Cheick Tandina prend sa retraite existentielle

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«Bienvenue dans les couloirs de la mort !». Beaucoup d’entre nous au  journal Le Prétoire se souviendra pendant longtemps de cette phrase lapidaire que notre regretté Rédacteur en Chef lançait, avec une dose d’humour qui le caractérisait, en nous accueillant dans les couloirs du département ‘’Pneumo’’ de l’Hôpital du point G. Nous étions le 24 décembre 2015. Personne d’entre nous n’avait pourtant douté ce jour que Cheick Tandina, il s’agit de lui, prédisait, peut être de façon inconsciente, qu’il s’apprêtait à déposer définitivement la plume. Mais, seulement  voilà ! En ce jour saint de vendredi 22 janvier 2016, soit près d’un mois plus tard, la grande faucheuse l’arracha à notre affection, celle de ses parents et de ses amis. Sa dernière lutte, «Chef Tandine» (comme certains de ses collègues l’appelaient affectueusement) l’a perdue contre la maladie, contre laquelle il s’est battu de façon acharnée des mois durant. La mort est certes un phénomène ordinaire, mais quand elle concerne des personnages comme Cheick Tandina, il y a de quoi s’attrister. Cette disparition est d’autant plus une grande perte pour la rédaction du journal Le Prétoire et pour l’ensemble de la presse malienne que Cheick Tandina, du haut de ses 52 ans, fut à la fois notre collègue, notre aîné, notre repère et un fidèle compagnon pour certains d’entre nous. C’est ainsi dire qu’autant son décès  laisse un sentiment d’amertume dans nos esprits, autant il restera à jamais gravée dans nos cœurs.  Car, c’est après un parcours professionnel riche à tout point de vue que M. Tandina retourne à la terre de ses aïeux. Cette carrière unanimement appréciée et admirée, le défunt l’a construite au fil d’un long trajet qui l’a conduit du journal Le Républicain à Le Prétoire, en passant par le Quotidien de Bamako, L’Aube et j’en oublie volontiers. Toutes ces rédactions, il les a marquées de ses empruntes, tant il a toujours fait preuve de compétence, de rigueur, de professionnalisme, mais surtout d’humanisme. Derrière son tempérament très doux, se cachait en effet un humour insoupçonné qui lui conférait un commerce très agréable.

D’une plume fortement trempée dans les règles de l’éthique et de la déontologie qui sied au métier du journalisme et de par sa grande inspiration, Cheick Tandina faisait la fierté de la presse malienne. Beaucoup de ses lecteurs se souviendront certainement encore pendant longtemps de ses nombreuses rubriques qu’il animait avec conviction et passion. Maniant la langue de Molière à souhait, Chef Tandine avait pris l’habitude de dépeindre l’actualité nationale à travers des éditos et autres chroniques, tels que «A la loupe»,  «Info ou Intox», «Rétrospection» et surtout son irrésistible «Coup de griffe». Autant dire que le regretté confrère laisse un lourd héritable à la jeune génération de journalistes maliens pour qui, il restera à jamais une source d’inspiration.

A présent, l’heure est au recueillement. A son infatigable épouse, Kadidia, à ses deux enfants, à ses parents et amis, le personnel du groupe Edima-Prétoire Sarl et l’ensemble de la presse malienne expriment leur profonde tristesse et leur solidarité dans cette épreuve qu’ils traversent. Cette fois-ci, Chef, ce n’est pas une ‘’connerie’’, comme il aimait lui-même le dire pour ainsi nous rappeler à l’ordre, nous autres ‘’scribouillards’’.

Qu’Allah t’accorde son infinie Miséricorde et son éternel Paradis et qu’il nous montre la voie de la paix et de la sérénité !

Dors en paix !

La rédaction du journal «Le Prétoire»

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