IBK après son vote hier : «Nous ne pouvons pas confiner les Maliens, les condamner à la mort…»

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Après avoir accompli son devoir citoyen ce dimanche, le chef de l’Etat a insisté sur le port du masque qui, dit-il, protège. Ibrahim Boubacar Keïta a par ailleurs eu une pensée émue pour le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, enlevé depuis le 25 mars dernier à Niafunké, où il était en pleine campagne électorale dans le cadre des législatives.

Dimanche 19 avril 2020. Jour de vote. Il est environ dix heures moins le quart. Le cortège présidentiel s’immobilise devant l’école AB de Sébénikoro, côté marché. Ibrahim Boubacar Keïta et son épouse, Aminata Maïga, se retirent de leur véhicule luxueux. Dans un contexte de lutte contre le Covid-19, le couple présidentiel se soumet aux exigences sanitaires à l’entrée du centre de vote. Quelques conseils pratiques relatifs à la prévention de la maladie à coronavirus, puis IBK accomplit son vote dans le bureau n°14, pendant que la première dame s’acquitte de son devoir dans le bureau n°18 (les deux bureaux de vote sont contigus). Après son vote, le président de la République, dans une déclaration à la presse, a insisté sur le port du masque. Et pour cause. Aussi, a-t-il prié pour la libération du chef de file de l’opposition. Nous vous proposons l’intégralité de la déclaration du chef de l’Etat.

« Qu’il plaise à Allah que le second tour [des élections législatives, Ndlr] se déroule dans le cadre le plus parfait et dans les meilleures conditions démocratiques et surtout qu’il soit une journée de victoire sur le Coronavirus. C’est pourquoi j’exhorte beaucoup au port du masque. Nous ne pouvons pas confiner les Maliens, les bloquer à la maison, les condamner à la mort par la faim. Nous avons le devoir de les protéger. Pour ce faire, j’ai commandé vingt millions de masques. Dix millions sont arrivés hier. On a commencé les distributions depuis hier soir. Je souhaite que chacun comprenne là que ce n’est pas une plaisanterie. Qu’il comprenne que si l’Etat a fait un tel effort et que si je me suis prononcé à ce niveau, c’est que le jeu en vaut la chandelle. Le masque protège. Le masque a prouvé qu’il peut protéger. Si sur sept millions d’habitants de Hong Kong il n’y a eu que trois morts, c’est essentiellement dû au masque protecteur. Donc, le masque protège. Le masque vaut qu’on le porte. Il faut le porter pour vous, pour vos familles et pour nous autres aussi. Chacun a le devoir de protéger l’autre et l’Etat a le devoir de protéger tout le monde. C’est ce qu’il est en train de faire et c’est ce qu’il fera. C’est l’occasion aussi pour nous de faire en sorte que nos amis, nos parents tailleurs aient du travail. Les masques produits par nos tailleurs seront également de mise. Ils sont en train de produire. Et nous produiront autant de masques qu’il faudra pour que tous les Maliens en disposent. On n’a pas le droit de porter atteinte à la santé d’autrui. Le port du masque est obligatoire. C’est un devoir civique fondamental. En ce moment précis, j’ai une pensée pour mon frère Soumaïla Cissé qui est dans des conditions que nul n’aurait souhaitées. Hélas ! Je vais prier ceux qui le détiennent de faire en sorte que ce qu’ils nous disent correspondent à leur humanité réelle et qu’ils aient cette inclination en la Miséricorde et qu’ils libèrent notre frère aujourd’hui.  Nous le souhaitons de toute notre âme ».

Bakary SOGODOGO  

 

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