Constitution d'un stock national de sécurité en produits pétroliers : Cinq mesures-clés pour mettre le Mali à l'abri des pénuries de supercarburant, de gazole et de gaz butane

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Les experts de l’Office national des produits pétroliers (ONAP),  des structures techniques de l’Etat et les opérateurs pétroliers ont validé hier, jeudi 21 octobre, l’étude sur la constitution d’un stock national de sécurité. L’étude ainsi examinée et enrichie  propose une série de mesures devant permettre de mettre notre pays à l’abri des ruptures de stocks de ces produits stratégiques. La cérémonie d’ouverture de cet atelier était présidée par Zoumana Bagayoko, Conseiller technique au ministère de l’Economie et des finances avec à ses côtés, la Directrice générale de l’ONAP, Mme Tapo Touga Nadjo.

Face à la précarité du processus actuel d’approvisionnement de notre pays en produits pétroliers, le gouvernement a inscrit, au nombre des tâches du ministère de l’Economie et des finances, l’élaboration d’une politique nationale de constitution d’un stock national de sécurité en produits pétroliers. En effet, pays continental distant d’au moins 900 km de la côte Atlantique, le Mali est importateur net de ces produits, hautement stratégiques dont toute rupture de stock a des conséquences graves sur le développement du pays. Ainsi, la constitution d’un stock national apparaît comme une priorité. Dans son discours d’ouverture, le Conseiller technique du ministre de l’Economie et des finances, Zoumana Bagayoko, a rappelé que de la période coloniale jusqu’en 1981, les opérateurs exploitant des dépôts étaient tenus de disposer de réserves permanentes de produits pétroliers.

 A partir de 1981, le gouvernement a chargé Petrostock, un établissement public, de constituer un stock de réserve. Avec la réforme du sous-secteur des produits pétroliers intervenue en 1992 et la dissolution de cet établissement, l’ONAP a été chargé de proposer les éléments de la politique  nationale en matière de constitution d’un stock national de sécurité en produits pétroliers. Depuis lors, grâce à la politique de diversification des sources d’approvisionnement et surtout le dynamisme des opérateurs privés, les pénuries ont pu être évitées. Cependant, le Conseiller technique, Zoumana Bagayoko, de reconnaitre que la situation est précaire et qu’aucun pays ne doit se permettre de vivre à flux tendus. Ce qui justifie donc cette volonté de constituer un stock national en supercarburant, en gazole et en gaz butane.L’étude validée hier propose une série de mesures pouvant mettre notre pays à l’abri de la pénurie. Il s’agit, entre autres, de la constitution d’un stock national de sécurité par les importateurs pétroliers équivalant à un mois de consommation pour le supercarburant, le gazole et le gaz butane ; la rémunération du stock national de sécurité qui constitue une immobilisation pour les importateurs ; la mise en place d’un mode de financement approprié qui prendra en compte la constitution et l’exploitation du stock national de sécurité ; la construction de capacités de stockage suffisantes pouvant contenir les besoins commerciaux et le stock national de sécurité et, enfin, la création d’une société de gestion du stock national de sécurité à participation publique majoritaire.

Ce dernier principe est presque en vigueur dans tous les pays voisins du Mali où il y a des sociétés nationales qui s’occupent de l’achat des produits pétroliers qui seront distribués, ensuite, par les opérateurs pétroliers. Ce qui a l’avantage de faciliter le financement des opérations d’importation, contrairement au système actuellement, en vigueur dans notre pays où ce sont les opérateurs pétroliers qui importent en fonction de leurs moyens.

Et dans les cas où il y a des exonérations, l’Etat leur rembourse le différentiel de prix, comme c’est le cas, actuellement, pour le gaz butane. Mais ce système a montré ses limites, car le différentiel n’est pas payé à temps et les fournisseurs imposent à chaque fois de nouvelles règles. Malgré la présence de cinq sociétés dans le secteur du gaz, le marché national connait une insuffisance criarde dans son approvisionnement depuis le mois de ramadan.

Autant dire que cette étude vient à point nommé car elle est validée dans un contexte marqué par l’instabilité des marchés pétroliers et les difficultés d’approvisionnement constatées sur certains axes.

 Au terme de cet atelier, les acteurs doivent déterminer les produits et les capacités de stockage à retenir pour assurer la sécurité du pays dans l’approvisionnement en produits pétroliers et en gaz butane. Ils doivent aussi définir les moyens d’obtention du financement, de la gestion et du suivi du stock national de sécurité.  En tout cas, à, partir de ces éléments, le Conseiller technique a souligné toute la disponibilité du gouvernement à légiférer  en matière de constitution et de gestion de ce stock pour qu’il puisse devenir rapidement une réalité.

Youssouf CAMARA

 

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