Changement climatique au Sahel : pour juguler les effets du phénomène, une véritable volonté politique s’impose

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Dans plusieurs régions du monde, ces dernières années ont enregistré l’augmentation des phénomènes climatiques alarmants. Face à cette situation, le président nigérien trouve plus qu’urgent de respecter les engagements en matière d’accompagnement des pays en voie de développement, notamment dans la région africaine du Sahel.

« Le chemin qui reste à parcourir est encore très long ; et les conséquences de l’inaction climatique encore plus désastreuses pour les générations actuelles et futures », indique le président de la Commission climat pour la région du Sahel, Issoufou Mahamadou, président de la République du Niger. C’était à l’occasion de la table ronde de haut niveau sur les changements climatiques organisée par le secrétaire général des Nations unies, jeudi 24 septembre 2020.

Face aux ouragans et aux sécheresses, respectivement sur la côte ouest et à l’ouest du continent américain ainsi que les fortes inondations dans le sahel et dans certaines régions du monde, le président Issoufou prouve que « les changements climatiques constituent une réelle menace sur notre abri commun, la terre ainsi que sur notre civilisation en particulier dans la région du Sahel ». Une région, où plus de « 67 millions de personnes vivent dans des zones vulnérables affectées par la dégradation des terres et la désertification », a-t-il souligné. C’est pourquoi il estime que « l’année 2020 est par ailleurs marquée par une recrudescence des phénomènes climatiques extrêmes dans les quatre coins du monde, sur les océans comme sur la surface de la terre ».

Selon le président de la Commission climat pour la région du Sahel, ces tendances sont alarmantes, notamment dans des régions où l’agriculture est pratiquement la sève nourricière « des économies avec en moyenne plus du tiers du PIB, et que plus de 80 % de la population dépendent des ressources naturelles pour leur subsistance ».

À en croire le président Issoufou, en Afrique et plus particulièrement dans cette région sahélienne, « un grand espoir a été placé dans l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris sur le Climat ».

Selon le président de la République nigérienne, cet Accord a donné naissance à une belle initiative en Afrique, adoptée lors du Sommet africain de l’Action en faveur d’une co-émergence continentale tenu au Maroc en marge de la COP 22 sur le climat. Pour plus de précisions, il indique qu’il s’agit de la création des trois commissions climat pour l’Afrique, dont celle de la région du Sahel qui regroupe dix-sept (17) pays. Le Président de la Commission climat pour la région du Sahel, expliquant le fonctionnement de cette commission, montre que son objectif est de « contribuer à l’effort planétaire d’atténuation des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) et d’accroitre les capacités d’adaptation et de résilience des populations sahéliennes ».

Issoufou s’est profité de cette table ronde pour lancer un appel à tous les partenaires de cette Commission ainsi que les parties prenantes du Plan d’Investissement Climat pour la région du Sahel pour une forte mobilisation autour de ce projet. « Juguler les effets des changements climatiques nécessite une volonté politique, c’est-à-dire un engagement total des pays, en particulier ceux développés, à honorer leur promesse pour le financement des mesures d’adaptation et le relèvement de leurs ambitions en matière de réduction des émissions polluantes », a-t-il fait comprendre. À l’en croire, le continent africain, qui contribue le « moins aux émissions globales de gaz à effet de serre, vit un grave déficit de financement pour faire face au changement climatique, en particulier pour l’adaptation ». Le président de la Commission climat pour la région du Sahel a réitéré l’appel au respect des engagements donnés pour la lutte contre ce phénomène.

Fousseni Togola

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