Docteur Youba Sokona vice-président du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC): Ne penser plus changement climatique, penser durabilité

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Le forum de l’environnement, un évènement initié par l’ONG Mali folk center Nieta demeure, une opportunité qui traduit le dialogue entre les acteurs non étatiques et les responsables de l’Etat autour des enjeux liés à la prise en compte de plusieurs problématiques du développement de notre pays. L’un des succès de cette rencontre d’intérêt national autour de la problématique de l’environnement fit la participation du Docteur Youba Sokona, du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat basé à Genève en Suisse. A la clôture des travaux, il a livré ses appréciations sur les deux jours de travaux ,axés sur la problématique des changements climatiques.

 

 

 

« La question du climat, c’est un problème de développement, malheureusement cette question est perçue uniquement sous l’angle environnemental. C’est un problème de développement .Ce qu’il faut comprendre, les stratégies, le processus de développement dans lequel on est, nous conduit vers l’impasse. Quand on regarde la question de l’environnement, en laissant de côté les aspects sociaux, politiques et culturels, les éléments de réponse sont à portée de main. Techniquement,  et scientifiquement on peut résoudre le problème ».

Docteur Sokona a regretté la faible représentativité des élus locaux,   de l’Etat, et de l’assemblée nationale, les scientifiques et les etudiants

« J’aurai aimé avoir dans cette salle les trois communautés, des ONG, quelques représentants du secteur privé, une apparition sporadique des associations politiques (l’Etat, l’assemblée nationale) qui viennent uniquement, que pour que  pour le temps d’un discours  ne prenant pas part aux travaux, parce que c’est eux qui vont négocier, . A la base s’ils ne s’entendent pas avec vous , ne connaissant pas vos préoccupations ,qu’est-ce qu’ils vont négocier ?C’est un biais à corriger….Prendre part au débat, c’est ce qui leur permet de se donner une idée des réalités du pays .La seconde communauté est également absente ;sans elle ,on ne peut pas s’attaquer à un problème assez complexe, comme les changements climatiques ?Quant à la communauté scientifique,   aucune communication sur l’état des changements climatiques au Mali par des universitaires, par le biais des rencontres de recherche. Totalement absents : la troisième composante, celle  des acteurs techniques du terrain, qui ont eux aussi fait une apparition sporadique. On ne peut pas résoudre le problème du climat sans une concertation forte de ces trois communautés.  S’adressant à eux, il dira ceux-ci «  vous avez votre part de responsabilité .Vous avez émi un certain nombre d’éléments, de perspectives, de préoccupations .Il faut qu’il soit traduit au niveau politique, c’est-à-dire quels sont les textes de loi qui ont été modifiées pour intégrer la problématique afin de faciliter le travail du terrain. Ce sont des aspects essentiels, à l’avenir, il convient d’évoluer vers cela ».

Docteur Sokona nous invite à ne plus penser changement climatique, mais penser développement durable aussi fait-il observer cet exemple :Si vous avez des maux de tête, en prenant un cachet d’aspirine, ça passe .Cela n’est pas , le changement climatique qui est comme la tension artérielle, il faut la contrôler en permanence  on prend tous les jours un cachet de médicament .Il ne faut pas que ça baisse, ou que ça monte également .Il faut la contrôler en permanence. Et on ne peut la contrôler en permanence, pas en demandant des financements mais en faisant un travail scientifique à la base. C’est fondamental ! C’est essentiel !

Pour parvenir enfin aux objectifs de développements durables. Dr Sokona met à notre disposition quatre propositions qu’il considère comme des prérequis applicables qu’on soit dans des pays hyperindustrialisés comme les Etats Unis, la Chine ou le Japon, ou dans un pays en développement comme le Mali. Selon lui, il faut d’abord une vision politique qui vient  avec un leadership. Il faut la vision politique formulée,des institutions pour la traduire en actions concrètes malheureusement le contexte dans lequel nos institutions ont été élaborées est erronée. Parce qu’on ne peut demander à une institution mise en place dans un contexte différent de prendre en charge un problème qui lui est totalement nouveau. Il faudra en ce moment une innovation institutionnelle avec une partie de l’Etat, une partie des acteurs du terrain, une partie des scientifiques, en un mot un corpus qui travaillera de manière énergique pour parvenir à l’innovation institutionnelle. On a la possibilité de le faire .Certains disent qu’on pas les moyen je vous en donne, par exemple on peut utiliser le travail des étudiants, celui des chercheurs entre autres. Une fois que les institutions  ont  les moyens (les hommes, les organisations, les ressources financières) ,il faut surtout pas parler de renforcement de capacité ,mais identifier les capacités existantes .

Enfin ,le quatrième prérequis, le plus difficile, le plus important et le plus stratégique ,c’est l’investissement à long terme .Une fois qu’on a l’ensemble de ces éléments,  de ces quatre prérequis, on peut attaquer le front du développement ,faire en sorte que le modèle de développement qu’on a, soit compatible avec le climat et en tant que tel dans une trajectoire  de durabilité .Voilà quelques réflexions que notre expert en durabilité ,qui plus est Dr Sokona ,pourront  constituer pour nous, une feuille de route.

  Baba Diarra

Source : Info vert

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