Nouvelle politique française en Afrique : Le président Macron félicite la transition et tient pour responsable la classe politique du sentiment anti-français au Mali

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À quelques heures d’une tournée africaine qu’il a entamée, mercredi 1er mars, par le Gabon, le chef de l’État français s’est adressé, lundi 27 février, à l’Elysée, aux peuples français et africain. Dans cette communication politique, il reconnaît l’échec de la politique néocoloniale et impérialiste de son pays en Afrique, annonce de nouvelles relations franco-africaines basées sur l’humilité et la responsabilité, félicite la transition malienne pour avoir poussé son pays à changer de politique envers le continent africain et donne un coup de pied aux hommes politiques maliens dont la France récolte aujourd’hui les fruits de sa mauvaise gestion. Il préparait aussi l’esprit de la jeunesse des pays à visiter à ne pas manifester contre sa présence sur leur sol.

Le discours prononcé, lundi 27 février, à l’Elysée, n’est pas passé inaperçu au Mali. Le président français Emmanuel Macron a mis son pied dans le plat. Il a coupé l’herbe sous les pieds d’une classe politique malienne qui n’a jamais voulu assumer sa part de responsabilité dans le délitement de notre pays. Elle a toujours refusé de se mettre à table pour avouer son échec cuisant dans la gestion du pays. Et chaque fois que le régime change par un coup de force, elle s’abrite dernière des condamnations, des manifestations croyant dissimulé ses casseroles par des attaques virulentes contre les princes du jour.

On peut dire que ces actions qui ont été enclenchées contre la transition depuis le coup d’État contre le président Ibrahim Boubacar Keïta, le 18 août 2020 ont produit l’effet contraire. Elles ont d’ailleurs enfoncé la classe politique auprès de l’opinion publique nationale qui a compris que la solution du Mali ne viendra jamais de ceux qui sont responsables de la perte de notre souveraineté nationale, depuis 2012. Et la France, derrière laquelle nos hommes politiques se cachaient pour commettre ses forfaitures contre le peuple malien, vient de les lâcher. La surprise a été grande du côté des partisans de la démocratie importée. Le chef de l’Etat français les descend en flammes en ces termes: «… Une classe politique qui a échoué à redresser son pays…». Rien n’à dire.

Cette déclaration d’Emmanuel Macron réconforte les Maliens dans leur dénonciation contre la mauvaise gouvernance installée par une classe politique pour ses intérêts personnels. En levant le voile sur l’affairisme de nos hommes politiques, Macron donne raison à tous ceux qui se battent depuis des décennies pour dénoncer le comportement apatride d’une certaine classe politique dont le seul souci est son bien- être. Il résume son discours sur le Mali en disant que la mauvaise gestion des ‘‘démocrates’’ a conduit le peuple malien à l’abattoir, depuis 2012.

Le président français va plus loin. Il tient pour responsable la classe politique de la montée en puissance du sentiment anti- français dans notre pays. Pour Macron, elle a été incapable de défendre les intérêts de la France conformément aux conclusions du sommet de La Baule qui a imposé la démocratie à l’Afrique en 1990. Ce sommet exigeait des présidents élus par la fraude et avec le soutien de la France de tout faire pour qu’il n’y ait pas de rupture constitutionnelle qui nuirait aux intérêts de l’Hexagone. Malheureusement, la classe politique malienne n’a pas pu respecter son engagement de se maintenir au pouvoir, même si c’est dans le sang. Et il était du devoir du président français d’accuser les hommes politiques maliens qui n’ont pas joué leur jeu.

Autre leçon à tirer du discours d’Emmanuel Macron. Il adresse sans le dire publiquement ses chaleureuses félicitations à la transition malienne, incarnée par le colonel Assimi Goïta et le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. Même si les analystes politiques ont mis sous le boisseau cette partie du discours présidentiel, il est à noter que le changement intervenu dans la politique française en Afrique est dû en grande partie à la prise de position des autorités maliennes face à la politique néocoloniale et impérialiste de la France. Elles ont résisté aux menaces, au chantage, aux intimidations du colon français. Elles ont obligé le président français à redéfinir sa politique en direction du continent africain. Il parle désormais d’humilité et de responsabilité. Il invite les entreprises françaises qui bénéficiaient de tous les marchés dans les pays africains sans aucune compétence à exécuter lesdits marchés honnêtement. Toujours dans sa communication politique, il reconnaît l’échec de la politique néocoloniale et impérialiste de son pays en Afrique, annonce de nouvelles relations franco-africaines basées sur l’humilité et la responsabilité, félicite la transition malienne pour avoir poussé son pays à changer de politique envers le continent africain et donne un coup de pied aux hommes politiques maliens dont la France récolte aujourd’hui les fruits de sa mauvaise gestion. Il préparait aussi l’esprit de la jeunesse des pays à visiter à ne pas manifester contre sa présence sur leur sol.

En imposant son respect sur la scène internationale, la transition malienne a contraint le chef de l’État à revoir ses relations avec l’Afrique. Et la révision de la coopération entre l’Afrique et la France est à l’actif de la transition malienne. Le président Macron n’a plus le choix. Il doit changer de fusil d’épaule pour ne pas perdre l’Afrique face à d’autres puissances qui ne s’immiscent pas dans le choix des dirigeants africains.

Yoro SOW

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1 commentaire

  1. Macron doit simplement comprendre que Assimi est superieur a Ba Ndaw, Dioncounda Traore, Boua le ventru IBK, ATT ou Alpha Omar Konare tous reunis. Comme il aime sa France, Assimi aime son Mali et s’est entoure de patriotes Maliens comme Choguel, A. Maiga, Camara, Diop, Diaw, Wague, I.Maiga, Kone, Senou, Sidibe, etc..

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