne font plus qu’un et devant s’effacent antinomie, antagonismes et querelle des sources.

Générosité donc, mais aussi son poursuivant l’Humanisme, en particulier politique que Ferdinand DURANTON, cet autre « Roi de Kahel », à sa manière, inaugure. Ancêtres de la communauté de destin ? Ancêtres des citoyens du monde ? Ancêtre du savoir donner et du savoir respecter les gestes d’invite ? Il est permis de le penser de Hawa Demba et de son beau fils, personnages hautement politiques, au service des leurs. Au delà du fracas des armes, au delà des jeux de pouvoir et de puissance.

Deux cents quarante cinq pages de trouvailles documentaires, de propos fleuries de toutes les axiomes, les proverbes, les adages et les lieux communs, éprouvés dans le dire et dans la sagesse .Voilà cette histoire de prince blanc-noir, cette histoire de France, cette histoire des Antilles et de celle de la case royale de la Dembaya. Voilà le destin de SADIO, à la cambrure ensorcelante, «aux attaches célestes» et au gout de miel.

En vérité pour présenter cet ouvrage du Professeur ADAMBA, il aurait fallut écrire tout un livre pour pouvoir témoigner de ce style vrai que ne trahissent en rien le flux et le reflux, le va et vient fécondant de la rencontre des deux facettes d’une même kola. C’est que la nouvelle écriture romanesque, elle le sait, est condamnée à se réinventer ou à périr, telle la vieille négritude se « cadavérisant » pour répondre aux apostrophes et interpellations qui feront que Nicolas, à l’issue de ce voyage initiatique, style « Kaïdara », à la rencontre de son trisaïeul explorateur, ne sera plus le petit blanc de la petite rue de quatre cent vingt cinq mètres du XVe arrondissement de Paris.

Générosité ! Quatre fois Générosité ! Encore une fois, la Dame de cœur, et c’est son label de fabrique, a écrit mille livres en un seul. Le reste vous revient, nobles visiteurs.

Grand griot Kouyaté du fond des âges, et vous Maitre et Professeur ENSUP, foudroyé par tant de science et de brillance, je sollicite humblement de quitter la Parole.

Sidy ELKOUNTA Professeur

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5 COMMENTAIRES

  1. Visus_Mali
    À travers vos arguments(cette bande de «démocrates»prédateur plus carnassier que le lion affamé de la savane sahélienne)on comprend aisément que tu n’as jamais voté pour ALPHA OUMAR KONARE car incapable de l’aimer encore moins de chercher à comprendre sa politique.
    Un MOUSSAISTE se devine facilement en mettant tous les présidents de l’ ère démocratique dans le même sac(les pourritures de 1991)
    Les MOUSSAISTES sont tellement aigris que tous ceux qui se font pendant l’ère démocratique sont mauvais.
    On argumente facilement sur le domaine sécuritaire en occultant sciemment ceux qui se sont passés sur les autres domaines aussi bien économique que culturel.
    UN PAYS PAUVRE NE GASPILLE PAS SES MAIGRES RESSOURCES DANS LES ARMEMENTS,MAIS S’ORGANISE POUR ANTICIPER LES CONFLITS.
    Quand ALPHA OUMAR KONARE a pris le pouvoir,on était plus dans la guerre froide qui a facilité l’armement de notre pays par MODIBO KEITA et KISSIMAN DOUNKARA(il faut rendre à césar ce qui appartient à césar,MOUSSA TRAORÉ n’a jamais investi dans l’armement depuis l’arrestation du numéro deux du CMNL).
    IL AVAIT ÉNORMÉMENT PEUR DU COUP D’ÉTAT.
    SES PROCHES NOTAMMENT CEUX PROCHES DE SA FEMME ONT PROFITÉ DU DÉPART DE CET OFFICIER DIGNE POUR ANÉANTIR L’ARMÉE PAR DES AFFAIRES LOUCHES ARRIVANT MÊME À ETRE INCAPABLE D’ACHETER LES TENUS MILITAIRES.
    L’ère démocratique a vu le Mali faire un bon considérable au niveau de son produit intérieur brut car c’est sur l’économie qu’ il fallait s’appuyer après le pillage orchestré par le dictateur MOUSSA TRAORÉ incapable de payer ses fonctionnaires.
    Si les ENNEMIS FAINÉANTS D’ALPHA OUMAR KONARE,surtout ceux proches de MOUSSA TRAORÉ ne s’étaient pas associés à AMADOU TOUMANI TOURÉ pour profiter impunément des deniers publics ,le Mali aurait certainement dépassé le Sénégal,si on s’était donné la peine de suivre le rythme imposé par l’équipe autour du premier président de l’ ère démocratique parmi lesquels SOUMAILA CISSE .
    C’est pourquoi il faut impérativement la présence de ce dernier au sommet de L’ÉTAT pour reprendre là où a laissé ALPHA OUMAR KONARE.
    OSER LUTTER,C’EST OSER VAINCRE !
    La lutte continue .

  2. Pour répondre à visus_Mali 26 Feb 2019 at 18:33 PM :

    ” … Au moment où le pays est frappé par le plus grand péril de tout les temps, Adam Ba Konaré trouve le temps de publier un roman… ” … /// …
    :
    Et alors…, vous n’allez pas lui reprocher ça ? Si vous suiviez l’actualité Malienne, ce dont je ne doute pas… Vous vous rappelleriez que cette Dame a dénoncé le massacre des Populations du Centre du Mali, il n’y a pas très longtemps.
    Si voulez dire que Alpha, ATT, les vingt ans de leur gouvernance dans la crainte d’un putsch et du retour au Pouvoir de GMT…, et le Mouvement démocratique, ont affaibli l’Armée Malienne et son système de Défense, je serais d’accord avec vous. Mais je ne comprends pas votre attaque gratuite contre l’Ancienne Première Dame, soucieuse de la cohésion sociale et du rayonnement culturel de notre pays dans le Monde. Quant à son Époux Alpha on peut mettre à son crédit ” l’Ecole accessible ” à tous les enfants du Mali, à ceux des Villes comme à ceux des Villages des Zones les plus enclavées du pays. Ce n’est pas rien.

  3. Visus_MALI
    ALPHA OUMAR KONARE n’a rien à voir avec la situation actuelle.
    Continuer à avaler les contrevérités des hommes politiques destinées à pouvoir continuer à abuser de la faiblesse d’esprit des maliens analphabètes,surtout les analphabètes intellectuelles.
    D’ailleurs compte ténu de ta réaction à ce livre et de ta conviction d’associer ALPHA OUMAR KONARE à la situation actuelle de notre pays,on perçoit facilement que tu fais partie de ces plusieurs milliers d’intellectuels analphabètes dont regorge notre pays.
    Des intellectuels qui n’ont rien dans la tête que les connaissances les servant à subvenir aux besoins élémentaires de leurs familles.
    En réalité vous êtes de ces intellectuels qui ont honteusement avalé les arguments fallacieux du dictateur aigri ,n’arrivant pas à digérer la révolution de MARS 1991.
    AOK A LAISSÉ UN PAYS EN PAIX ENTRE LES MAINS DE SES SUCCESSEURS.
    Ceux qui l’ont combattus,ceux qui l’ont abandonnés et ceux qu’il a sanctionnés pour manque de résultats se sont associés à AMADOU TOUMANI TOURÉ pour humilier notre pays .
    Pourquoi ceux qui l’ont combattu n’ont pas su diriger ATT à mener notre pays à bon port comme l’a fait génialement LE MARI DE ADAM BAH KONARE.?
    L’ alternance sert à faire mieux que le partant.
    AOK a accepté l’alternance pour que ses successeurs fassent mieux que lui.
    il n’est nullement coupable.
    Après MODIBO KEITA il est le meilleur président qu’ on aura du mal à trouver dans les années à venir.
    En fait n’est ce pas lui seul peut nous sortir de cette situation,si les maliens arrivent à comprendre qu’ ils ont été trompés par les intellectuels analphabètes qui véhiculent des informations fausses sur le premier président de l’ ère démocratique.
    OSER LUTTER ,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue .

    • Calmez-vous. A travers le slogan que vous employez je vois que vous êtes un ancien de l’AEEM. Cela a tout son sens. Je vous apprend d’ailleurs que je fais partie de ceux qui ont marché sous les mots d’ordre d’Alpha Oumar Konaré et de toute cette bande de “démocrates” prédateurs plus carnassier que le lion affamé de la savane sahélienne. J’ai voté Alpha en 1992 et en 1997. Et sachez aussi que je ne défends nulle part le pouvoir actuelle qui est la suite de la pourriture de 1991.
      J’ai juste analysé et ma conclusion est que Alpha Oumar Konaré et son style de pouvoir continue à gérer le Mali dans le faux et le mensonge puisqueATT et IBK sont des émanations de cette idéologie de l’injustice de la corruption qui ont fini par tuer le patriotisme et le sens national au plus fière des maliens. Je vous rappelle que je fais partie de la génération qui, le matin à 8h tous les jours faisait descendre les couleurs du Mali avec l’hymne national, et tous les passants s’arrêtaient. Je fus pionnier de mon école nourri par la flamme du patriotisme. Mais le pouvoir dit socialiste ou social’démocrate , c’est selon, d’Alpha Oumar Konaré créateur de fonctionnaires milliardaires a tué en moi toute croyance à cette histoire de révolution de 1991 malgré que je fûs jamais un partisan de Moussa Traoré et que je ne serais jamais. L’impunité érigée en règle de votre pseudo-révolution à amener le Mali au seuil de la dislocation. Voilà le résultat de votre révolution. Donc quand nous nous sommes à soigner nos blessures et meurtrissures ce n’est pas le moment d nous narguer avec des histoires de Roman de petit blanc perdu au khasso.
      Et pour finir un intellectuel analphabète ne peut pas démontrer la quintessence de son opinion.

  4. Au moment où le pays est frappé par le plus grand péril de tout les temps, Adam Ba Konaré trouve le temps de publier un roman. Or votre mari a une grande part de responsabilité dans la déchéance de notre défense nationale. Lui s’est tu comme une carpe et vous vous venez nous narguer avec cette histoire de petit blanc du khasso. Vraiment nous n’avons pas votre temps et surtout ne nous narguez pas. Nous n’avons point le temps de la lecture. C’est le moment de publier les hauts faits de nos Hommes et non des histoires qui ne nous apportent rien et nous font perdre notre si précieux temps.

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