Mali : la démocratie malade des hommes politiques

11 Nov 2015 - 11:23
Mis à jour: 11 ans
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IBK rencontre aujourd’hui les partis politiques et les Institutions de la RépubliqueSi on doit juger de l’arbre d’après ses fruits, celui de la démocratie planté dans la douleur en mars 1991 et arrosé du sang des martyrs souffre d’attaques pernicieuses résultant d’un amateurisme chronique et affligeant, à un point tel qu’il ne donne plus ni ombre protectrice, ni fruits comestibles. Pire, ses feuilles sont devenues urticantes, ses racines et son bois toxiques. Et pourtant !   LA POLITIQUE EST UN METIER QU’IL FAUT APPRENDRE A HONORER   Après un quart de siècle de pratique démocratique, contrairement à certains de ses voisins, le Mali est resté un nain politique qui ne produit que très peu de bons modèles à cause d’un processus complètement dévoyé qui agit négativement sur l’état général de la gouvernance : recensements administratifs jamais exhaustifs, fichiers électoraux incomplets et truffés d’erreurs, partis politiques pléthoriques à l’action paralysante, dépravation accentuée des mœurs sociales et corruption endémique, jeunesse à la formation scolaire et citoyenne compromise, jeu politique confus à souhait n’offrant aucune lisibilité. En dehors des périodes électorales, les acteurs sont si ennuyeux qu’on se demande s’il n’est pas temps de siffler la fin de la récréation pour asseoir les conditions d’un renouvellement salutaire. L’humilité et la sagesse ayant depuis longtemps quitté les acteurs et la scène politique qui compte environ deux cents formations (excusez du peu), le remède est devenu pire que le mal et l’héritage un fardeau lourd à porter. Exit donc tous les autostoppeurs indélicats qui squattent, écument et vampirisent l’espace politique ! La politique est un jeu particulier qui se nourrit par essence de l’esprit de compétition et de contradiction au service de la défense d’un projet de société. Celui qui y participe doit savoir qu’il peut perdre sans que l’arbitre soit tenu de justifier sa décision. Plus les adversaires sont de qualité, plus le spectacle mobilise et captive. Indiscutablement donc, ce sont les « grands messieurs » qui peuvent sortir le jeu politique de la médiocrité pour le hisser au rang d’art, grâce à une répartition intelligente des rôles dans la courtoisie et le bon ton. On ne peut conférer à la politique ses lettres de noblesse sans leaders charismatiques moralement et intellectuellement honnêtes, sans des disciples humbles et respectueux des enseignements, sans une population suffisamment éclairée pour devenir un bon arbitre face aux différentes obédiences. De 1991 à ce jour, ceux qu’on a pu considérer comme des « maîtres » n’ont  inspiré ni école, ni philosophie politique et, au moment de quitter le pouvoir, ils ont plutôt laissé leurs ouailles dans un embarras indescriptible. Après avoir semé l’ivraie, peut-on  récolter du blé ? De leur vivant comme après leur mort, les vrais leaders restent des points d’ancrage pour leur peuple. C’est pourquoi, la question du leadership reste et restera au cœur de la problématique politique.   EN POLITIQUE, IL N’Y A PAS DE GENERATION SPONTANEE   Ne devient pas chef qui veut car le peuple confie rarement son destin à un inconnu, c’est-à-dire à quelqu’un qui, à ses yeux n’a pas fait ses preuves. Savoir exercer son leadership est donc essentiel pour que l’action politique produise les effets escomptés. Le verdict des urnes en 2013 a certainement remis les choses à l’endroit pour beaucoup de prétendants impatients et sans étiquettes. L’origine de la ruée incontrôlée vers le pouvoir d’état remonte à 1991 lorsque dans la confusion générale, la charrue avait été malencontreusement placée avant les bœufs parce que les acteurs qui ont hérité du coup d’état n’étaient pas prêts à prendre la relève. De nombreux autostoppeurs politiques se sont ainsi découvert une âme de président. On atteindra même le chiffre record de 24 candidats à l’élection de 2002. Le Mali a besoin d’un leadership fort qui placera la barre suffisamment haut pour valoriser la fonction présidentielle et la protéger des prétentions farfelues. Partout où il existe de grandes démocraties, celles-ci ont été l’œuvre de grands leaders. L’Afrique aussi a besoin d’hommes forts au leadership affirmé pour faire des bonds qualitatifs importants. Le meilleur service qu’on puisse rendre à la démocratie après le retour de la paix, serait de refermer la parenthèse douloureuse du cannibalisme politique ambiant pour ouvrir une nouvelle page, car la fluidité de la scène politique devient aussi importante que celle de la circulation routière. La prochaine modification de la Constitution devrait fournir l’occasion de ne conserver dans le jeu que les partis et groupements proposant une ligne idéologique avec un projet de société différencié, s’appuyant sur une organisation justifiant des moyens matériels de sa mise en œuvre. Le parcours politique, l’expérience et les circonstances de son élection prédisposent IBK à la réalisation de cette délicate mais exaltante mission de « salubrité publique », d’autant plus que le Mali post – crise aura besoin d’un jeu politique assaini et performant, pour réussir la relance économique et maintenir durablement la paix.  Dans l’intérêt de la démocratie, une démarcation claire doit être établie entre les partis politiques dont l’objectif est la conquête et l’exercice du pouvoir d’état, et les associations d’obédience politique qui ne sont créées que pour soutenir des candidats et servir de monnaie d’échange à leurs dirigeants. La confusion des deux genres a largement contribué à discréditer les hommes politiques. Mahamadou CAMARA Email : [email protected] / [email protected] 

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Commentaires (76)

User
mossad
mossad 11 ans
"Mali : la démocratie malade des hommes politiques" - Cet état des lieux a une seule explication: Le leadership malien est malade, ns n´avons pas de leader en qui le peuple peut faire confiance! Ex: Quel est ce politicien malien qui n´a pas changé de parti politique ou crée depuis l´avénement de la Democratie en 1991? -Il ya lá un manque de constance! - De défense d´une idée, d´une ligne autour d´un concept, d un programme! -On se prostitue au gré des aléas, donc ni fiabilité ni fidélité ni confiance! - Sans conviction, force d´un leader, on ne peut avoir un leader! Des leader malades ne peuvent produire qu´une démocaie malade...Hélas!!!!
LE MALIEN
LE MALIEN 11 ans
la démocratie malade des opposants politiques malien, c'est le titre qui sied 8) 8) 8) 8)
Nfp Premier
Nfp Premier 11 ans
CE QUI PLAIT AUX MALIENS: - Lionel messi (Argentine) en image sur un cahier - Cristiano Ronaldo (Portugal) en image sur un cahier - Thierry Henri (France) en image sur un cahier - Dessin d’un serpent sur un SOTRAMA - Dessin d’une sirène sur un SOTRAMA - La misère des enfants de la rue - L’exploitation de la jeune fille, - La mendicité grandissante des personnes âgées dans la ville. - Que l’injure soit permanant quand il faut parler du président dans les journaux - Que TIEBILE DRAME continuent d’embrouiller - La critique, le dénigrement et non l’accompagnement. CE QUI DEPLAIT LES MALIENS. - Quand IBK traite un opposant malveillant de petit monsieur - Quand KARIM KEITA fait don des fournitures à son effigie aux enfants de ses compatriotes - Quand La première dame parraine des initiatives associatives - Quand la population sorte comme un seul homme pour accueillir son président - Que le ministre Batilly applique les textes pour démolir des maisons construite illégalement - Que les gens disent du bien du président de la république….. Dans une telle société, dans quelle direction allons-nous ? J’ai peur pour la République. La maladie de la politique malienne vient essentiellement de l’opposition
famois
famois 11 ans
Je suis ravi de constater , en lisant vos réactions , pour une fois qu'il n' y a pas d'insultes de personnes . Bravo c'est ça la grandeur d'esprit en s'exprimant dans le respect d'autrui . Sachez qu'il n' y a pas d'EFFETS sans CAUSES ni de CAUSES sans EFFETS . Voila la logique de lutte de l'opposition . Merci
FREDERIC DE KAYES
FREDERIC DE KAYES 11 ans
Selon un célèbre adage qui dit tout simplement que « ma liberté commence ou s’arrête celle des autres» Si l'opposition tient une conduite responsable cela y va de l'intérêt de tous!
le general sanogo
le general sanogo 11 ans
C'est: "... ta liberte' s'arrete la' ou' commence celle des des autres!" Frederick, courage!!!
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