Choguel fait le bilan de la démocratie au Mali: «Avant 91 aucun journaliste n’avait été emprisonné… maintenant, il y a même des journalistes qui disparaissent»

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Invité dans l’émission hebdomadaire «Débat Poilitik» sur Africable Télévision, du 22 septembre dernier, Dr Choguel Kokala Maïga a dressé un bilan peu élogieux de l’ère démocratique dans notre pays. Le président du MPR était accompagné sur le plateau par Oumar Mariko du SADI et Mountaga Tall du CNID.

Maliweb.net Tout de blanc vêtus, en boubou, les trois débateurs ont fait l’autopsie de notre pays sur les 50 dernières années autour du thème : «Mali: De Moussa Traoré à l’ère démocratique». Interrogé sur le mieux-vivre des Maliens avant et maintenant Choguel Kokala Maïga, président Mouvement Patriotique pour le Renouveau (MPR) et héritier du régime Moussa Traoré, se défend. «Pour mieux juger un homme politique, il faut se situer dans le contexte de son pouvoir. On ne juge pas les régimes en fonction de leurs choix politiques parce qu’en fin de compte, c’est le résultat qui compte», enseigne le président du MPR.

Parlant de l’avènement du régime Moussa Traoré, Choguel estime que personne ne peut douter du patriotisme des pères de l’indépendance mais leur modèle d’économie sociale ne pouvait plus marcher et n’a d’ailleurs marché nulle part dans le monde, en URSS ou au Vietnam. Sur les libertés démocratiques au Mali, Choguel Kokala Maïga affirme qu’elles ne sont pas mieux aujourd’hui que sous Moussa Traoré. La preuve dit-il: «avant 91, aucun journaliste n’avait été emprisonné au Mali. J’ai vu des éditorialistes prédire le sort de Moussa, celui d’un fusillé, il y en a qui ont traité les gouverneurs d’ «escroc», ils n’ont pas été inquiétés mais après 91, Sambi Touré était en prison et beaucoup d’autres, maintenant, il y a même des journalistes qui disparaissent».

«Le cancer est parti de là, nous ne faisons que vivre la phase de métastase aujourd’hui»

«Ne confondons pas les libertés démocratiques à la démocratie», tranche Oumar Mariko, l’air soulagé d’avoir enfin la parole. «Les libertés d’opinion et d’expression ne sont pas la démocratie, la démocratie va au-delà de tout ça», explique le président du parti de la Solidarité africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI) et fondateur l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), le mouvement estudiantin à l’origine de la chute du régime de Moussa Traoré. Citant son propre emprisonnement et l’assassinat du «camarade Cabral», Mariko pointe du doigt les dérives sanguinaires du pouvoir dictatorial de Moussa Traoré.

Aussi, Mariko bat en brèche le justificatif de l’avènement du régime Moussa Traoré par l’idéal d’une économie libérale plus adaptée pour l’époque. Aux dires d’Oumar Mariko, l’abandon de l’école, de la santé, de la privatisation des sociétés nationales, la gabegie financière de l’Etat…, en un mot le germe des maux qui minent le Mali actuel a été semé par le régime Moussa Traoré entre 1973 et 1980. Et, ce constat, indique Oumar Mariko, vient du Colonel Youssouf Traoré, jadis, un des pionniers du régime Moussa. «Le cancer est parti de là, nous ne faisons que vivre la phase de métastase aujourd’hui», conclut Oumar Mariko, dans un tonnerre d’applaudissements des spectateurs.

«Ces prétendus démocrates ont cassé l’outil de défense nationale qui a existé sous le régime combattu»

«Sous Moussa Traoré, pour aller à l’étranger, il fallait un visa de sortie; pour avoir une promotion, il fallait un certificat de militantisme. Il y avait un régime qui avait ses tares et ses points forts», assure Mountaga Tall, beaucoup plus modéré que son prédécesseur. Le président du Congrès national d’initiative démocratique (CNID) et membre du Mouvement démocratique semble ne plus se reconnaître dans cette démocratie pour laquelle, il s’est battu. «Nous nous sommes battus pour un idéal, ceux à qui nous avons confié le pouvoir se sont comporté de façon contraire à toutes les règles de démocratie», s’indigne Mountaga Tall. Le Mouvement démocratique a dirigé le pays du 26 mars 1991 au 08 juin 1992, depuis c’est l’Adema qui dirige le Mali avec des visages différents. «Ces prétendus démocrates ont cassé l’outil de défense nationale qui a existé sous le régime combattu», regrette Tall.

Le débat s’est bien déroulé dans l’ensemble et Mariko a même eu droit à des compliments de la part de Choguel pour la «constance dans ses idées», une qualité rare, selon Choguel, chez l’homme politique malien. Malheureusement, on aurait voulu voir sur ce plateau un représentant de l’Adema. Informé tardivement, le parti n’a pu être représenté tout comme Daba Diawara, mais pour des raisons de santé.

Mamadou TOGOLA/Maliweb.net

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14 COMMENTAIRES

  1. La plupart des hommes politiques maliens sont des imposteurs. Lorsqu’ils sont conviés au banquet du monarque républicain, ils deviennent des courtisans de la pire espèce. Ils se mordent la langue en savourant les délices du pouvoir. Ils défendent bec et ongles le garde-manger du roi-président. Toutefois, lorsqu’ils sont chassés comme des malpropres, ils se transforment en chiens enragés, en fous furieux, criant famine sur tous les toits. Ils retrouvent leurs facultés de nuisance d opposants qui ne seront des hommes d’États.
    Leur incohérence maladive s’explique par leur larbinisme congénital. Ils n’ont point d’ancrage idéologique. Ces saltimbanques sont plutôt des situationnels….en politique.

  2. Je suis d’accord à 100% avec Oumar Mariko. Le germe des maux qui minent le Mali actuel a été semé par le par Moussa Traoré.

  3. Sous Moussa Traoré, il n’y avait pas de liberté d’expression. Les quelques braves qui s’y sont essayés étaient imprimés et lus en clandestinité. Nous n’avons pas la mémoire courte

  4. Sous la dictature les journalistes savent que s’exprimer est mortel, ce Choguel est un malin et nous fait rire; nous on etait là on lisait les journaux sous les manteaux.Un avis different te menait en prison

  5. Le regime de Moussa était le plus nul MAIS MAIS sur ce point Choguel a raison Birama Toure a disparu ca fait presque 3 ans maintenant

  6. Ce qui reste certain, l’ère démocratique a instauré beaucoup de très mauvais comportements qui ont totalement détruit les fondements même de la société malienne. Pour rebâtir notre société d’avant la démocratie, il faut beaucoup de tacts, d’intelligence et de ressources, avec ça il devient impossible de retourner à nos fondamentaux d’antan. Nous sommes dans une situation irréversible quant à nos valeurs et comportements sociétaux. Qu’Allah protège ce pays des comportements de ses mauvais fils et filles.

  7. ridicule comme accusation, la liberte de la presse n a jamais ete aussi bien garanti que sous IBK au mali, suffit de lire le dernier rapport

    • Qui a tue le journaliste Toure a Bamako? Qui a tue la petite fille albinos Diarra a Fanah? La presse libre que des chimeres et des aneries! Boua ka bla!

      • Il faut cesser de faire des accusations graves sans aucune preuve!

  8. Sur les libertés démocratiques au Mali, on peut clairement affirmer qu’elles sont mieux aujourd’hui que sous Moussa Traoré. La preuve avec le nombre de journaliste independant aurjoudhui au mali

    • C’est lie’ aux nouvelles technologieS qui n’existait au Mali au temps de GMT.

  9. personne ne peut douter du patriotisme des pères de l’indépendance et d IBK… c est une chose qu on ne peut nier.. a moins d etre fou ?

    • Il y a des gens qui haissent IBK plus qu’ils n’aiment le Mali, d’ou’ le probleme!
      kinguiranke’ , MOGO CHI MA ITOGO FO!!!!!!

  10. «Nous nous sommes battus pour un idéal, ceux à qui nous avons confié le pouvoir C», s’indigne Mountaga Tall. Comment peut-on être aussi cynique et faux? Me Tall parle de qui en parlant de “ceux à qui ils ont confié le pouvoir”?
    C’est toujours comme ça avec ceux qui veulent fuir leur responsabilité au Mali; toujours à accuser le monde entier de l’échec, leur échec mais jamais leur propre incompétence. Il a fallu qu’il soit éjecté comme un impur du cercle des dirigeants du pays pour qu’il se souvienne que des gens qu’ils ont soi-disant portés au pouvoir se sont comporté de façon contraire à toutes les règles de démocratie.

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