L’Accord de paix vu sous le prisme du Genre : Redonner aux Maliennes la place qui leur revient par une relecture du texte

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Le centre Aoua Keita de Bamako a abrité, le vendredi 15 mai 2016, l’atelier de restitution et de validation de «l’Analyse de l’accord pour la paix et la réconciliation sous le prisme du genre» menée par les consultants Mamadou Sow et Mme Kane Nana Sanou, à l’initiative de l’Ambassade de Belgique dans notre pays et du Secrétariat permanent de la Politique National Genre (PNG).

La cérémonie d’ouverture était présidée par Mme Sangaré Oumou Ba, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, en présence de la représentante de l’Ambassade de Belgique au Mali, le Dr Myriam Bacquelaine, et du Secrétaire général du ministère, Attaher Maiga.

L’étude a permis de mener une analyse genre approfondie de l’Accord pour la paix et la réconciliation afin de proposer des réponses efficaces aux préoccupations et besoins liés aux intérêts stratégiques des hommes et des femmes pour sa mise en œuvre.

Elle a également identifié les domaines et thématiques concernant les femmes dans l’Accord, en vue de les soumettre au Comité de suivi de l’Accord (chapitre 13 / article 38 de l’Accord) pour identifier les stratégies appropriées pour la promotion de la participation de la femme dans la gestion du processus de paix, conformément aux trois piliers de base (prévention, participation, sécurité et reconstruction) de la Résolution 1325 des Nations Unies.

L’analyse de l’Accord révèle en effet un manque de prise en compte de la dimension Genre dans le contenu de l’Accord et que le processus qui a mené à sa signature de l’Accord a souffert d’un manque de représentation significative officielle des femmes durant les phases de négociation.

L’analyse du dispositif institutionnel de suivi de l’Accord montre que le Genre est insuffisamment inclus de manière lisible et que, malgré l’élan créé par les groupes de Femmes pour l’Accord, celles-ci restent absente de ses organes-clés.

Dr Myriam Bacquelaine a affirmé que la rencontre était l’aboutissement d’une initiative née au lendemain de la signature de l’Accord, car il a été constaté que ce texte ne donnait pas formellement aux femmes la place qui leur revenait, compte tenu des souffrances endurées pendant la crise et de leur capacité à contribuer à la paix et au développement du pays.

C’est pour ces raisons que la Belgique a proposé au ministère d’appuyer la relecture du texte de l’Accord  sous l’angle du genre.  Mme Myriam Bacquelaine a souhaité que les recommandations formulées soient prises en considération par les autorités institutionnelles compétentes, principalement le Comité de suivi de l’Accord.

Mme Sangaré Oumou Ba a jugé que l’étude s’intégrait parfaitement dans la ligne de la Politique Nationale Genre et de la Résolution 1325 des Nations Unies. «D’une manière générale, la situation des femmes, pendant les moments de crise et après, mérite qu’on y prête beaucoup d’attention.

Elles sont les premières victimes des conflits, dans la mesure où lorsque leurs époux et frères sont au front, elles doivent faire face aux bombardements ainsi qu’aux exactions et aux violences de natures diverses commises par des combattants et de personnes peu scrupuleuses.

C’est encore elles qui doivent assumer les responsabilités les plus contraignantes de la famille et, dans le pire des cas, gérer les problèmes des enfants nés de viols, source de graves traumatismes psychologiques » dira-t-elle.

D’où l’importance de cette étude dont, selon Mme la ministre, «les résultats devront avoir pour effet de favoriser, de faciliter et de renforcer l’intégration parfaite de la dimension genre dans tout le processus de sa mise en œuvre et de son suivi».

Pour Mme Sangaré Oumou Ba, «la femme malienne doit trouver sa place légitime dans le processus de gestion de la paix et de reconstruction», car «son statut a beaucoup évolué. Elle ne doit plus exclusivement être considérée comme une victime nécessitant assistance et protection, mais bien comme un agent actif, une citoyenne, un partenaire fiable et indispensable dans la recherche de solutions durables aux problèmes liés à la sécurité, à la paix et à la reconstruction nationale».

Mme la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille conclura son allocution en remerciant la Belgique pour sa contribution à la réalisation de cette étude. Rappelons que celle-ci s’est déroulée dans un contexte où les initiatives des  femmes et de leurs organisations pour participer effectivement à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger se multiplient.

Ramata Diaouré

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