1er numéro de l’émission ‘’au cœur de l’économie malienne’’ : Les contraintes de la filière viande passées au peigne fin

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Coproduite par l’agence de communication ‘’Spirit Mccan’’ et la 1ère chaîne de télévision nationale ‘’ORTM’’, le 1er numéro de l’émission ‘’au cœur de l’économie malienne’’ a été enregistré le jeudi 14 janvier dernier au CICB. Selon les invités,  la filière viande, thème du 1er numéro de l’émission, regorge d’énormes potentialités inexploitées à cause de plusieurs contraintes dont les mauvaises conditions d’hygiène  dans les abattoirs.

‘’Au cœur de l’économie malienne’’, c’est le nom d’une nouvelle émission qui sera diffusée sur la chaîne de télévision nationale ORTM. C’est une coproduction de l’Agence de communication ‘’Spirit Mccan’’ et l’ORTM (Office de Radio Télévision du Mali).

‘’La filière viande : potentialités et perspectives’’ tel était le thème choisi pour le tout 1er numéro de la nouvelle émission enregistrée le jeudi dernier au CICB.

Une émission qui, pour le Directeur général de l’ORTM, Bally Idrissa Sissoko, a pour objectif de poser tous les problèmes qui peuvent aider à la promotion de l’économie malienne.

« Ce partenariat public-privé entre l’ORTM et l’agence ‘’Spirit Mccan’’ est un exemple à suivre et cela est le début d’un grand projet. Nous devons, de plus en plus, parler de l’économie dans notre pays car tout dépend de l’économie » ajoute le manager de l’agence ‘’Spirit Mccan’’ Sidi Dagnoko. Avant de révéler qu’ils ont déjà répertorié 23 filières économiques qui feront l’objet de débats dans les jours à venir.

Après le décor planté par le DG de l’ORTM, Bally Idrissa Sissoko et le manager de l’Agence de communication, ‘’Spirit Mccan’’, Sidi Dagnoko, place au débat pour les 5 invités de l’émission. Il s’agit d’Idrissa Traoré, Conseiller technique au Ministère de la Promotion des Investissements et du Secteur Privé, Amadou Dembélé, Directeur National de la Production et des Industries Animales (DNPIA), le représentant des Associations de Consommateurs, Badou Samounou, le président de la FEBEVIM, Aboubacar Bah et  le représentant de l’APCAM, Siriman Sacko.

La viande moins chère dans les pays voisins approvisionnés en bétail par le Mali

A en croire les deux présentateurs de l’émission, Sidiki Dembélé et Ninian Alou Traoré, selon les dernières statistiques des services techniques en charge de l’élevage, le Mali possède le 2ème plus grand cheptel de la zone Cedeao après le Nigéria avec 16 millions de têtes de bovins, 25 millions d’ovins et de caprins, 900.000 camelins et 1er producteur dans l’espace UEMOA.

Aux dires de Siriman Sacko, expert-consultant en Agriculture et cadre de l’APCAM (Assemblée Permanente de la Chambre d’Agriculture du Mali), le secteur de l’élevage génère environ 40 milliards FCFA de recettes d’exportation, avec  une contribution au PIB à hauteur de 20%.

Mais malgré tout constatera, le confrère de l’ORTM, Sidiki Dembélé, le Mali ne tire pas suffisamment profit du secteur de l’élevage. Pour preuve dira-t-il, le prix du kilogramme de la viande est meilleur dans certains pays voisins tels que le Sénégal, la Côte-D’ivoire qu’au Mali. Et ce, bien que ces pays soient fournis en bétail en grande partie par le Mali.

Pour le représentant des associations de consommateurs, Badou Samounou, c’est inadmissible que le prix du kilogramme de la viande soit plus élevé au Mali qu’en Côte-D’ivoire ou au Sénégal. Des  pays qui se ravitaillent en bétail au Mali.

A la question de savoir qu’est ce qui explique cette hausse du prix de la viande au Mali par rapport à ses voisins tels que le Sénégal, la Côte-D’ivoire et le Burkina Faso, le président de la FEBEVIM, Boubacar Bah rétorque que le Mali n’a pas une réelle politique pour l’élevage. Pour preuve soutient-il, 35% du cheptel malien se trouve en Côte-D’ivoire. En cause soutient-il,  l’absence ou l’insuffisance des zones de pâturages. Mais aussi, la faiblesse du budget accordé au secteur de l’élevage.

Pour le Directeur de la DNPIA, Amadou Dembélé et le représentant du Ministère de la Promotion des Investissements et du Secteur Privé, Idrissa Traoré, dans la mesure où le Mali a opté pour un système économique libéral, l’Etat ne peut pas tout faire.

« Au Mali, l’élevage est encore basé sur le système du pastoralisme alors que cela ne marche plus. Il faut que nos éleveurs prennent des initiatives pour aller vers l’élevage intensif », soutient Idrissa Traoré.

La mauvaise condition d’hygiène et la vétusté des infrastructures des abattoirs décriés  

Pour les spécialistes invités au 1er numéro l’émission ‘’Au cœur de l’économie malienne’’, l’exportation du bétail sur pied est une énorme perte pour le Mali.

« Le cuir, les sabots, les cornes, la bouse, les os, dans la filière viande, rien ne se jette mais tout se transforme », soutient le présentateur Sidiki Dembélé. Avant d’ajouter qu’en exportant du bétail sur pied, le Mali perd les sous-produits de l’élevage.  D’où la nécessité pour les éleveurs maliens de réfléchir à exporter de la viande.

Problème : au Mali, les conditions d’hygiène et les infrastructures sont exécrables dans les abattoirs, comme nous l’avions dénoncé dans une récente enquête. Tant que les abattoirs ne répondront pas aux conditions d’hygiène requises, il est impossible pour le Mali d’exporter de la viande.

Raison pour laquelle, une large majorité des occidentaux préfèrent de la viande importée à celle provenant des abattoirs du Mali.

« Une fois, j’ai rencontré un investisseur des Îles Canaris qui était étonné de voir le Sénégal exporter de la viande alors que le pays s’approvisionne en bétail au Mali », révèle Idrissa Traoré.

Amadou Dembélé, directeur national de la Production et des Industries Animales (DNPIA), admet les maux qui minent les abattoirs au Mali tout en rappelant que le gouvernement avait cédé la plupart des abattoirs dans l’espoir que les promoteurs privés pourront mieux gérer. Mais, il déplore qu’aujourd’hui, le constat soit que ces abattoirs sont restés au stade où l’Etat les a cédés.

Mamadou Traoré, représentant de l’abattoir moderne de Kayes qui vient d’ouvrir ses portes, récemment réplique que les normes sont bien respectées chez eux. Avant d’inviter l’Etat à reprendre tous les abattoirs qui ne répondent pas aux normes pour les mettre en administration provisoire.

Quant à l’abattoir frigorifique de Bamako, il s’est fait représenter à l’émission par un ‘’technicien frigoriste’’ qui a déclaré être incompétent pour parler des conditions d’hygiène de l’abattoir.

Lassina NIANGALY  

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