Société minière de Loulo (Somilo SA) : L’impact de l’industrie dans le développement local fait débat

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Chiaka Berthe, DG Somilo
Chiaka Berthe, DG Somilo

Aujourd’hui, neuf mines pour l’exploitation de l’or sont en fonction au Mali, dont cinq dans la région de Kayes. Ce qui fait que le Mali est le troisième producteur d’or du continent Africain après l’Afrique du Sud et le Ghana. Pourtant, le Mali reste pauvre, très pauvre, presque le plus pauvre : il se situe au 175ème rang sur 177 Etats en terme de développement humain. Voyant ce paradoxe, et dans le cadre de l’obtention du Diplôme d’Etude Approfondies(DEA) en Analyse et Pratique de Développement, l’enseignant Mohamed Atteyoub Hachimi dit Modibo Sidibé a choisi le thème  « Développement local et résilience communautaire : cas de l’implantation de l’industrie extractive d’or de Loulo » pour sa soutenance de mémoire de fin de cycle.

 Ladite soutenance a eu lieu le jeudi 29 octobre 2015 dans l’enceinte de la Faculté des Sciences économiques et de gestion (Fseg). A l’issue de la soutenance, Mohamed Atteyoub Hachimi s’est vue décerné une note de 15/20 par les membres du jury avec à sa tête Dr Abdoulaye Sékou Traoré.

Est-ce que la population a accès aux infrastructures de base à travers l’implantation de l’industrie extractive de Loulo ? Quelles sont les actions concrètes à l’œuvre de l’usine de Loulo et ses effets néfastes ? Quelles sont les motivations pour le choix du thème ? Est ce que le développement local est possible avec la société minière ? Voila autant de questions adressées à l’impétrant, Mohamed Atteyoub Hachimi dit Modibo Sidibé non moins enseignant d’économie par les membres du jury. Sans détours, l’étudiant Sidibé a mis l’accent sur l’impact positif et négatif de la société minière de Loulo situé dans la région de Kayes, cercle Kenièba, commune de Sitakily. Selon lui, l’industrie extractive a des impacts positifs sur l’économie du pays. Ses impacts se font ressentir et sont perceptibles à plusieurs niveaux dont la contribution du secteur minier au budget national, la création d’emplois, les salaires et charges liées, l’impact sur les activités des autres secteurs de développement, la création des opportunités d’affaires. Pour preuve, dit-il, au titre de l’année 2014, les dépenses affectées pour le développement communautaire (santé, éducation de base, eau potable, formation…) sont estimées à 400 millions de FCFA. A l’en croire, actuellement, la société minière a réalisé et programmé beaucoup d’infrastructures socioéconomiques pour la communauté. Ces infrastructures faites à leur demande et en leur nom sont exécutées dans une grande opacité car, dit-il, la communauté n’a aucune visibilité dans leur exécution. Malgré les effets bénéfiques suscités, souligne-t-il, les exploitations minières constituent une source réelle de beaucoup d’impacts négatifs sur l’environnement et les conditions de vie des populations hôtes. Selon l’impétrant Sidibé l’enjeu principal pour la population est de s’approprier les opportunités offertes par l’activité minière industrielle et de concilier celle-ci avec l’activité d’orpaillage pour une meilleure amélioration de leurs conditions de vie.

Aguibou Sogodogo

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