Mali: La CEDEAO presse l’organisation d’une transition civile, la junte traîne

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Huit jours, c’est l’ultimatum que les chefs d’État de la Cédéao ont donné au Comité National pour le Salut du Peuple pour rendre le pouvoir aux civils.  Le moins que l’on puisse dire, est-ce que les officiers supérieurs du CNSP qui commencent à prendre goût aux délices du pouvoir vont-ils se plier à cette exigence ?

Le compte à rebours a commencé ce mardi pour les militaires qui ont renversé le pouvoir de l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août dernier afin d’organiser une transition civile.  La junte a jusqu’au 15 septembre prochain pour choisir un Président et un Premier ministre tous civils à la tête la Transition, selon le communiqué final du 57ème Sommet de la Cédéao.   Malgré les tentatives de rapprochement par la Cédéao avec un coup de fil établit pour la première fois entre le Colonel Assimi Goïta et l’ivoirien Alassane Ouattara, l’Organisation ouest africaine presse les militaires et maintient les sanctions économiques.  Pour cause, la Cédéao reproche au CNSP de tergiverser en tentant de légitimer son coup de force auprès de l’opinion nationale et internationale par des séries de visites et de concertations sans pourtant poser aucun acte concret tendant à rendre le pouvoir aux civils.

Ce sentiment de méfiance semble être partagé par beaucoup de Maliens notamment la classe politique qui murmure dans les salons feutrés que les militaires ont trahi leur première sortie médiatique en faisant main basse sur la lutte héroïque des milliers de Maliens.  Le CNSP, qui avait promis dès le premier jour de sa prise de pouvoir « d’organiser une transition civile devant aboutir à des élections générales », traîne à respecter sa parole donnée trois semaines après.   Plus grave, le CNSP a publié un acte fondamental dans le Journal Officiel en nommant unilatéralement son président Colonel Assimi  Goïta  chef de la Transition.  De quoi susciter le doute chez beaucoup de Maliens sur la sincérité de la junte qui, selon certaines indiscrétions, est en train de travailler pour se maintenir au pouvoir.

Des sondages publiés par certains instituts de sondage, les micros-trottoirs diffusés dernièrement sur la chaîne nationale et récemment les rapports sur la validation des TDR de la concertation nationale rendus par certaines régions optent pour une transition dirigée par les militaires. Un sentiment de déception semble animer les membres du M5-RFP qui au péril de leur vie ont conduit les contestations à Bamako, à l’intérieur du pays et à l’extérieur du Mali pendant trois mois pour demander « la démission de l’ancien président de la République Ibrahim Boubacar Keïta. »

Le M5-RFP comme les partis politiques de l’ex-majorité présidentielle et les partis non-alignés optent tous pour une transition dirigée par les civils avec une durée comprise entre 12 et 18 mois.  Cette uniformité d’idée au sein de la classe politique sur la durée et les deux premiers dirigeants de la transition ne semble pas inquiéter le Colonel Assimi Goïta et ses compagnons, qui continuent à placer leurs éléments au commandement de l’armée, exercent les prérogatives de Chef de l’Etat en sommant les anciens députés et ministres à rendre véhicules de l’Etat et les chefs des services à leur rendre compte. Ce, en refusant de diligenter la mise en place des organes de la Transition et en s’agrippant sur une concertation nationale dont l’issue semble connue de tous.  Ce cafouillage dans lequel le Mali patauge à cause d’une junte caractérisée par l’amateurisme et qui croit détenir la solution de la crise sociopolitique malienne n’augure pas des lendemains certains.   Ce qui ouvre le pays à toutes les incertitudes.

Le temps presse et les Maliens sont aptes de renouer avec des nouveaux dirigeants qui résoudront dans un bref délai les lancinantes questions de l’école, la réforme de l’armée, la corruption, l’emploi …pour qu’afin le pays de feu Modibo Keïta retrouve le chemin du développement interrompu depuis une décennie.  Bien que les maliens n’apprécient pas les sanctions infligées à leur pays par la Cédéao, ils semblent accueillir avec enthousiasme cet ultimatum du 57ème sommet de l’organisation sous-régionale qui contraint les militaires à rendre le pouvoir aux civils et regagner les casernes.  Il appartient au peuple Malien de se lever comme un seul homme pour défendre les acquis démocratiques de mars.

Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net 

Commentaires via Facebook :

3 COMMENTAIRES

  1. CHER Raisonnement

    Foutaisessssss

    les civils qui ont gere le Mali de facon calamiteuse pendant des annees etaient ils militaires?
    mais non…………………..

    Au contraire l`ideal serait que les militaires gerent la transition

  2. Il ne faut jamais faire confiance à une organe ou une personne qui donne sa parole au peuple dans son premier discours et ne la respecte pas.
    Les militaires même s’ils sont animés d’une bonne intention sont à mon avis un peu naïfs, je dirais à la limite cons, car ils ne pourront jamais se maintenir à la tête de la transition en ce 21ème siècle. C’est se leurrer pour tenter une action aussi suicidaire.
    Ils ont goûté aux délices, aux prérogatives que le pouvoir confère, alors ils ont perdu la raison.

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