Interview presqu’imaginaire du président IBK : « Le Mali se retrouvera avec le concours de tous ses fils »

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Jeudi 28 août, aux environs de 3 heures du matin, l’ancien président de la République a été conduit à sa résidence privée à Sébénicoro, après avoir passé 10 jours en détention entre les mains des putschistes. Ce même jour, après s’être reposé, c’est aux environs de 22 heures, que l’ancien chef de l’Etat  nous a reçus dans son salon, là même où il a été arrêté par la junte militaire, pour un entretien. Nous coïncidons avec le moment où il était en train de manger  la sauce d’arachide qu’Aminata Maiga, son épouse a préparé à l’occasion de son retour en famille. Nous vous proposons l’entretien exclusif.

 Arc-en-ciel : Bonsoir monsieur le Président. La route de Sébenicoro n’entend plus les bruits des motards depuis dix jours. Que s’est-il passé ?

 Ibrahim Boubacar Keita : C’est vous qui m’informez comme ça. Depuis dix jours j’étais à Kati pour des raisons de sécurité. Donc si vous n’entendez pas les motards cela ne doit pas être surprenant.

 Est-ce qu’on peut savoir les conditions de votre détention à Kati ?

Je vous rectifie. Je n’étais pas en détention. Ils m’ont dit qu’ils assuraient ma sécurité. Les officiers qui sont venus me chercher chez moi pendant que j’échangeais avec mon Premier ministre, ont tous l’âge de Karim sinon de Bouba.  J’ajoute que c’est des jeunes officiers qui savent bien ce que j’ai pu leur apporter comme changement au sein de l’armée. Aujourd’hui, grâce à Allah soubhana watala, l’armée ne manque presque de rien. Avec la loi de programmation militaire, nous avons fait pour notre armée.  Au regard de tous ces efforts et considérant le changement que cela a pu leur apporter, je ne pouvais qu’être bien traité, même si les deux premières nuits de ma venue à Kati ont été difficiles. Franchement, je ne sais pas ce qui leur a pris pour qu’ils me sèvrent de télévision et de téléphone. Bien que je sois chez moi à Sébenicoro, je n’ai toujours pas accès à un téléphone, à l’internet et les visites sont filtrées voir impossible. Comme vous avez pu le constater, ma santé est fragile, j’ai eu droit à un traitement de faveur par la suite.

La Cédéao a voulu mettre la pression sur la junte afin que vous retrouviez votre fauteuil de président de la République.  On a appris par la suite que vous n’avez pas accepté. Que s’est-il passé au juste ?

 Quand l’émissaire des chefs d’Etat de la CEDEAO, mon frère et ami, Goodluck Jonathan m’a rendu visite, je n’ai pas tourné autour du pot. Jai clairement affirmé que le pouvoir ne m’intéresse plus, même une seconde.

Les gens polémique sur ma démission. Je vous avoue que j’ai démissionné de mes fonctions de président de la république en toute responsabilité sans aucune pression extérieure. J’ai analysé la situation et j’ai agi sans contrainte.

Le Mali est tout pour moi.  J’ai toujours dit que je ne suis pas fou du pouvoir. Les maliens me connaissent. Mais, puisque ce sont ces mêmes maliens dans leur majorité qui m’ont renouvelé leur confiance avec plus de 60% des voix, rien ne devrait s’opposer à ce que je termine mon mandat surtout que ça ne restait que trois ans.

Si deux ans après mon investiture, des mecontents disent qu’ils ne sont pas satisfaits de la façon dont je gère le pays, en leur tête, l’imam Mahmoud Dicko pour qui j’ai beaucoup d’estime, ont poussé des jeunes sans frein au renversement du pouvoir. Oui, c’est de çà qu’il s’est agi. On se connait dans ce pays. Qu’est ce que je n’ai pas fais pour les leaders du M5 pris individuellement excepté peut être quelques uns ? Je rends grâce à Allah de m’avoir sauvé ma vie de la colère des manifestants.  Mon fils, tout a une fin. Ecoutes bien, même la mort va mourir un jour. Je remercie la Cedeao et les jeunes officiers de m’avoir compris que je ne pouvais plus en réalité exercer le pouvoir. Mais que faire quand on a des gens qui veulent que j’agisse toujours en leur faveur.  C’est difficile. Gérer un pays, n’est pas chose aisée. Il y a trop de non dits.

 La Cédéao a fait pression sur la junte afin que vous retrouviez votre liberté. Depuis jeudi dernier, cela est effectif. Ce soir, on voit que vous avez bonne mine. Comment vous vous sentez ?

 Comme vous voyez bien, je me porte très bien malgré les fatigues que j’ai du subir à Kati, je veux dire lorsque j’ai déménagé dans la ville garnison. J’ai une santé fragile qui nécessite des examens médicaux et des visites à l’extérieur. Connaissant bien ma situation, mes enfants n’ont pas hésité une seule seconde a accepté les offres de la Cédéao. Voila que je suis chez moi, dans la maison de mon père. Ici, Ami va continuer à me préparer la sauce d’arachide (rires) avec du poisson fumée.

Est-ce que vous avez les nouvelles de Karim ? 

 Vous savez tout être humain à ses projets et des ambitions. Mon ambition pour ce pays est qu’il soit un grand pays, un pays développé. Je me suis sacrifié pour le Mali. S’il s’avère que mon fils en voulant faire autant s’est retrouvé dans les situations difficiles, je ne peux que le regretter. Karim est majeur, en plus il a des connaissances un peu partout à travers le monde. Peut être qu’il est allé chez un de ses amis. Pour te répondre, je ne sais vraiment pas là où il se trouve. J’ai appris sur une radio internationale que le fils du président IBK se trouverait dans un pays voisin. Je ne sais pas de quel pays il s’agit. En tout cas, Karim est mon enfant chouchou. Je tiens beaucoup à lui, à son avenir.

Comment voyez-vous l’avenir de ce pays ?

 Le Maliba est une grande nation dont les hommes sont descendants de Soundiata Keita, Babemba, Tiéba, Firhoun, El Hadj Oumar, Samory Touré etc. Etre descendant de tous ses valeureux hommes signifie que nous sommes un peuple vaillant, prêt à tout affronter. Nous sommes un peuple travailleur. Voyez vous comment mes frères de Kita, de Kenieroba, de Kangaba se lèvent très tôt le matin pour aller aux champs et de retour ils amènent avec eux des fagots. Vous voyez ses pécheurs bozo qui passent toute la journée dans l’eau à la recherche de leur quotidien, ses éleveurs peulh qui parcourent des centaines de kilomètres. C’est vous dire que le Malien ne connait pas la paresse. Nous gagnons à la sueur du front. En résumé, le Mali s’en sortira bien si les cœurs et les esprits se mettent ensemble ; que nous formions une famille. Le Mali dans un futur proche sera un pays où il fera bon vivre mais à condition que nous formons un bloc homogène.

Monsieur le président, il ne reste plus qu’à vous souhaiter une bonne nuit.

 

Attendez, je n’ai pas fini. Je renouvelle mon appel à mes enfants officiers qui m’ont mis à la touche, de faire attention, de faire attention aux politiciens surtout les plus anciens. Je parle de Mountaga Tall, Choguel Maiga, de Modibo Sidibé… Ces gens là ont gouté dans tous les régimes depuis Alpha jusqu’à aujourd’hui. L’ex majorité présidentielle ne fait pas exception même si  je reconnais que certains étaient avec moi sans être avec moi. Mes fils du CNSP doivent se méfier d’eux. Le changement auquel aspirent les maliens sera difficilement acquis avec eux.

Je prie pour que le bon Dieu fasse de sorte que les maliens se retrouvent et trouvent des          solutions à la malienne aux préoccupations soulevées.

Propos recueillis par

Mohamed Keita

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1 commentaire

  1. hé les journalistes ! Oui sa peut ressembler aux propos d’ibk sauf qu’il n’a pas repondu s’il sattendait à un coup d’Etat? Cela lui as passé dessus

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