Universités : L’enseignement supérieur au crible

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Me Mountaga Tall
Me Mountaga Tall

Quel type d’enseignement supérieur pour notre pays était au centre des débats au Pavillon des sports à l’ACI le mardi 4 novembre 2014 sous la haute présidence d’Ibrahim Boubacar Kéita ?

 

La question est sur toutes les lèvres compte tenu de la complexité des problèmes. Cependant, le ministre Mountaga Tall est sûr d’un lendemain meilleur. Il avoue que les autorités ont engagé de vastes projets pour pouvoir trouver des solutions idoines aux problèmes.

L’enseignement supérieur date depuis de l’indépendance plus précisément de la réforme de 1962. Il était composé uniquement de grandes écoles comme l’EN Sup, l’ENA, l’ENI, l’IPR/Isfra qui formaient les cadres professionnels du pays.

Avec la création de l’Université du Mali en 1996, l’enseignement supérieur a pris une autre forme et posera d’énormes problèmes à l’Etat. Il est aujourd’hui composé de 5 universités publiques (4 à Bamako et 1 à Ségou) et 4 grandes écoles déjà citées placées sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Six autres établissements d’enseignement supérieur (Ecole nationale d’administration, Institut national de la jeunesse et des sports, Institut national de formation des travailleurs sociaux, le Conservatoire national Balla Fasseké Kouyaté, le Centre de recherche et de formation pour l’industrie textile à Ségou) relèvent d’autres ministères. L’enseignement privé, lui, a connu une véritable expansion. On compte 71 établissements d’enseignement supérieur créés et ouverts officiellement au Mali

Ce qui caractérise fondamentalement l’offre de formation dans son ensemble c’est le peu d’articulation qui existe entre la formation offerte et l’emploi. Cela pose la question de la pertinence du choix des filières de formation, au regard du marché du travail.

Le constat qui s’impose au niveau de l’enseignement supérieur est celui d’un important déséquilibre entre les filières professionnalisantes et les filières classiques ce qui n’est que le reflet du déséquilibre qui existe en amont entre les filières littéraires et les filières scientifiques et technologiques au niveau de l’enseignement secondaire

A en croire Samba Diallo, le recteur de l’Université des sciences sociales et de gestion, l’articulation entre l’enseignement supérieur et le monde du travail dépend de la crédibilité et la viabilité de notre enseignement supérieur dans les années à venir de sa capacité à former des ressources humaines compétitives sur le marché du travail.

Entre autres propositions de solutions la concertation sur l’avenir de l’enseignement supérieur a préconisé la création d’un cadre de concertation permanente : Etat/institutions d’enseignement supérieur et secteurs socioprofessionnels pour identifier les possibilités de financement et les opportunités d’emploi.

Le ministre Mountaga Tall a fait ressortir les forces et faiblesses de l’enseignement supérieur tout en assurant un lendemain meilleur. Il a terminé avec une phrase qui répond à la question du jour ; à savoir que : le Mali a besoin d’un enseignement supérieur, qui a vocation à consolider la nation à travers le “vouloir vivre ensemble  qui se construit et se consolide dans l’espace universitaire à travers les brassages, le partage et les solidarités qui marquent le monde estudiantin” et qui fournira les ressources humaines les mieux qualifiées à notre pays pour mener la bataille du développement et du mieux-être dans un monde concurrentiel.

Zoumana Coulibaly

 

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