2e tour des législatives : Des candidats et partis crient au tripatouillage

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Trois jours après la proclamation des résultats provisoires des législatives du 19 avril 2020, des candidats et partis politiques  crient déjà à la falsification en commune V du district de Bamako, dans les régions de Mopti (circonscriptions de Mopti, Tenenkou, Douentza), Tombouctou (Gourma Rharous) Ségou (Ségou). Ils l’ont manifesté soit à la faveur de marche, de communiqué et de simples requêtes auprès de la Cour constitutionnelle.

A Mopti, lors d’une marche de protestation, la population a accusé le préfet et les sous-préfets de bourrage d’urnes, en disant non « au vol, à l’imposition d’une tyrannie ou dynastie. » Dans les communes de Dialloubé, Koubaye, Sasalbé, Soye, Ouroumodi ou les sous-préfets sont délocalisés à Mopti depuis des années, pour cause d’insécurité, il n’y a pas eu de vote, selon les habitants. Seulement voilà, selon les résultats provisoires l’alliance Adema-URD-RPM vient en tête avec 54,76% des voix, contre 45,24% pour son adversaire, l’alliance Yelema-PS-UDD. Sur sa page Facebook, le président du parti UDD, l’ex-ministre Tiéman Hubert explique : « A Dialloubé, les bureaux ont fonctionné pendant deux heures.  Et de 10.000 électeurs ont voté dans cette commune. À Koubaye et Ouromody, où personne n’a voté, des urnes ont été bourrées et acheminées vers un préfet afin qu’il procède à la manipulation nécessaire ». Ces résultats sont fabriqués, a-t-il conclu.

A Tenekou, le président de l’UDD dit avoir gagné les élections avec une différence de 96 voix, si des 200 voix fraîches et opportunes étaient fournies au bénéfice des perdants, au nom du village de Dioboye, dans la commune de Sougoulbé, ou il n’y pas eu de vote.

A Douentza, sur les 15 communes que compte la circonscription électorale, juste 5 communes ont voté. Et dans ces 5 communes, l’alliance Adema-Asma aurait gagné avec plus de 70% des voix. Au niveau des autres 10 communes, aucun des bureaux de vote n’a ouvert pour cause de présence djihadiste.

L’Alliance Pour la République (APR) a dans un communiqué dénoncé un banditisme électoral à Gourma Rharous et informé l’opinion nationale et internationale qu’elle a été lésée dans ses droits politiques, électoraux, juridiques et citoyens. Ce banditisme électoral s’est poursuivi par des pratiques honteuses se caractérisant, entre autres, par l’intrusion visible de l’administration régionale, le bourrage des urnes (cas des 11 bureaux de vote de Benguel), la confiscation et la destruction du matériel électoral, une déclaration publique avec preuve sonore du candidat du RPM, déclarant tout faire pour empêcher le déroulement du scrutin du second tour dans des communes dont Gossi. Pis, l’administration régionale et locale, garante de la bonne organisation du scrutin et de la neutralité, a fait une intrusion scandaleuse en faveur du candidat du RPM, privant les communes de Gossi, d’Adjora et d’Inadjatafane de leurs droits de vote.

A Ségou également, la population, avec à sa tête Sylla, candidat de l’URD en alliance avec l’Asma-MPM-UDD-Codem, a également battu le pavé pour protester contre les résultats provisoires qui annoncent l’alliance RPM-Adema-ADP-Maliba gagnante avec 54,54% des voix. Dans sa déclaration liminaire, le candidat Sylla affirme que « ceux-là qui ont brûlé les urnes et motos ne sont pas des bandits armés. Ils sont connus de tous. C’est quand le parti Fare s’est rallié à notre cause, sachant la victoire inévitable, qu’ils ont payé des gens pour aller commettre ces actes contraires au jeu électoral. C’est un recule de la démocratie. Nous ne reconnaissons pas ces résultats. Et nous réclamons justice l’implication du président de la République, du Premier ministre et de son gouvernement, sans lesquels il n’y aura plus d’élection au Mali. »

En communes IV et V du district de Bamako, les deux protagonistes réclament tous la victoire. Il s’agit de Moussa Mara et Hamady Sangaré en commune IV  et Moussa Timbiné contre l’alliance Adema-URD en commune V.

En fin, à Bougouni, la CSD Mogotiguiya, venue en deuxième position avec une différence de 0,40%, compte sur sa plainte introduite auprès de la  Cour constitutionnelle, la victoire est proche.

Bill Carson

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1 commentaire

  1. Au pole économique, il y a un officier gendarme qui reglent ses comptes avec les maires. On le sait. On prépare une plainte contre lui.

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