Souleymane Cissé : «Pour moi, le film ‘’OKA’’ parle d’un problème foncier»

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Le cinéaste Souleymane Cissé a procédé le jeudi 22 septembre  à la projection de son film ‘’Oka’’ qui veut dire en langue Soninké, ‘’Notre maison’’. C’était à la Maison de la presse.                             

Commencé en 2008, après avoir souffert de quelques difficultés de financement, ce film ‘’Oka’’, d’une durée d’une heure et demie, de Souleymane Cissé, est maintenant disponible. Il a été présélectionné pour le Festival de Cannes. Le film a été présenté au public venu nombreux le jeudi à la Maison de la presse. Il parle du problème foncier et de la justice au Mali. Le film montre également le combat de 4 femmes qui ont été chassées de leur maison paternelle et qui ont décidé d’y rester en attendant que justice soit faite.

 

Après une projection d’une heure et demie, Souleymane Cissé, l’auteur du film, a animé une conférence de presse. Selon le conférencier, le film est important au Mali et concerne toute l’Afrique. Il a expliqué que ce film n’est pas fait pour se rendre justice, mais pour s’adresser à tout le monde ;  ceux qui sont injustement chassés de leur maison ou ceux qui se battent pour leur droit.

En outre, Souleymane Cissé a souligné qu’il a choisi par patriotisme de faire projeter le film le jour du 22 septembre, date anniversaire de l’accession du Mali à l’indépendance ; et en même temps, pour remercier les médias pour leur soutien pour la justice et contre l’injustice. «Quand ce drame est arrivé à Bozola, j’ai eu la solidarité des journalistes auprès de ma famille», a-t-il déclaré.

Répondant à la question de savoir si le film traite du problème foncier, Souleymane Cissé a précisé : «Oui, j’ai entendu que ce film est tout autre chose que le foncier. Pour moi, il traite un problème foncier». Pourquoi a-t-il attendu que ce problème lui arrive pour qu’il fasse le film ? Le conférencier  répond : «J’ai fait le film ‘’Vent’’ ici. Ça ne m’est pas arrivé. Je n’ai pas été arrêté par les militaires pour aller en prison, pour faire ce film.  Je l’ai fait pour que le monde entier en profite. La question foncière ne s’est jamais posée.  Mais, à Bozola, j’en ai vécu trop et trop c’était trop. Raison pour la laquelle je me suis impliqué personnellement et je sais ce que ça m’a coûté. On m’a insulté ainsi que toute ma descendance. J’ai accepté, parce que le film est plus important que moi-même et ma famille, d’autant que le problème traité concerne tout le monde. Nous avons tout simplement fait une poésie pour mieux soutenir la justice, car mon combat de toute ma vie a été toujours de lutter contre l’injustice. La chance de ce film, c’est d’être vu au Mali».

Diango COULIBALY

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