Afri’actu : Encore des intrigues tchadiennes !

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« Je crois que pour tourner la page définitivement, il faut donner l’occasion de pardonner à tout le monde. Quelles que soient les motivations qui les ont amenés (à prendre les armes), il faudrait que les nouvelles autorités acceptent de dialoguer avec tout le monde. La carence de la démocratie conduit à l’injustice qui conduit à la rébellion armée. C’est ça que les nouvelles autorités doivent appréhender et donner la chance à tous les fils du Tchad. ».

Ces propos  de réconciliation   sont  tenus par  l’opposant tchadien, Yaya Dillo, dont la résidence  fut détruite par l’assaut d’un commando à la solde  de feu Maréchal Idriss Déby Itno. Un assaut  qui aura non seulement tué sa mère mais aussi,  un de ses fils. Mais, quelques jours seulement  après la soudaine disparition de l’Homme fort du Tchad et la prise du pouvoir par des militaires proches de sa famille, n’est-il pas soupçonneux de voir réapparaitre cet ancien fugitif  (vivement recherché  par les autorités judiciaires) sur la scène politique tchadienne, et estimer  que son devoir est  désormais d’appeler au pardon et à la réconciliation de la famille et du pays pour préserver le Tchad du chaos ? Mais n’est-ce pas encore plus intrigant lorsque Yaya Dillo  s’invite à dénoncer la théorie très partagée sur les réseaux sociaux d’une vengeance familiale qui aurait causé la mort d’Idriss Déby, affirmant que l’ancien président est bien mort au combat, et que toute autre version est une « fausse information » ?

Les guerres civiles sont  interminables au Tchad. La pérennité de  ces conflits tchadiens repose  sur des protagonistes internes dont  les alliés respectifs entendent tirer  profit de l’issue du drame. S’y ajoute  une  gestion privative du pouvoir  dont  la violence est l’unique moyen de la conquête avec le soutien de  puissances étrangères impliquées dans le conflit : la France et la Lybie. D’où l’existence de nombreuses intrigues politiques  au Tchad. C’est pourquoi,  lorsque l’ancien candidat, empêché d’aller à la présidentielle, espère un véritable dialogue inclusif, y compris avec les rebelles, Il y a de quoi suspecter un jeu politique  imposé  par une puissance extérieure : la France.

De toute façon, l’éditorialiste et analyste politique de RFI, Jean Baptise Placca, est de ceux qui estiment qu’il n’y a qu’une alternative pour les nouvelles autorités tchadiennes : vaincre ou négocier. Sans quoi, un jour ou l’autre, elles devront se résoudre à négocier avec tous les Tchadiens, les rebelles y compris. Et le plus tôt serait le mieux.

Gaoussou Madani Traoré

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