Coup de sang à la police : L’arme de la grève brandie

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Les syndicats dénoncent les conditions de travail déplorables et les lenteurs observées dans la satisfaction de leurs revendications.

Les policiers en ont marre et le font savoir. Pour se faire entendre ils vont user  d’actions classiques comme le sit-in et la grève. Une dernière sommation en sorte lancée au gouvernement au cours d’une assemblée générale convoquée la semaine dernière au Groupement mobile de sécurité (GMS). Les syndicats ont regretté le mépris et l’immobilisme des autorités qui n’ont visiblement pas entendu les cris de colère des policiers.

Rien n’a changé depuis la signature le 27 octobre dernier des accords tripartites – l’administration, le département de la sécurité et la Synergie des syndicats de la police regroupant une dizaine d’organisations. Les lenteurs observées dans la mise en application de ces accords font douter son porte-parole Josué Kamaté de bonne foi du gouvernement et de l’administration qui tardent à faire exécuter les décisions de justice devant consacrer la fin de la persistance des injustices criardes qui frappent les policiers prématurément admis à la retraite. La confirmation est venue d’une décision de la section administrative Cour suprême. Depuis aucun des agents affectés n’a été rappelé en activité.

En outre, un silence assourdissant pèse sur les engagements pris et consignés dans le procès verbal de conciliation portant notamment sur la relecture du décret n° 351 en lien avec les primes et  les allocations des agents de la police. Classée sans suite également la demande des syndicats relative à la mise en place d’une commission technique devant faire des propositions concrètes, ce qui  fait hurler d’incompréhension Josué Kamaté. « On ne peut pas s’asseoir, discuter au nom du ministre, engager l’administration et refuser de s’exécuter»

Per diem carottés

 De vives protestations sont soulevées contre « le détournement de per diem et le non-paiement de la prime covid » accompagnées d’une salve d’améliorations du cadre de travail, notamment le réaménagement de la cour du Groupement mobile de sécurité, la réfection des salles de repos et de garde. De nouvelles doléances qui viendront orner la table du gouvernement. Doléances et récriminations vont de pair. Un doigt accusateur est pointé sur la hiérarchie qui brille par sa promptitude à envoyer en mission des effectifs démesurément gonflés ou plutôt «  d’effectifs fictifs ».

Autres griefs mis en lumière : les négociations entre l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM, principale centrale syndicale) et le gouvernement ont abouti à un classement de fait dans la catégorie A de la fonction publique des détenteurs d’une licence. En dépit de ces acquis, les officiers de police recrutés avec la licence sont toujours maintenus dans la catégorie B2.

Les syndicats de la police se font forts menaçants. En cas de non satisfaction des doléances exprimées, les syndicats envisagent sérieusement d’observer une grève de 48 h. Un préavis dans ce sens pourrait être déposé dans les semaines à venir.

 Georges François Traoré 

 

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