Bilal Ag Cherif sur RFI : «A ce rythme-là, il risque de ne plus avoir d’accord auquel se référer»

30
Mali – la coordination des mouvements de l’Azawad : une part de l’avenir entre ses mains
Achérif, chef du mouvement de l'Azawad © AFP

 L’invité Afrique du jour est Bilal Ag Cherif, secrétaire général du Mouvement national pour la libération de l’Azawad, le MNLA, un des mouvements qui compose la CMA, la Coordination des mouvements de l’Azawad. Bilal Ag Cherif revient sur les affrontements qui opposent la CMA et la Plateforme à Kidal. Il met aussi en garde : si cela continue l’accord de paix pourrait bien devenir caduque. Notre correspondant a pu se rendre à Kidal dans le Nord-Mali pour réaliser cette interview.

 RFI : Vous êtes actuellement le président de la Coordination des mouvements de l’Azawad, la CMA. Une délégation de la CMA était à Bamako avant la fête de Tabaski pour discuter avec la Plateforme. Aucun accord n’a été trouvé en deux semaines. Pourquoi les pourparlers n’avancent pas ?

 Bilal Ag Cherif : Dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord, il ne devrait pas y avoir de ce genre de rencontre. L’accord a été signé entre trois parties. Toutes ces parties doivent respecter leur engagement. On ne peut pas faire de chaque petit détail, l’essentiel du débat. Si on fait ça, on fait fausse route.

 Vous parlez de « petit détail », mais la gestion sécuritaire de la ville de Kidal fait pourtant pleinement partie de l’accord de paix ?

 A la signature de l’accord, les différents signataires avaient chacun un espace géographique confirmé. La plateforme n’était pas à Kidal. En 2015, la CMA et la Plateforme s’étaient rencontrés à Anéfis. On avait décidé d‘organiser un forum pour discuter des modalités du partage sécuritaire de la ville. Mais à la dernière minute, la Plateforme a refusé d’y prendre part. C’est là que nous avons compris que la Plateforme a une position qui n’est pas claire. Actuellement, le problème concerne tout l’Azawad, c’est tout le processus qui est concerné par ce qui se passe Si on ne trouve pas une solution, il va arriver un moment, où nous n’aurons plus d’accord.

 Pourquoi s’être déplacé à Bamako, si derrière il n’y a pas une volonté de trouver une solution ?

 On s’est rendu à Bamako, parce qu’on a été invité. Mais la solution doit être trouvée dans le cadre de l’accord. On a été la dernière partie à signer parce qu’on voulait être sûr de l’honorer. On constate que les deux autres parties, le gouvernement et la Plateforme veulent tourner le dos à cet accord. Nous on s’y accroche. Si on continue à ce rythme-là, il risque de ne plus avoir d’accord du tout auquel se référer.

 Beaucoup d’observateurs estiment que le conflit de Kidal est communautaire, une rivalité entre Imghad et Ifoghas. Vous parlez des accords d’Anéfis, qui ont permis de faire avancer un peu le processus de paix. Pourquoi ne pas envisager un Annefis 2 pour discuter de ces problèmes ?

Les résultats d’Anéfis 1 ne nous encouragent pas à un Anéfis 2. La solution aujourd’hui est que le gouvernement malien prenne ses responsabilités. Que chacun respecte ses engagements. Il faut qu’on cesse de se réfugier sur des petits détails pour occulter l’essentiel. Il faut situer le conflit dans son vrai cadre et le régler par des leviers communautaires. On n’a pas à inscrire ça dans le cadre de l’accord de paix.

 Est-ce que la CMA a été affaiblie par la dissidence de Moussa Ag Acharatoumane, qui a créé récemment le MSA, le Mouvement pour le salut de l’Azawad ?

 L’intention dans ces démarches pernicieuses, souterraines, c’est d’affaiblir les mouvements. Mais ça ne marchera pas. La CMA a été constituée de manière régulière. Avec une structure, une charte. La CMA est intacte, forte et solide, on ne sera pas affaiblis parce que quelques individus la quittent.

 Les fondateurs du MSA estiment que le HCUA (Haut conseil pour l’unité de l’Azawad) prend de plus en plus d’importance au sein de la CMA, que les décisions sont unilatérales, qu’en pensez-vous ?

La CMA est une coordination de trois mouvements, MAA (Mouvement arabe de l’Azawad), MNLA, et HCUA. Moussa Ag Achatouraane fait partie de ceux qui ont rédigé la charte. Dans cette charte, il y a une présidence tournante et le fait que chaque parti garde sa personnalité. C’est facile de se réfugier derrière des arguments qui n’existent pas pour justifier sa dissidence quand on a des ambitions inavouées.

 Par ambitions inavouées, est-ce que vous sous-entendez que ce mouvement a été créé pour essayer de briguer un poste au sein des futures autorités intérimaires ?

L’installation des autorités intérimaires se fait par consensus. Je ne me prononcerai pas sur les ambitions des gens. Mais je vous assure qu’il n’y a personne qui puisse réserver une place quelconque.

 Est-ce que ce nouveau mouvement pourrait intégrer la CMA, ou même l’accord de paix ?

On ne s’est pas encore réuni pour en parler, mais il faut rappeler que la CMA s’est constituée lentement et a signé l’accord d’Alger. Alors qu’on ne sait même dans quelles circonstances précises, ce mouvement, le MSA, s’est créé. On a l’expérience de la création de mouvements trop rapide, cela finit mal. Si le MSA veut rejoindre la CMA, il faudra étudier la demande, mais ce sera long.

Pour conclure, cela va bientôt faire trois ans que Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les deux journalistes de RFI, ont été assassinés à Kidal. L’enquête n’avance pas. Est-ce que selon vous, quelqu’un protège d’une manière ou d’une autre les responsables ?

Les étrangers sont sacrés dans notre culture. A plus forte raison les journalistes. Ils sont venus pour expliquer ce qui se passe dans l’Azawad. Il est impensable que l’on couvre ou que l’on cache l’identité des responsables. Les gens sur qui il y a des soupçons, sont recherchés. Nous ne cacherons pas les assassins.

 Source : RFI

Commentaires via Facebook :

PARTAGER

30 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,
    Une méthodologie inclusive pour la mise en œuvre de l’accord de Bamako doit être utilisée.

    Naturellement, tout le processus de mise en œuvre doit se passer dans toutes les régions du Mali et doit être inclusif c’est-à-dire INTÉGRER dans chaque région, les représentants de TOUTES les communautés de la région.

    Comme je l’avais déjà proposé (voir ma lettre ouverte en ligne, publiée le 21 JUIN 2016 sur Maliweb, sur s’entendre sur les autorités intérimaires, le DDR et plus pour la mise en oeuvre et le suivi stricts de l’accord de Bamako), afin que la mise en œuvre de l’accord soit inclusive et profite à tous les Maliens, il est nécessaire de choisir une méthodologie inclusive consensuelle et d’échanger sur cette dernière et sur la mise en œuvre de l’accord à travers un dialogue intra et intercommunautaire.

    Devant la complexité des concertations nationales proposées par l’opposition, la conférence d’entente nationale, prévue dans l’accord de Bamako pourrait servir, entre autres, pour échanger sur ces éléments. Elle pourrait aussi avoir des ramifications régionales et communales.

    Processus inclusif de mise en œuvre

    Des ramifications régionales et communales du processus inclusif de mise en œuvre de l’accord doivent être créées.

    Vu que l’accord de Bamako doit être mis en œuvre aux niveaux national, régional et communal, la parallélisation doit être utilisée.

    Une organisation stricte dans chaque région doit être mise en œuvre avec des synchronisations régulières avec les autres niveaux.

    Pour les Maliens de la diaspora, des antennes pourront être créées dans des pays judicieusement choisis.

    Tous les Maliens doivent s’impliquer et participer à ce dialogue et à cette mise en œuvre

    Compte-tenu du problème de représentativité et d’inclusivité qui se posent sérieusement pour la composition des membres des autorités intérimaires aux niveaux régional et communal, il convient lors de la future conférence d’entente nationale, prévue dans l’accord, de désigner quelques représentants (exemple, deux pour une région et un pour une commune) pour compléter les autorités intérimaires de chaque collectivité territoriale du Mali.

    Pour améliorer la représentativité et l’inclusivité, cette conférence d’entente nationale doit avoir des ramifications dans TOUTES les régions du Mali.

    Il faut aussi penser à la représentation des Maliens de la diaspora.

    Lors de cette conférence d’entente nationale des représentants des forces vives (partis politiques, société civile, députés, …), du gouvernement, des collectivités territoriales, des communautés de base seront choisis pour intégrer les autorités intérimaires des collectivités territoriales.

    Ainsi, les autorités intérimaires mettront tous les Maliens d’accord, indépendamment des bords politiques, et renforceront l’inclusivité en intégrant des représentants, choisis par la conférence d’entente nationale, de la société civile, des anciens élus, de toutes les régions du Mali et ceux des mouvements armés.

    S’unir autour de la mise en œuvre et du suivi de l’accord de Bamako

    Comme le disent, certains internautes et les Maliens qui supportent l’accord de Bamako, nous sommes TOUS/TOUTES condamnés à mettre en œuvre l’accord de Bamako pour le bien-être des TOUS les Maliens.

    Engageons-nous (tous les acteurs), franchement, honnêtement et sans complaisance.

    Dr ANASSER AG RHISSA
    Expert TIC, Gouvernance et Sécurité
    Mail : [email protected]
    TEL (223) 95 58 48 97

  2. Pcbako, vous êtes assez superficiel dans vos idées….
    Rien ne peut justifier une fédération au Mali et il n’y aura pas de fédération au Mali…
    Cette crise a été imposé au Mali indirectement par des pays occidentaux pour des intérêts géopolitiques et économique et tous les moyens sont bon pour y parvenir. C’est au Maliens de le comprendre et défendre les intérêts de leur pays et du peuple. Que Dieu bénisse le Mali

    • Ok TOURE. Admettons que je sois superficiel comme vous dites. Imposée ou pas, cette crise n’arrive pas à être résolue par le Mali. D’ailleurs, très objectivement, que peut vraiment résoudre le Mali? Le ressort patriotique ne semble plus être présent, sinon nous nous serions mis debout comme un pour “comprendre et défendre les intérêts ” du Mali. Sortons de l’illusion ! Ce n’est pas avec ce type de leaders que nous sortirons de cette crise. Même qu’une bonne partie de la population n’est pas prête à se sacrifier pour ce pays. Nous sommes dans la logique du “Moi” et non de “Nous”. Avec tout le respect pour votre opinion, j’ai aussi l’impression que vous ne proposez pas ou n’avez pas de solution de sortie de crise. “Le Mali Un et Indivisible” ne sera qu’un vœu pieux tant que nous faisons parler notre cœur au lieu de notre raison. Dieu bénit le Mali comme IL le fait d’ailleurs pour tous les pays. Encore faudrait-il que notre foi en LUI soit ferme

  3. On peut ne pas être d’accord avec M. Bilal Ag Chérif quant au concept de l’Azawad qu’il persiste à vouloir nous faire accepter au Mali, mais force est de reconnaître qu’il a de la suite dans les idées. Je crois qu’il serait souhaitable que ce monsieur mette sa capacité de raisonnement à l’édification du Mali nouveau. Car, ne nous leurrons pas, ce pays a besoin d’une profonde remise en cause de sa gouvernance depuis l’indépendance. D’aucuns ont scandé leur opposition à un état fédéral, par exemple. Mais, avec un état vaste comme le nôtre, et face à des dirigeants incompétents depuis principalement 1992, le fédéralisme bien pensé pourrait être une voie vers l’émergence d’un Mali plus fort et mieux structuré. Voyons la réalité en face! Depuis la signature de l’Accord, sinon des Accords, le Gouvernement Malien n’a posé aucun jalon visible pour la résolution de la crise. Il prend goût à faire plus de “show” qu’à adopter des solutions pérennes. Ainsi, au delà de Bamako, en tout cas, vers le Centre et le Nord du pays, l’Etat est quasi inexistant ! Ayons le courage de jeter aux “calendes grecques ” cette gestion piteuse du pays et acceptons de débattre pour une sortie de crise durable, en mettant sur la table toutes nos cartes. À continuer à camper sur des positions inconsistantes et peu réalistes, nous aurons la surprise désagréable de voir se désintégrer ce pays dont nous prétendons être fiers. Car il s’agit de se demander même si la majorité de nos compatriotes ont conscience de la gravité de la situation tellement l’effritement du Mali est en train de s’accentuer. L’apparition de groupes armés à connotation ethnique n’est qu’un prélude dans la déliquescence actuelle du Mali. Pensons-y.

  4. QUELLE accord tu parle ? bandit voyou criminel terroriste que tu es la question de KIDAL c’est çà .

  5. Maintenant que (comme ce Vendredi 16 Septembre) vous vous trouvez en terrain neutre loin des agglomérations de Kidal, Ménaka, Taoudénit et consorts on peut se permettre de dire que quasi-totalité des victimes sont les combattants. Redoublez d’effort et entre tuez vous comme bon vous semble. Peut-être que de là viendrait le salut de nos vieux pères et mères dont la vie dans le SAHARA, même en temps de paix n’est pas une des plus faciles sur terre.

    • Bonjour,
      Frère Yugubane, merci pour cette contribution.

      Dommage, ça sera des morts en trop pour le Mali.

      Qu’ils arrêtent plutôt de s’entretuer ET qu’ils procèdent au dialogue en plaçant l’accord de Bamako au centre de ce dialogue comme moyen de communication et comme vision ; revoir ma proposition plus bas pour régler définitivement ce différend opposant les frères et sœurs à Kidal

      La négociation d’accord mais chaque acteur doit s’engager avec franchise, honnêteté et sans complaisance dans la mise en œuvre de l’accord de Bamako : chaque acteur doit doit avoir un œil sur les autres, la confiance n’exclut pas le contrôle.

      Vous avez raison, nous devons penser aux martyrs de ces pauvres dont tout le monde prétend défendre les intérêts.

      En effet, la commission vérité, justice et réconciliation doit s’incliner sur les cas des martyrs et martyres, encore faut-il définir avec exactitude qui est martyr ou qui ne l’est pas et les identifier avec exactitude.

      Ils et elles ne doivent pas être oubliés : justice doit être rendue et réparation doit être faite pour ceux qui veulent.

      Bien cordialement
      Dr ANASSER AG RHISSA
      Expert TIC, Gouvernance et Sécurité
      TEL 00223 95 58 48 97

      • Ce sera des morts en trop mais je n’ai pas honte d’avouer que ces morts ne me dérangent pas du tout car quand ils ne s’entretuent pas c’est les pauvres qu’ils tuent. Ces combattants savent mieux que quiconque au monde ce qu’est la vie dans le désert en dehors des points de survie mais ça fait plus de 4 ans qu’ils ne cessent de mettre leurs caprices au dessus des conditions de vie des leurs. Ils savent que quand on éloignent les populations de leur milieu naturel de vie dans le désert on les envoie à une mort quasi certaine mais cela est pour eux un moyen de pression sur un état qui se fout éperdument des conditions de vie de ces citoyens.

        À défaut d’État pour les éloigner de ceux qui ne demandent qu’à vivre, puisse dieu les pousser à ses d’extermination qui sont de facto un répit pour les faibles.

        • Bonjour,
          Merci Yugubané de votre message.

          Assumons chacun notre responsabilité pour garantir le respect de l’accord de Bamako et éviter que se poursuive ces horreurs.

          Protégeons les populations sans armes en les sécurisant et en forçant les acteurs (chacun peut avoir un œil sur les autres, la confiance n’exclut pas le contrôle) à s’engager urgemment, honnêtement et sans complaisance, pour la mise en oeuvre de l’accord de Bamako à travers la mise en place des autorités intérimaires, du DDR et du MOC.

          Bien cordialement
          Dr ANASSER AG RHISSA
          Expert TIC, Gouvernance et Sécurité
          TEL 00223 95 58 48 97

  6. Des paresseux qui ont jamais travaillé pour gagné leurs vies
    Le monde a changé ont ne peut plus vivre au crochet de l’état

    • Bonsoir,
      Mon frère Sikasso, avec la régionalisation et la libre administration des régions et communes, les acteur, aux niveaux national, régional et communal, seront obligés de travailler.

      Bien cordialement
      Dr ANASSER AG RHISSA
      Expert TIC, Gouvernance et Sécurité
      TEL 00223 95 58 48 97

  7. “….Les gens sur qui il y a des soupçons, sont recherchés. Nous ne cacherons pas les assassins…” Vous les chercher depuis 3 ans? Hum, peut etre que vous ne maitriser meme pas kidal alors.. espece de connard va.

    • Bonsoir,
      Cher frère T.Sankara, merci de votre message.

      Vers où nous mèneront les insultes ?

      Contribuez plutôt à la recherche de solutions idoines.

      Bien cordialement
      Dr ANASSER AG RHISSA
      Expert TIC, Gouvernance et Sécurité
      TEL 00223 95 58 48 97

        • Bonjour,
          Cher frère Sikasso, la guerre ne peut jamais être la solution, seul le dialogue constitue la solution idoine.

          Autrement, il faut s’attendre à un cycle de violences qui n’avantagera personne.

          Bien cordialement
          Dr ANASSER AG RHISSA
          Expert TIC, Gouvernance et Sécurité
          TEL 00223 95 58 48 97

      • Bonjour,
        Merci frère Sikasso de votre commentaire.

        Comme je vous l’avais déjà dit, je ne prends la défense de personne mais ce que vous dites n’engage que vous, pouvez-vous le démontrer ?

        Comme il est indiqué dans ma contribution, voir plus bas, l’engagement des acteurs (parties prenantes, médiation, partenaires) doit être franc, honnête et sans complaisance, de même la responsabilité de chacun d’entre nous (les autres acteurs citoyens) est engagée lorsqu’il fait des affirmations telles que celles que vous faites.

        Lorsqu’on indexe quelqu’un, on doit avoir la preuve. Dans votre cas, peut être, que vous l’avez.

        CHAQUE ACTEUR EST RESPONSABLE DE SES DIRES ET DOIT ÊTRE CAPABLE DE LES PROUVER.

        Évitons les éventuels amalgames pouvant générer la polémique.

        Bien cordialement
        Dr ANASSER AG RHISSA
        Expert TIC, Gouvernance et Sécurité
        TEL 00223 95 58 48 97

  8. Bonjour,
    Les Touaregs, tout comme les Peulhs et les autres composantes ethniques, font partie de la même nation Malienne, elles doivent toutes mettre le Mali en avant.

    Ne nous trompons pas de combat, le seul combat qui veuille c’est le combat démocratique pour un MALI UN ET INDIVISIBLE acceptant la diversité ethnique, refusant l’esclavagisme et permettant la libre administration des régions et communes.

    Nous y sommes.

    A travers l’accord de Bamako, c’est le Mali tout entier, via toutes ses composantes ethniques, qui est plus fort et qui gagne et non une ethnie donnée, qu’elle soit Touareg ou Peulhe ou autre.

    L’accord a opté pour le développement équilibré de toutes les régions du Mali en commençant par celles qui sont en retard, celles du nord du Mali.

    L’Union fait la force. Dans un Mali Un et Indivisible, cultivons la diversité (ethnique, culturelle, …) et l’union à travers la mutualisation de nos forces et de nos ressources issues de la régionalisation où chacun doit occuper sa place, nous serons encore plus forts.

    D’après l’accord de Bamako, cette régionalisation permet aux filles et aux fils d’une même région de gérer, ensemble, leurs régions (et communes) à travers la libre administration des régions (et communes).

    C’est ainsi que, malgré le poids du passé, nos frères et sœurs de Kidal, incluant les Ifoghas et les Imghads, doivent gérer ensemble la région de Kidal. Les accords de Annefis et Niamey, entre parties prenantes, vont dans ce sens.

    Le Mali est pour nous tous/toutes, nous devons, TOUS/TOUTES, chercher des solutions idoines à nos problématiques au lieu d’attendre que ça vienne toujours du haut.

    Le problème de Kidal est un des plus saillants mais la réconciliation concerne tout le Mali, y compris la région de Kidal, car le tissu social, aux niveaux national, régional et local, est affecté et l’impact de la crise (sur le vivre ensemble, …) et les amalgames induits ont affecté tout le Mali.

    Il faut, donc, travailler sur la cohésion sociale, la cohésion nationale, l’unité, cultiver la paix partout au Mali et ré-apprendre ou renforcer le vivre ensemble même si la solidarité et la force des liens ancestraux ont aidé à maintenir certains liens sociaux.

    Appliquons l’accord de Bamako, pour la paix et la réconciliation au Mali, sensibilisons partout sur cet accord et sa mise en oeuvre, en particulier à travers la mise en place du DDR (Démobilisation, Désarmement et Réinsertion) , du MOC (Mécanisme Opérationnel de Coordination via les patrouilles mixtes) et des autorités intérimaires, et faisons-le respecter strictement, franchement et sans complaisance par tous les acteurs, en particulier ceux qui l’ont signé (toutes les parties prenantes, la médiation internationale et les partenaires) et on résoudra le problème de Kidal.

    D’où ma contribution que je conseille de lire ou relire. Elle est intitulée “Accord de Bamako : Comment garantir son respect et l’engagement des parties prenantes ?”

    A propos de cette contribution, j’avais écrit il y a bientôt un an, le 21 SEPTEMBRE 2015, une lettre ouverte en ligne, adressée au Président, Ibrahim Boubacar Keïta, aux Maliens et aux Partenaires, pour proposer une approche pour répondre à cette question.

    Engageons-nous, honnêtement, franchement et sans complaisance, acceptons le partage de responsabilités (en particulier à Kidal) et mettons, TOUS/TOUTES, rapidement, en œuvre, cet accord.

    Cdlt
    Dr ANASSER AG RHISSA
    Expert TIC, Gouvernance et Sécurité

      • Bonsoir,
        Cher frère Sikasso, seul le dialogue constitue la solution idoine.

        Autrement, il faut s’attendre à un cycle de violences qui n’avantagera personne.

        Bien cordialement
        Dr ANASSER AG RHISSA
        Expert TIC, Gouvernance et Sécurité
        TEL 00223 95 58 48 97

    • Bonjour frère Anasser, ça fait un bon bout de temps.EID MOUBARAK à toi et à ta famille.

      Ce que semble dénoncer AG ACHÉRIF n’est-il pas ce à quoi tout le monde devait s’attendre ? La situation actuelle de Kidal est la suite naturelle et logique des événements de 2012. Les scissions, les divisions et les haines qu’elles génèrent sont toutes inhérentes à toute rébellion de ce genre. Certes la guerre ne pourrait être la solution mais aussi toute solution n’incluant pas la guerre ne serait une solution durable. Pour que ces différents groupes parviennent à se mettre d’accord sans qu’une autre force ne les mette en difficulté, il va falloir une longue guerre d’épuisement, fratricide et encore plus meurtrière. Ce qui n’est de l’intérêt de personne. Surtout pas de la population civile.

      Franchement je pense que tous ceux (à commencer par le régime et l’État) qui prônent la seule négociation et qui se fient à la bonne fois de ces groupes de combattants ne sont pas de cœur avec ces mères qui meurent ou qui voient leurs enfants mourir des conditions dans les camps de réfugiés. Dans toutes ces négociations, ces querelles et ces surenchères on ne voit ou entend qui fait penser au martyre de ces pauvres dont tout le monde prétend défendre les intérêts.

      • Bonjour,
        Frère Yugubane, merci pour cette contribution et bonne fête aussi.

        Vous avez raison, la négociation d’accord mais chaque acteur doit s’engager avec franchise, honnêteté et sans complaisance dans la mise en œuvre de l’accord de Bamako : chaque acteur doit doit avoir un œil sur les autres, la confiance n’exclut pas le contrôle.

        Vous avez raison, nous devons penser aux martyrs de ces pauvres dont tout le monde prétend défendre les intérêts.

        En effet, la commission vérité, justice et réconciliation doit s’incliner sur les cas des martyrs et martyres, encore faut-il définir avec exactitude qui est martyr ou qui ne l’est pas et les identifier avec exactitude.

        Ils et elles ne doivent pas être oubliés : justice doit être rendue et réparation doit être faite pour ceux qui veulent.

        Bien cordialement
        Dr ANASSER AG RHISSA
        Expert TIC, Gouvernance et Sécurité
        TEL 00223 95 58 48 97

  9. Quel accord?
    Ce gars là est completement fou! Il parle, encore d’accord! L’accord est caduque!
    Ce n’est pas en allant manger des mechoui à Alger, et prendre des decisions qui n’engagent que vous, qu’il y aura un accord! Personne ne vous a mandaté pour aller parler en leur nom!
    Les communautés du nord, toutes ethnies confondues, et les realités sur le terrain decideront de l’avenir du nord. Et non des voyous enturbannés, violeurs & assasins, qui ne representent que les turbans qu’ils portent!
    Bandes de voyous!
    Vous n’avez, encore, rien vu!
    Ça ne fait que commencer!
    Tout le monde est allé chercher des armes, pour se defendre! Ils ont, seulement commencer a revenir! La plupart, d’entre ne sont meme pas, encore de retour!
    Vous croyez que la situation est grave, maintenant! Attendez que les autres reviennent! Ce que vous avez vecu à Kidal, ne serait qu’un picnic, par comparaison!
    Bandes de voyous!

      • Bonjour,
        Cher frère Fill, comme je l’ai déjà dit au frère Sikasso, la guerre ou l’embrasement de la situation ne peuvent jamais être la solution, seul le dialogue et la réconciliation (après la justice et la réparation) constituent les solutions idoines.

        Autrement, il faut s’attendre à un cycle de violences qui n’avantagera personne.

        Bien cordialement
        Dr ANASSER AG RHISSA
        Expert TIC, Gouvernance et Sécurité
        TEL 00223 95 58 48 97

        • Docteur!
          Je suis d’accord avec vous que le dialogue est preferable au language des armes!
          Mais vous conviendrez avec moi que ces voyous sont de mauvaises foi, et ne comprennent que le language de la violence!
          Contrairement a beaucoup, j’ai vecu dans cette region de notre pays! Et ça me fait mal de voir cette partie de notre pays souffrir!
          J’ai, encore, des amis d’enfance là bas!
          Je demeure convaincu que cette crise sera reglée par les differentes communautées du nord, toutes ethnies confondues! Et de preference, par le dialogue.
          Bien cordialement!

          • Bonjour,
            Frère Fill, merci de votre contribution et du fait d’être d’accord avec moi.

            Actuellement, au langage des armes se substitue le dialogue qui lui est préférable comme vous le dites.

            Votre connaissance du nord du Mali vous le fait sentir et vous avez raison : cette crise se règlera bien par les différentes communautés du nord, toutes ethnies confondues, avec l’aide de la médiation, sans oublier les parties prenantes et avec OBLIGATION d’un engagement honnête, franc et sans complaisance de tous les acteurs à respecter l’accord de Bamako.

            Ce dernier sera le langage de communication entre tous les acteurs ainsi que la vision commune, il ne peut, donc, être caduque : il est indispensable.

            Bien cordialement
            Dr ANASSER AG RHISSA
            Expert TIC, Gouvernance et Sécurité
            TEL 00223 95 58 48 97

          • Bonjour docteur!
            Mon premier poste n’est qu’une reaction d’exaspération face aux caprices d’une minorité de voyous qui prennent le reste des populations du nord en otage!
            Ces pauvres populations n’ont d’ailleurs demandé a personne d’aller revendiquer quoi que ce en leur nom!
            Et franchement je trouve que cet accord a été ficelé sans l’avis de la grande majorité d’entre eules. D’ou la recrudescence frequente des afrontements entre groupes armés.
            Vous convenez avec moi que tout accord sera confronté, eventuellement aux realités du terrain! Et cette realité est que la grande majorité, c’est a dire les autres Kel tamsheqs, plus nombreux inclus les Bellahs, les Peuhls, les, les Sorkhos, les Arabes, les Songhois & autres… se sont finalement procuré des armes pour se faire entendre! Ils ont tout simplement, été ignorés lors des negociations, parcequ’ils ne possedaient pas des armes, et ont l’impression de se faire imposer une minorité d’Ifoghas pour decider de leur destin! Or les Ifoghas sont minoritaires, meme parmis les Kel Tamasheks…..
            Desolé d’amener les questions ethniques dans le debat, mais c’est le grand elephant blanc dans la cour, que personne ne peut plus ignorer!
            Vous connaissez le nord mieux que moi, meme si j’y ai vecu!
            Vous conviendrez avec moi que cet aspect est l’epine dans le talon du pied de la mediation! Et c’est une très grosse epine!
            Il faut revoir l’accord et l’amender en incluant tout le monde, ou il ne sera pas applicable! Ou, en tous cas très difficile a etre appliquer!
            J’irai meme plus loin! Je dirai que cette fois les negociations doivent se faire, exclusivement, entre les differentes communautés fu nord, toutes ethnies & tendances confondues! Avec le gouvernement comme observateur.
            Bien cordialement!

          • Bonjour,
            Une méthodologie inclusive pour la mise en œuvre de l’accord de Bamako doit être utilisée.

            Naturellement, tout le processus de mise en œuvre doit se passer dans toutes les régions du Mali et doit être inclusif c’est-à-dire INTÉGRER dans chaque région, les représentants de TOUTES les communautés de la région.

            Comme je l’avais déjà proposé (voir ma lettre ouverte en ligne, publiée le 21 JUIN 2016 sur Maliweb, sur s’entendre sur les autorités intérimaires, le DDR et plus pour la mise en oeuvre et le suivi stricts de l’accord de Bamako), afin que la mise en œuvre de l’accord soit inclusive et profite à tous les Maliens, il est nécessaire de choisir une méthodologie inclusive consensuelle et d’échanger sur cette dernière et sur la mise en œuvre de l’accord à travers un dialogue intra et intercommunautaire.

            Devant la complexité des concertations nationales proposées par l’opposition, la conférence d’entente nationale, prévue dans l’accord de Bamako pourrait servir, entre autres, pour échanger sur ces éléments. Elle pourrait aussi avoir des ramifications régionales et communales.

            Processus inclusif de mise en œuvre

            Des ramifications régionales et communales du processus inclusif de mise en œuvre de l’accord doivent être créées.

            Vu que l’accord de Bamako doit être mis en œuvre aux niveaux national, régional et communal, la parallélisation doit être utilisée.

            Une organisation stricte dans chaque région doit être mise en œuvre avec des synchronisations régulières avec les autres niveaux.

            Pour les Maliens de la diaspora, des antennes pourront être créées dans des pays judicieusement choisis.

            Tous les Maliens doivent s’impliquer et participer à ce dialogue et à cette mise en œuvre

            Compte-tenu du problème de représentativité et d’inclusivité qui se posent sérieusement pour la composition des membres des autorités intérimaires aux niveaux régional et communal, il convient lors de la future conférence d’entente nationale, prévue dans l’accord, de désigner quelques représentants (exemple, deux pour une région et un pour une commune) pour compléter les autorités intérimaires de chaque collectivité territoriale du Mali.

            Pour améliorer la représentativité et l’inclusivité, cette conférence d’entente nationale doit avoir des ramifications dans TOUTES les régions du Mali.

            Il faut aussi penser à la représentation des Maliens de la diaspora.

            Lors de cette conférence d’entente nationale des représentants des forces vives (partis politiques, société civile, députés, …), du gouvernement, des collectivités territoriales, des communautés de base seront choisis pour intégrer les autorités intérimaires des collectivités territoriales.

            Ainsi, les autorités intérimaires mettront tous les Maliens d’accord, indépendamment des bords politiques, et renforceront l’inclusivité en intégrant des représentants, choisis par la conférence d’entente nationale, de la société civile, des anciens élus, de toutes les régions du Mali et ceux des mouvements armés.

            S’unir autour de la mise en œuvre et du suivi de l’accord de Bamako

            Comme le disent, certains internautes et les Maliens qui supportent l’accord de Bamako, nous sommes TOUS/TOUTES condamnés à mettre en œuvre l’accord de Bamako pour le bien-être des TOUS les Maliens.

            Engageons-nous (tous les acteurs), franchement, honnêtement et sans complaisance.

            Dr ANASSER AG RHISSA
            Expert TIC, Gouvernance et Sécurité
            Mail : [email protected]
            TEL (223) 95 58 48 97

Comments are closed.