Mouvement Vert-Jaune-Rouge : Lettre ouverte à son Excellence, Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, Président de la République

20 Jan 2016 - 00:31
Mis à jour: 11 ans
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Mouvement Vert-Jaune-Rouge : Lettre ouverte à son Excellence, Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, Président de la République
Lettre ouverte sur la situation sociopolitique et sécuritaire du Mali
Monsieur le Président,  Au Mali, le phénomène des enfants de la rue est une bombe à retardement. Ils sont pour la plupart nés de mère et de père maliens. Ils sont des enfants maliens. Mais pas comme les autres, car :
  • Ils se couchent et se réveillent dans la rue
  • Ils petit-déjeunent, déjeunent et dînent dans le rue.
  • Leurs écoles, c’est la rue.
  • Leurs mosquées ou églises, c’est la rue
  • Leurs centres de loisirs, c’est la rue
  • Ils n’ont pas d’autres repères que la rue.
On les appelle communément les enfants de la rue comme si la rue pouvait faire des enfants. Monsieur  le Président, Pour vous rendre compte de la gravité du phénomène, il vous suffit d’arpenter, la nuit tombée, les principales artères de Bamako et des grandes villes du pays. Nous sommes aujourd’hui convaincus que le glissement du fléau des enfants de la rue à celui de familles entières dans la rue, est en passe de devenir une réalité. Oui, au Mali, aujourd’hui, il y a des familles dans la rue. Il existe plusieurs catégories d’enfants mendiants identifiés :
  • Enfants talibés
  • Enfants jumeaux (loués)
  • Enfants en rupture avec la famille
  • Enfants (loués) guides de personnes handicapées mendiantes
  • Enfants qui vivent dans la rue
  La constitution adoptée en 1992 proclame dans son préambule la détermination du peuple malien «à défendre les droits de la femme et de l’enfant». Le Mali a coprésidé le sommet mondial sur les enfants en 1990 et a été l’un des premiers pays à avoir ratifié la convention relative aux droits de l’enfant. Il a également ratifié les principaux instruments internationaux, comme ceux de l’Organisation internationale du travail. Au regard de tout cela, le respect des droits de l’enfant doit être une priorité politique affichée au Mali, où la moitié de la population a moins de 18 ans. Monsieur le Président,  Quand on ajoute au fléau des enfants de la rue ou des enfants dans la rue, celui des enfants mendiants, vous convenez avec nous, au regard de leur nombre de plus en plus croissant, que le Mali est assis sur une bombe à retardement. Constituant déjà le vivier du banditisme récurrent, il n’y a aucun doute, avec la conjoncture actuelle, si rien n’est urgemment fait pour prendre en charge leur éducation ou formation, en vue de leur intégration socio-économique, il faut craindre dans les mois à venir, que des esprits malveillants ne les transforment en bombes humaines, prêtes à exploser à tout vent et en tout lieu. Monsieur le Président,  Nous sommes au regret de dire que les enfants de la rue ou les enfants dans la rue et les enfants mendiants sont aujourd’hui des proies faciles pour les terroristes. Sans formation, sans instruction et sans éducation, donc avec un avenir incertain, pour ne pas dire livrés à eux-mêmes dans un pays où même les diplômés ne sont pas à l’abri du désœuvrement face à l’absence d’emplois, les enfants de la rue et les enfants mendiants doivent être au centre des priorités d’initiatives de solidarité nationales. Monsieur  le Président, L’Etat du Mali n’a pas le choix. Le moment est arrivé pour que l’Etat s’occupe urgemment des enfants de la rue et des enfants mendiants pour préserver l’ordre public. Nous ne voulons pas être des oiseaux de mauvais augure. Mais, à défaut, nous vous garantissons que les enfants de la rue vont s’occuper de l’Etat et de la République pour perturber de façon durable l’ordre public. Monsieur le Président, Nous sommes au regret de constater que l’Etat malien, face au fléau des enfants de la rue, a décidé de faire la politique de l’Autriche. L’Etat et ses partenaires techniques et financiers, sans oublier les organisations de la société civile malienne, ont décidé de se voiler la face. De faire comme si de rien n’était. Malgré l’ampleur du phénomène, aucune politique publique conséquente n’est mise en place pour juguler le phénomène. Et, comme cela est devenu une habitude malienne, quelques centres d’écoute à l’allure de nid de  pègres, ont été ouverts pour se faire bonne conscience. Or, le fléau est tellement sérieux qu’il mérite d’être pris à bras le corps. Aucune fuite en avant  ne pourra préserver notre pays de l’effet boomerang de l’absence d’une politique adéquate de prise en charge des enfants de la rue. Monsieur le Président, Le Mali n’a pas le choix. L’Etat doit s’assumer. L’Etat doit faire en sorte que le dispositif constitutionnel qui voudrait que «tous les Maliens naissent égaux en droit et en devoir» soit une réalité pour tous. Des politiques conséquentes doivent être mises en place par l’Etat pour suppléer la défaillance de parents peu respectueux de leurs responsabilités. Monsieur le Président, Faites urgemment quelque chose pour que le Mali, notre patrie, ne devienne une terre de production et d’exportation de terroristes, à cause de l’ampleur gravissime du phénomène des enfants de la rue. Bamako, le 5 janvier 2016 Yagaré Baba DIAKITE Président du Mouvement  Vert-Jaune-Rouge

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Commentaires (40)

User
LA TORPILLE
LA TORPILLE 11 ans
Ils petit-déjeunent, déjeunent et dînent dans le rue. 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O la politique de l’Autriche 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O Je crois qu'on devrait envisager l'entrée de ce monsieur à l'académie française car c'est un véritable "créeur" 8) 8) :idea: :idea: qui doit petit-dejeuner avec un peu de viande "d'autriche" :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
L'OEIL DE BAMAKO
L'OEIL DE BAMAKO 11 ans
Le problème des enfants "dans la rue" engage la responsabilité des parents mais du fait que ce phénomène constitue un danger pour notre société en termes de délinquance juvénile, de vente et de consommation de drogues et autres tares qui renvoient à l'insécurité; il faut que le ministère de la famille et des affaires sociales puisse entreprendre des actions pour que ces enfants puissent être retirés de la rue pour être éduqué et encadrer afin de maintenir la quiétude de notre société.
KISSINGER
KISSINGER 11 ans
On les appelle communément les enfants de la rue comme si la rue pouvait faire des enfants. 8) 8) 8) 8) En tant qu'association on peut bien demander des actions de la part de nos gouvernants sans pour autant rejeter la faute sur eux car ils ne sont pas responsables de cette situation. En tant que parents nous avons failli à notre mission d'éducateurs et nous devons aussi nous assumer. Des irresponsables ne vont pas faire des enfants, les laisser livrer à eux mêmes et on va acculer l'état de les prendre en charge.
SERGESS L'INCORRUPTIBLE
SERGESS L'INCORRUPTIBLE 11 ans
Enfants talibés, Enfants jumeaux (loués) Enfants en rupture avec la famille Enfants (loués) guides de personnes handicapées mendiantes= Enfants qui vivent dans la rue :oops: :oops: :oops: :oops: :oops: Les enfants talibés sont pour la plupart des enfants remis par leurs parents à des maitres coraniques pour apprendre le Coran mais exploiter à d'autres fins: irresponsabilité parentale! Enfants jumeaux loués: ça c'est le comble; des parents qui se permettent de louer des enfants pour servir des fonds de commerce là aussi c'est le ministre des affaires sociales qui est a surement ordonné cela: irresponsabilité parentale. :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: Tous ces enfants exploités d'une façon ou d'une autre sont victimes de l'irresponsabilité de leurs parents car tout le monde a des problèmes mais si pour cela tout le monde devrait louer ses enfants; on n'en finirait pas. :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll: :roll:
LE REALISTE
LE REALISTE 11 ans
L’Etat doit s’assumer. L’Etat doit faire en sorte que le dispositif constitutionnel qui voudrait que «tous les Maliens naissent égaux en droit et en devoir» soit une réalité pour tous. 8) 8) 8) 8) 8) 8) 8) 8) 8) L'état s'est toujours assumé mais quand des parents IRRESPONSABLES laissent leurs enfants faire du n'importe quoi? Ça aussi c'est la faute à l'état? Avant d'accuser l'état; il faut que nous nous mettions aussi en cause car si c'est enfants se retrouvent dans la rue c'est parce que la base a été ratée et cette base c'est la cellule familiale. Soyons un peu réaliste au lieu de rejeter la faute sur l'état encadrons bien nos enfants.
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