Accaparement présumé dans la zone Office du Niger : Quand Interact défie les autorités

0

Face au phénomène des changements climatiques, l’agriculture à petite échelle ne peut plus satisfaire les besoins alimentaires. C’est pourquoi, les plus hautes autorités encouragent l’aménagement des grands espaces par des opérateurs nationaux et étrangers. C’est dans ce sens que plusieurs opérateurs économiques ont obtenu des baux dans la zone Office du Niger.

L’obtention de ces baux a été considérée par Interact comme de l’accaparement des terres. Au mois de mars dernier, à la faveur d’une conférence de presse, un porte-parole d’Interact avait dénoncé les conditions d’attribution des terres agricoles aux Moulins Modernes du Mali (M3) dans la zone Office du Niger. Celui-ci avait indiqué que les populations de Sanamandougou et de Sahou n’avaient pas été remises dans leurs droits. Par la même occasion, le porte-parole avait projeté un sit-in à Sanamandougou sur les installations agricoles des M3, le lundi dernier. Pour donner un éclat à cette manifestation, une source rapporte que les initiateurs du forum du peuple ont bénéficié du financement d’Intercat. C’est dans cette dynamique que les organisateurs ont mobilisé les populations en faisant du porte à porte avec des moyens de transport et des espèces sonnantes et trébuchantes au vu et au su de tout le monde. Pour les besoins de la cause, la presse avait été mobilisée pour couvrir l’évènement. Mais, il y a un eu un clash entre les deux parties en cours de route, aux environs de Fana. Le montant du perdiem promis par l’organisation a été revu à la baisse. Le convoi de nos confrères doutant de la bonne foi des membres d’Interact a décidé de rebrousser chemin.

Les populations qui ont accepté le sit-in ont été butées à la détermination des forces de l’ordre, déployées sur le terrain afin de protéger les installations du complexe agro-alimentaire des Moulins modernes du Mali.

Il faut rappeler que ce sit-in de Sanamadougou est le résultat de plusieurs lettres que l’ONG allemande a adressées au président de la République et au gouvernement allemand. Dans ces lettres, Interact a plusieurs fois tenté de remettre en cause le contrat de bail N°001/PDG-ON du 31 mai 2010, signé entre le gouvernement du Mali, par l’entremise de l’Office du Niger et les Moulins modernes du Mali (M3-SA).

Selon l’ONG, la situation des habitants de Sanamandougou et de Sahou reste dramatique par le fait que depuis juin 2010, après la cession des lopins de terre à M3-SA, les deux villages ont perdu l’accès d’une grande partie de leurs terres agricoles. Elle indique, dans une lettre datée du 5 février 2016, que le bail en question a créé un conflit de terres non résolu avec les habitants à cause du fait que le contrat de bail porte sur des terres sur lesquelles les populations avaient un droit coutumier.

Il faut signaler au passage que le cas de Sanamandougou avait été traité par le gouvernement à travers la Primature qui avait mis en place, en avril 2014, une commission d’enquête indépendante. Celle-ci a conclu qu’il n’y a pas eu d’entorse à la loi dans cette affaire et que les indemnités ont été payées.

En guise d’indemnisations, il a été payé 60 516 000 F CFA aux populations. Un rapport écrit par le gouvernement du Mali et celui de l’Allemagne avec la participation de la Convergence malienne contre l’accaparement des terres (Cmat) en faisant foi.

Par sa façon de faire, Interact se montre en pourfendeur de la politique de développement agricole de notre pays. Tout se passe comme si elle en veut au Programme de lutte pour l’autosuffisance alimentaire du Mali prôné par les plus hautes autorités dont le président de la République qui consiste à attirer des investisseurs privés nationaux et internationaux avec l’appui des partenaires financiers comme la BAD, l’Union européenne, la BID, des partenaires bilatéraux et multilatéraux, etc.

La question qu’on droit se poser est celle de savoir pourquoi Interact se braque seulement contre M3-SA comme s’il n’y avait pas d’autres investisseurs sur le terrain ?

M SIDIBE

Commentaires via Facebook :

PARTAGER