Intégration des ex-combattants : L’accord a prévu des critères, mais la «frontière» entre certains mouvements et les groupes terroristes est toujours poreuse.

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Mali: le gouverneur de la nouvelle région de Taoudéni investi
Sidi Brahim Ould Sidatte de la CMA (gauche) et Moulaye Ahmed Ould Moulaye Rigani de la Plateforme (droite), dans les locaux de la Minusma à Tombouctou, lors de l’élaboration du document commun sur la région de Taoudéni. (photo archives à titre illusratif) © RFI/David Baché

Après l’adoption, le 31 mars dernier de la très controversée loi autorisant l’installation des Autorités intérimaires dans les localités du nord (en lieu et place des délégations spéciales) le gouvernement, donnant quasiment l’impression d’agir le couteau sous la gorge, vient de boucler au CICB quatre jours de concertations sur le processus de démobilisation, de désarmement et d’intégration des ex rebelles». Ce qui, certes, est une autre étape prévue par l’Accord d’Alger du 20 juin. Mais, au moment où le gouvernement a pris cette décision, une question taraude l’esprit de plus d’une personne : l’application de ces critères déjà accepter de toutes les parties, se fera-t-il sans anicroche ? Les mouvements armés vont-ils avoir la sagesse de se soumettre à ces critères définis avec la participation de tous les acteurs? Y aura t il entente sur ces critères que le gouvernement entend appliquer avec toute la rigueur requise pour distinguer les combattants éligibles à l’intégration (au sein des forces armées) et ceux qui ne le sont point? En effet, pour qu’un combattant soit éligible à l’intégration, il faut un certain nombre de conditions que le ministre de la Défense, Tiéman Hubert Coulibaly a rappelées.

Parmi ces critères, figure un sur lequel nous insistons principalement. Il s’agit de la preuve que X ou Y combattant appartient effectivement à une unité combattante d’un mouvement signataire de l’accord de paix. De prime à bord, ce critère n’exclurait que les combattants restés fidèles au chef terroriste Iyad Ag Ghaly, dont le mouvement, Ansar Dine et d’autres mouvements affidés comme celui de Kouffa, est toujours resté en marge du processus de signature de l’Accord. Mais, il faut faire extrêmement attention. Nous sommes là à une étape à la fois charnière et très risquée du processus. Car, il y a de gros risques que des éléments terroristes passent par les mailles du filet pour intégrer les rangs des forces armées et de sécurité, par le truchement du chef d’un groupe armé qui a eu, et qui continue d’entretenir des liens des étroits avec le terroriste en chef de l’Adrar. Le chef de ce mouvement (suivez mon regard) malgré qu’il ait signé l’Accord de paix, continue de défendre le leader d’Ansar Dine, en assurant au besoin ses arrières. Comme pour dire qu’il n’y a pas lieu à se précipiter, vu la délicatesse de la question. En tout cas, le succès de ce processus d’intégration dépendra très largement du sérieux que l’Etat mettra à organiser le cantonnement, le désarmement et l’intégration des ex combattants, en prenant notamment soins de séparer les bonnes graines, des mauvaises…

Papa Sow

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