Lancement cet après-midi du parti Yèlèma : Moussa Mara peut-il survivre dans le maelström politique malien ?

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C’est cet après-midi que Moussa Mara, l’ancien maire de la commune IV éjecté de son fauteuil suite à un contentieux électoral, va lancer son parti politique, à la dénomination bien ambitieuse : Yelema le Changement. Un événement qui survient quelques jours seulement après la mise sur orbite du PDES, parti des amis d Président ATT. Et surtout dans un contexte de tourbillons politiques, à quelques encablures des élections présidentielles de 2012. En effet, dans cette forêt de formations partisanes, qui donne du tournis à plus d’un militant, difficile de marquer sa singularité. Que peut bien faire Moussa Mara face aux grosses pointures que sont : l’Adema, l’Urd,  le Rpm, l’Um-Rda, le Parena, le Cnid, plus une myriade de partis politiques. En d’autres termes aura-t-il les moyens de survivre à ce maelstrom politique ? 

L’aviateur et écrivain français, Antoine de Saint Exupery disait que c’est face au défi que l’être humain se découvre. Mara en donne une bonne preuve car l’homme, indépendant hier, veut tenter l’expérience partisane. Et convaincu que le chemin ne sera  pas facile, il déclare que "tant que nous sommes avec la population et que la population est avec nous, nous finirons par réussir ce que nous voulons".

Pour autant sa détermination est à la hauteur des défis qu’il aura à affronter.

Des défis qui sont de divers ordres et comme tout leader de parti politique, il doit y faire face. Il s’agit de défis à la fois internes et externes au parti.

 La maîtrise des forces centrifuges, un impératif catégorique pour le parti

 Toute organisation humaine est confrontée à la problématique de la dispersion. Et comme tout parti politique, le parti Yelema se doit de maîtriser ses forces centrifuges. Car après l’enthousiasme de la nouveauté, rapidement les dures réalités de la gestion quotidienne se font jour, surtout au niveau de la mobilisation des militants et des moyens financiers indispensables pour la survie du parti, qui constitue l’un des défis cruciaux pour un parti naissant.

Si un parti est avant tout constitué de militants, ce n’est pas souvent le nombre de têtes qui compte, du moins pour le moment. C’est plutôt sur leur capacité intellectuelle et financière qu’il faudra compter. D’ailleurs, un proverbe bien connu ne dit-il pas qu’un lionceau vaut mieux qu’un panier de chatons?

 Affrontements et coalitions, la dure loi du combat politique

 Dans ce sens, le danger qui guette tout parti politique, jeune ou vieux, est sa personnalisation où généralement le fondateur est en même temps le principal bailleur.

On dénombre plus de 130 partis  sur l’échiquier politique national. Dans cette forêt de formations partisanes, qui donne du tournis à plus d’un militant, difficile de marquer sa singularité.

Cela non seulement au point de vue idéologique (le projet de société défendu par le parti) mais et surtout au point de vue de ce qui fait l’essence d’un parti, à savoir la mobilisation des citoyens et son rapport avec la res publica (chose publique).

Or ces deux domaines ne sont l’apanage d’aucune formation politique. Le parti Yelema croisera sur son chemin certainement les partis anciens que sont l’Adema, le RPM, le CNID qui ont l’avantage de l’expérience du champ politique et surtout sont porteurs d’une légitimité historique liée notamment au combat pour l’instauration de la démocratie.

De même, il aura à en découdre avec ses contemporains en l’occurrence le PDES et une myriade d’autres formations politiques de moindre envergure.

Certes, l’histoire est riche d’enseignement en ce qui concerne des partis de moindre envergure qui ont su s’imposer et se frayer un chemin à la faveur de certaines conjonctures, comme le parti libéral britannique ou même le parti d’Adolf  Hitler. Mais il reste que le charisme, en tout temps et en tout lieu, reste l’élément déterminant dans toute entreprise politique. Toute chose que le jeune Moussa Mara ne manquera pas de cultiver.

Mamadou Lamine DEMBELE

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