La chasse policière aux vignettes factices

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Par-delà les services fiscaux de l’Etat et des collectivités, les effets du Coronavirus font rage dans l’existence quotidienne certaines catégories socioprofessionnelles. Il s’agit notamment de la police routière, qui est habituée à vivre plus de ce créneau que de ses rétributions régulières. En effet, avec la renonciation aux vignettes de l’exercice en cours pour les engins à deux roues, les agents n’ont visiblement d’autre choix que de rançonner les usagers les moins avertis. On aura remarqué que les contrôles ne sont plus diurnes et s’opèrent nuitamment, sans doute pour se mettre à l’abri des bruyantes indiscrétions. Les usages nocturnes de la route font ainsi plus les frais des tracasseries policières spontanées qui ont tout l’air de rackets en règle, consistant à immobiliser les moins avertis pour défaut de vignettes 2020. Elle n’est pourtant facultatives, et pour cause : les autorités du district en avaient suspendu le paiement avant la date butoir pour cause de Coronavirus et les attroupements que le paiement suscite. Il n’en demeure pas moins que les rançonneurs ne sont jamais à court d’arguments leur permettant de récupérer partie des gains que leur enlève la mesure dérogatoire. Il arrive même que l’usager soit interpellé sur les raisons pour lesquelles il ne s’est pas procuré la vignette de l’année en cours avant l’échéance. Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de rage, un adage qui prospère avec le sentiment de terreur créé par l’avènement d’un pouvoir militaire.

Entre responsabilités politique et militaire

Les victimes des manifestations anti-IBK ne sont pas aussi reléguées aux oubliés qu’on se l’imagine. Par-delà la prière collective organisée par l’imam Mahmoud Dicko en leur mémoire, elles ont mérité d’autres égards lors des concertations nationales. Des voix se sont élevées, en effet, pour réclamer que toute la lumière soit faite sur les circonstances dans lesquelles se sont déroulées les tueries de juillet consécutives à la désobéissance civile. Il était question, en clair, d’introduire le sujet dans la feuille de la transition, mais la suggestion n’a pas manqué de rencontrer une vive réaction de la part des participants militaires aux concertations. Il nous revient de source bien introduite que les représentants de la junte ont balayé d’un revers de la main toute velléité investigatrices sur lesdits événements tragiques en concédant, toutefois, que ne soient retenues que les seules responsabilités politiques y afférentes. De quoi laisser subodorer une crainte en rapport avec des bévues sécuritaires.

Les effets du coup d’Etat commencent par Gao 

En plus de l’insécurité et des affrontements intercommunautaires, la Cité des Askia est frappée de plein fouet par une cherté de la vie. D’abord imputable à l’affluence démographique due à l’exploitation aurifère porteuse d’inflation, le phénomène s’est dangereusement aggravé avec l’embargo que la Cedeao a infligé au pays, en réponse au coup d’Etat militaire du 18 Août dernier. Mais pas seulement. Aux incidences des sanctions sous-régionales sur l’approvisionnement de la 7 ème région s’ajoute une économie régionale qui subit de plein fouet les effets de la suspension de nombreux projets par les partenaires occidentaux, lesquels assurent la plupart des services sociaux de base et soutiennent l’essentiel des activités génératrices de revenus. A une cherté de la vie induite aux distorsions de l’offre se greffe ainsi une consommation régionale fortement affectée par une baisse drastique du pouvoir d’achat causée par la cessation des activités de plus en plus insupportable. A un point tel qu’à la misère de la capitale pourrait en rajouter une forte vague de déplacés de Gao vers Bamako si les effets du coup d’Etat se prolongeaient.

La mesure peu responsable des colonels putschistes 

Les tombeurs d’IBK n’ont cessé d’exceller dans l’art d’attirer la vindicte populaire au régime déchu. Un intrigant épisode de cette posture aura retenu les attentions, la semaine dernière, avec le rappel par les hommes forts de Kati de toutes les automobiles détenues par les parlementaires et les ministres. Il n’en fallait pas plus pour que leurs détenteurs se bousculent au portillon de la restitution des biens publics, avec un engouement à rappeler «le bûcher des vanités». La démarche n’aura pour autant pas épargné aux responsables concernés des jets de pierres de la part de ceux qu’on a voulu monter contre eux. En atteste la charge d’opprobre de dramatisation ayant inondé les réseaux sociaux sur le nombre de véhicules rendus par certaines personnalités. La demie dizaine pour certains, la dizaine pour d’autres; de quoi révéler l’ampleur de la frustration qui anime certains Maliens contre leurs concitoyens. Seulement voilà : l’opération haineuse de la junte n’est digne de reproches. Et pour cause, les véhicules ciblés ont été rendus et réceptionnés sans aucune précaution ni regard sur leur état alors que leurs utilisateurs ont pu remettre des carcasses à la place de bagnoles toutes neuves, notamment par subtilisations de pièces détachées ou de moteurs entiers, etc. Décidément, la restauration de la gouvernance n’est pas une mince affaire.

 

Quand la terreur change de camp à Koro 

Naguère sous contrôle des milices locales jusque dans l’expression des suffrages, le Cercle de Koro, selon nos sources, a définitivement quitté le joug de Dan Nan Ambassagou pour la bannière de leurs adversaires djihadistes. C’est la conséquence, selon nos sources, d’une perte considérable de terrain par la milice dogonne au profit des islamistes, qui font actuellement main-basse sur la quasi-totalité des contrées de la zone. Nos sources affirment, en tout cas, que la milice qui faisant sa loi – en polarisant les présomptions de massacres ethniques – a disparu sans laisser de traces. Les récentes dénonciations des experts de l’ONU sont-elles passées par là ? Il nous revient, en tout cas, que le vide laissé par le retrait de Youssouf Toloba et consorts a été vite comblé par leurs adversaires à coups de pactes passés avec les différentes communautés pour leur permettre de mener leurs activités socio-économiques sans entraves. Et l’avènement du nouveau pouvoir, conviennent les observateurs, se caractérise par une nette diminution de phénomènes néfastes tels les vols et extorsions de bétail, les attaques et incendies de villages, les obstacles aux activités champêtres, etc.

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