Edito: Le festival de brigands !

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Le sens moral est plus important que l’intelligence, quand il disparaît d’une nation, ce sont toutes les structures qui s’effondrent. Au Mali, la recherche effrénée du gain facile prévaut sur les valeurs d’honneur, de dignité et de solidarité qui caractérisaient notre société. En effet, c’est sous la 3ème République que les “démocrates sincères” ont voté une loi autorisant l’octroi de marché de gré à gré jusqu’ à 250 millions de francs CFA ; alors que sous le régime dictatorial de Moussa Traoré c’était limité à 10 millions FCFA.

Malgré avoir permis  une ère de liberté incontestables, la démocratie est devenue, en plein midi, un festival de brigands. Dans un tel contexte, s’arrête la séparation des pouvoirs exécutif, législatif, et judiciaire. Les institutions deviennent des coquilles vides. Après le coup d’Etat contre le président Mamadou Tandia du Niger, l’ancien président  feu ATT avait dit, à juste raison, que c’est le mauvais fonctionnement des institutions qui entraîne les coups d’Etat.

Avec la 3ème République, l’Etat du Mali n’a fonctionné que pour les tenants du pouvoir. Toute personne disposant d’une parcelle de pouvoir en fait son fonds de commerce. Cela n’ayant plus suffit à l’appétit des tenants du pouvoir, ils ont versé dans le déni total de toute éthique et déontologie d’une bonne gouvernance à travers le développement de la corruption à cause de l’impunité érigée en mode de gouvernance. L’impunité entraîne automatiquement la perte d’autorité de l’Etat. D’où deux(2) coups de force sous les démocrates qui, en outre, doivent se remettre en cause et avoir le courage de présenter publiquement des excuses aux martyrs et au peuple malien.

A mon humble avis, pour qu’il y ait autorité il faut l’équité, pour qu’il y ait équité il faut sanctionner la faute et récompenser le mérite. Cette déliquescence de l’Etat malien explique en partie la pratique démocratique dans la lettre mais sans l’esprit, d’où le détournement du peuple des élections marquées par l’achat de conscience d’une part, et la non tenue des engagements électoraux d’autre part. Les politiciens maliens s’appauvrissent en faisant des promesses et s’enrichissent en ne les tenant pas. Après 30 ans de démocratie, que pouvons-nous faire pour changer la donne ? Voilà la question sur laquelle, les nouvelles générations doivent méditer mûrement.

Aliou Touré

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2 COMMENTAIRES

  1. Sangare tu veux defendre ton maitre Alpha Omar Omar qui a cree des fonctionnaires milliardaires au Mali pour la premiere fois. Toure tu as tout a fait raison que c’est la democratie de la SURFACTURATION, du VOL et de la CORRUPTION qui a ete institutionalisee au Mali depuis 1992.

  2. En démocratie,c’est le bilan d’un mandat qui est évalué et jugé,pas une période.
    En parlant de “democrates sinceres” et de régime de MOUSSA TRAORÉ,on fait le bilan d’une période qui peut s’étaler à plusieurs siècles comme on le constate dans les grandes démocraties.
    CETTE COMPARAISON AVEC LE RÉGIME DE MOUSSA TRAORÉ EST UN FAUX DÉBAT QUI N’EST DESTINÉ QU’ À SATISFAIRE DES HAINES INSATIABLES.
    Nous avons entamé,à partir du 26 MARS 1991,un PROCESSUS DÉMOCRATIQUE qui doit être régulièrement évalué,corrigé,réévalué et récorrigé afin d’améliorer notre démocratie.
    Il en est ainsi dans toutes les démocraties que nous envions.
    On parle d’un cas d’espèce pour donner de la valeur à une dictature comme si les héritiers de MOUSSA TRAORÉ n’ont pas participé à la gouvernance après le pouvoir de L’ADEMA PASJ.
    Pourquoi n’ont ils pas lutté pour abroger cette LOI,s’ils pensent qu’elle contribue à encourager la corruption?
    ON DOIT PARLER DU BILAN ÉCONOMIQUE D’UN ÉLU ,PAS DES ECARTS DES FONCTIONNAIRES OU DES HOMMES POLITIQUES ÉGARÉS.
    On agi pour corriger les écarts,si on pense qu’ils ont pénalisé le pays.
    “De 10 millions à 250 millions” a servi à alléger les procédures afin d’avancer vite dans l’exécution des marchés.
    Si certains ont profité pour s’enrichir que la justice agisse.
    C’EST L’ESPRIT DE LA LOI QUI COMPTE,PAS DE CE QU’ON EN A FAIT POUR SES BESOINS PERSONNELS.
    L’ESPRIT,c’est alléger les procédures afin de booster rapidement l’économie.
    Cette LOI a t’elle permis de booster l’économie?
    C’est la question à poser pour tout homme rationnel non dominé par la haine.
    C’est pendant la période de la présidence D’ALPHA OUMAR KONARÉ que cette LOI a été initiée et appliquée.
    Qu’on nous dise qu’ALPHA OUMAR KONARÉ n’a pas laissé une économie florissante,que les entrepreneurs n’ont pas bénéficié largement de ces mesures économiques entre autres alléger les procédures de passation de marché.
    Le 8 juin 1992 quand ALPHA OUMAR KONARÉ a pris le pouvoir,les maliens se souciaient de la régularité des salaires.
    Le 8 juin 2002,on parle des nouveaux riches émergés par sa présidence.
    On a oublié d’où on est parti.
    Son successeur a engagé immédiatement les investissements lourds alors qu’en 1991 quand il dirigeait la transition il n’y pensait même pas tant les caisses étaient vides.
    En dix ans ALPHA OUMAR KONARÉ a enrichi considérablement le Mali.
    L’allégement des procédures de passation des marchés y a largement contribué notamment celui qui a consisté à ramener les marchés de gré à gré de 10 millions à 250 millions.
    AU LIEU DE VOIR L’EXÉCUTION RAPIDE DES MARCHÉS,LES HAINEUX NE CONSTATENT QUE L’ENRICHISSEMENT DE CERTAINES PERSONNES.
    Faut il arrêter d’alléger les procédures au motif que d’autres vont profiter pour s’enrichir?
    Il faut plutôt penser à responsabiliser nos procureurs par l’indépendance effective de la justice.
    Les vagabondages de certains hommes politiques ou fonctionnaires sont liés aux défaillances liées à notre système politique,pas aux mesures destinées à améliorer l’économie.
    OSER LUTTER,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

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