Pr. Tiemoko Sangaré en croisade contre la fraude électorale : «La classe politique fonctionne sur la base du vol et du mensonge»

11 Fév 2016 - 11:19
Mis à jour: 11 ans
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Pr. Tiemoko Sangaré en croisade contre la fraude électorale : «La classe politique fonctionne sur la base du vol et du mensonge»
A peine sorti de la salle de réunion du cadre de concertation ministère de l’Administration territoriale-partis politiques, ce mardi 9 février 2016, le président de l’Adema-Pasj s’est confié à la presse. Dans cet entretien, Tiémoko Sangaré donne son point de vue sur le débat autour de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et ses impressions sur la relecture de la loi électorale. Le Pr Sangaré en a aussi profité pour dénoncer, encore une fois, la fraude électorale, partant, la classe politique malienne. Lisez l’entretien ! Quelle est votre position par rapport à la question du maintien de la Ceni actuelle ou la mise en place d’une nouvelle Ceni ?                                                       Par rapport à la Ceni, je pense qu’on ne peut pas trancher aujourd’hui. Puisque les partis sont organisés en groupement, je préfère que le débat soit lancé au sein des groupements. Concrètement, je me dis que ça dépendra du temps qui nous sépare de l’organisation des prochaines élections. Si celles-ci ne sont pas organisées de sitôt, il serait effectivement indiquée que la Ceni, conformément à la loi, fasse son rapport et le dépose. En ce moment, la mise en place d’une nouvelle Ceni devra se faire conformément aux dispositions légales en vigueur. Par rapport aux innovations introduites dans la loi électorale, l’Administration territoriale n’a pas toute de suite approuvé l’interdiction de campagne dans les lieux de culte et celle des gadgets de campagne, des points auxquels vous tenez beaucoup. Quel est votre sentiment ? C’est vrai ! Quand j’ai reçu le document du Département, j’étais à la limite choqué parce que l’essentiel des propositions que nous avions eu à faire étaient apparues dans la colonne des propositions du Comité, non  retenues par le Département. Mais, heureusement, au terme des débats que nous avons eus, on s’est rendu compte qu’il y avait peut être des nuances de formulation, mais que dans le fond, l’idée est retenue. Je m’en réjoui parce qu’aujourd’hui, et je l’avais dit depuis longtemps, la relecture actuelle de la loi électorale est une opportunité dont nous devons nous saisir pour apporter des améliorations à notre dispositif légale en matière électorale. Parce que l’essentiel des problèmes que nous avons, et qui affaiblissent notre démocratie, c’est justement la mauvaise qualité des élections. Et tant que les élections vont se faire dans la logique de l’acceptation de la fraude et du vol, on aura toujours des problèmes. La classe politique est aujourd’hui décriée par les citoyens. Les gens ne croient plus aux hommes politiques. Ils ont raison, parce que quand la classe politique se met à fonctionner sur la base du vol et du mensonge, il est évident que les citoyens ont raison de ne pas croire. Je pense qu’aujourd’hui, il faut que nous prenions toutes les dispositions pour nous donner les moyens d’avoir des élections propres. Cela n’est pas au dessus de nos moyens. Un pays comme le Burkina, qui sort de dix ans d’absence d’élection démocratique, vient d’administrer la preuve que quand dans un pays, les gens veulent bien faire, ils le peuvent. Donc, il n’y a pas de raison aujourd’hui qu’au Mali, nous continuons dans une démarche qui consiste  pour la classe politique de penser qu’il faut aller aux élections et voler pour gagner. Maintenant, celui qui vole moins est celui-là qui se met à crier au vol, alors que tout le monde est en train de voler. Pourquoi cette politique de l’autruche ? Nous savons qu’en continuant comme cela, nous n’aurons pas de démocratie. Ce qui s’est passé en 2012 en est la preuve. Un pays avec plus de 20 ans d’exercice démocratique, qui subit un coup d’Etat et la population ne se sent pas concernée, simplement parce qu’elle était en rupture avec les autorités. Il faut le corriger. Faut-il retenir de vos propos que le ministère de l’Administration territoriale doit remplacer la Ceni ? Jamais ! Cela n’a jamais été de mon propos. Au contraire, depuis longtemps, la classe politique, dans son écrasante majorité, est acquise à l’idée qu’on mette en place une structure unique chargée de l’organisation des élections, comme d’ailleurs cela est le cas dans beaucoup de pays. Donc, aujourd’hui, nous pensons qu’il faut au Mali une structure qui sera exclusivement dédiée à l’organisation des élections et qui sera une structure pérenne. C’est cela qui va garantir la qualité des élections et c’est cela qui va faire en sorte que les gens vont de plus en plus croire aux élections. Naturellement, il faut que cette structure soit pilotée par des gens qui soient moralement irréprochables. Quel sentiment avez-vous sur la relecture de la loi électorale de façon globale ? Cette relecture est une initiative des partis politiques. Nous pensons que c’était une nécessité, non pas l’exercice en tant que tel, mais le contenu qu’on y met. Et aujourd’hui, c’est ce contenu que nous avons discuté, et Dieu merci, les éléments auxquels nous tenions, c’est-à-dire ceux qui favorisent la crédibilité des élections et qui avaient semblés n’avoir pas eu l’assentiment de l’Administration, ont été réintégrés. Je pense que dans la mouture qui va sortir sous forme d’avant-projet de loi, ces éléments seront reconduits. Propos recueillis par Bakary SOGODOGO

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Commentaires (51)

User
DANIELLE
DANIELLE 11 ans
Même si la démocratie dans notre pays ne date que de quelques années; elle est un exemple pour la sous-région. Nous devons juste renforcer nos structures afin d'offrir plus de crédibilité. L'exercice du pouvoir démocratique n'est pas du tout chose aisée mais c'est au fil du temps qu'on trouvera les voies et moyens pour rendre irréprochable notre gestion en la matière.
Youssouf
Youssouf 11 ans
On ne peut pas taper sur 'Adema et épargner Ibk qui est un pur produit de l'Adema. Ibk ne peut pas changer parce qu il est arrivé au pouvoir en gagnant comme l Adema a toujours gagné, par la triche, l'intimidation, le chantage aux postes, le soudoiement ou la corruption des préfets et sous prefets, des gouverneurs et autres commandants de cercle de l époque. Non, la vraie face des élections au MALI c est ce que l'Adema et Ibk ont imprimé à notre système démocratique: la corruption pour gagner, hier comme aujourd'hui. Regardez les dernières législatives partielles d'Ansongo: comment une bourgade de 6000 électeurs inscrits peuvent voter à 98% pour le RPM et la cour constitutionnelle valide cela? C'est simplement honteux pour notre pays
lalios
lalios 11 ans
Ce que Tiemoko SANGARE ne sait peut être pas, c est que même sous le dictateur Blaise, les élections au Burkina étaient plus transparentes que celles qui se passent au bord du Joliba
OUMAR DIAKITE
OUMAR DIAKITE 11 ans
Je pense que nous ne devons pas remplacer pour remplacer. Une structure peut être vieille de plusieurs années et être toujours d'actualité. Il suffit juste de faire des réaménagements pour rester crédible. Aussi faut-il remarquer que l'administration territoriale ne peut jamais remplacer la CENI car pour des questions aussi sensibles; il faut des structures totalement indépendantes.
ROALD
ROALD 11 ans
il n’y a pas de raison aujourd’hui qu’au Mali, nous continuons dans une démarche qui consiste pour la classe politique de penser qu’il faut aller aux élections et voler pour gagner 8-O 8-O 8-O 8-O 8-O Si tiemoko sangare pense ainsi je pense que ça doit être sa vision des choses car un bon homme politique ne peut pas avoir pour ambition d'aller aux élections pour voler et gagner; c'est complètement absurde. Si des personnes se déplacent pour aller voter; c'est parce qu'elles y voient un moyen de choisir leurs dirigeants.
FIFI LA MALIENNE
FIFI LA MALIENNE 11 ans
Je pense que toute organisation; toute structure sociale qui n'innove pas est source de problèmes surtout dans ce cadre aussi sensible qu'est l'organisation d'élections. Il faut tirer les leçons du passé et les utiliser pour avoir des bases solides qui garantiront une crédibilité sans précédent.
ALLEN
ALLEN 11 ans
On peut bien interdire de mener des activités politiques dans les lieux de cultes parce que la religion et la politique ne font pas certainement bon ménage. Mais pour ce qui est des gadgets de campagne nul part au monde je n'ai encore vu une quelconque interdiction en la matière car ce sont des moyens offerts à tout un chacun de pouvoir montrer sa présence et aussi de s'affirmer.
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