Autrement dit : Pour les enfants, la télé, c’est du divertissement !

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Des cours à la télévision nationale ! Il ne manquait plus que ça. C’est, en tout cas, tout ce que le ministre de l’Education a trouvé pour combler le vide occasionné par la fermeture des classes consécutive à un sérieux retard dans l’exécution des programmes des enseignants.

Les « historiques premiers cours télévisés» dans notre pays ont commencé, avant-hier, mardi, légèrement en retard, sur les antennes de ORTM1, et on voyait un homme (présenté comme enseignant en français) expliquer, à distance, ce qu’est une lettre administrative, comment on l’écrit, etc.

Avant-hier mardi, nous imaginons, chez tous ceux qui, comme nous (auto-confinement et curiosité obligent) ont suivi ce premier cours, l’inquiétude, la déception et le désespoir.

L’inquiétude, car tout ce qu’on apercevait, à travers l’homme qui était à la télé, c’était l’image d’un ministère ou, même, d’un ministre, totalement en manque d’initiative, n’ayant aucune solution aux problèmes actuels dans le système éducatif, aucune alternative aux difficultés qu’ont les parents à occuper et éduquer leur progéniture, avec la fermeture des classes ; un ministre qui, avec la complicité de certains zélés, a sauté sur la première solution venue de l’extérieur.

Il a juste vu des pays développés procéder ainsi et s’est dit : pourquoi pas nous ? Sauf qu’il a superbement oublié un certain nombre de choses. D’abord, tous les élèves du Mali ne disposent pas de téléviseur chez eux, un grand nombre n’a même pas le privilège d’avoir de l’électricité à la maison et cela, même, à Bamako. Comment, eux, feront-ils ?

Aussi, ce système est quasiment nul dans un pays comme le nôtre, car, manquant, totalement, d’interactivité entre l’apprenant (qui a la chance d’avoir l’électricité et la télé chez lui) et le maître sur le petit écran. Aussi, sur l’élément qui est passé sur les antennes de la télévision nationale, un intervenant nous a parlé de plateforme, d’internet… Combien de familles disposent de la connexion internet chez elles dans notre pays et quelle est la qualité de cette connexion, si elle existait ?

Tout ça n’était donc que déception et désespoir. Déception de voir, encore une fois, notre pays, à travers le ministère de l’Education, incapable d’offrir à une couche importante de sa population, un de ses droits les plus élémentaires : l’éducation. Et, désespoir, quant à la situation actuelle qui pourrait affecter considérablement le système éducatif, déjà moribond, de notre pays.

Ce qu’il faut faire, c’est permettre à chaque école d’organiser «ses» périodes, en concertation avec les parents d’élèves et les enseignants. Sinon, la télévision, tout le monde la regarde assez déjà !

 Makan Koné

 

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3 COMMENTAIRES

  1. EN FAIT CES GENS VIVENT SUR UNE AUTRE PLANÈTE.

    VOYEZ CE QU’IL SE PASSE POUR LA LECTURE DU COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES PAR IBRAHIMA DIOMBELE A LA TÉLÉ A L’ORTM.

    PARCE QU’UN SEUL INDIVIDU A ESTIME QUE LA LECTURE DE CERTAINES PARTIES DU COMMUNIQUE PEUT ETRE FASTIDIEUSE OU QUE L’ATTENTE OU LA LECTURE DES MESURES INDIVIDUELLES PEUT DÉTOURNER (A JUSTE RAISON D’AILLEURS) L’ATTENTION DES TÉLÉSPECTATEURS, CE MONSIEUR RENVOIE TOUS LES MALIENS AU SITE INTERNET DU SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DU GOUVERNEMENT.

    VOUS VOUS RENDEZ COMPTE DE L’ABERRATION DE CETTE MESURE ARBITRAIRE QUI PRIVE LES MALIENS DU DROIT FONDAMENTAL A L’INFORMATION.

    N’ONT – ILS PAS UNE IDÉE DU TAUX DE COUVERTURE DU PAYS EN TÉLÉPHONIE, EN RÉSEAU INTERNET 3G MINIMUM POUR ALLER SUR INTERNET.

    NE SAVENT-ILS PAS QUE MÊME EN FRANCE, UN TIERS DES FRANÇAIS NE POSSÈDENT PAS DE SMARTPHONE. CECI N’EST PAS UN SECRET PUISQUE LA FRANCE A ÉTÉ CONFRONTÉE A CETTE SITUATION QUAND IL A FALLU BASCULER LES AUTORISATIONS DE SORTIE SUR PAPIER (TOUT LE MONDE N’AYANT PAS D’IMPRIMANTE A LA MAISON) PAR UNE APPLICATION SUR LE TÉLÉPHONE.

    A MOINS QUE CES MESSIEURS AU MALI NE PENSENT QUE N’IMPORTE QUEL TÉLÉPHONE PEUT ACCÉDER A INTERNET.

    CE MIMÉTISME AVEUGLE A TOUS LES NIVEAUX VA CAUSER LA PERTE DE NOTRE BIEN COMMUN, LE MALI.

  2. En plus d’éduquer nos enfants dans des langues ( français, anglais, arabe,..) qu’ils ne comprennent pas, nous voulons calquer ce qui relève de l’impossible chez nous. Si toutefois les conditions étaient réunies pour l’apprentissage par distance, les enfants pourront comprendre les cours dans leurs langues maternelles mais pas dans une langue étrangère. 💡 S’il était possible de dispenser des cours par le canal de la télévision pourquoi l’État Malien ne l’a-t-il pas fait pour les élèves des mille écoles fermées au Centre et au Nord du MALI ? Ces gosses qui sont privés d’école depuis plus de 5 ans seraient-ils inférieurs aux enfants des Cleptocrates et des nantis installés dans nos villes ? On dirait qu’il n’y a personne pour conseiller ce régime d’ivrognes ! 😲😲😲😲

    Preuve que si tu ne touches pas les gouvernants, tu peux tuer tout le reste des Maliens sans que personne ne s’émeuve. ☹️☹️😢😢☹️

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