Pr. Tiemoko Sangaré, président de l’Adema-pasj : «Bocari Tréta a été désavoué par le président du RPM suite à ses propos sur la Majorité présidentielle»

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L’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ) a organisé, le dimanche 27 mars 2016, sa 14e conférence nationale. Le président du parti de «L’Abeille», Pr. Tiémoko Sangaré, nous a accordé un entretien à la fin de cet important rendez-vous. Le leader politique s’est prononcé sur la publication d’un livre qui met en cause le bien-fondé de la révolution de mars 1991, la non-visibilité du parti Adema-Pasj dans la presse, et surtout sur les propos tenus récemment par le Secrétaire général du parti présidentiel, le Rassemblement pour le Mali (RPM).

 Le Matin : Dans quel contexte se tient la 14e Conférence nationale de l’Adema-Pasj ?

Tiémoko Sangaré : La 14e conférence nationale du parti se tient dans un contexte marqué par la mise en œuvre des résolutions et recommandations du 5e congrès ordinaire. A la sortie de ce congrès, la nouvelle direction mise en place a été mandatée pour opérer un certain nombre de changements. Il s’agissait de remobiliser surtout les militants de l’Adema autour de ses valeurs fondatrices.

C’est ce travail qui a commencé et qui a amené la nouvelle direction du parti à faire d’abord le tour des différents partis de la place, de nos sections dans trois régions et dans le District de Bamako. Ce travail continue et dès les premières semaines du mois d’avril nous allons sillonner la région de Kayes.

Aujourd’hui, nous avons décidé de convoquer cette conférence pour permettre à la Direction d’échanger avec les délégués de l’ensemble des sections du parti sur les activités menées, sur les perspectives et surtout prendre l’avis des structures sur le processus qui est en cours, c’est-à-dire la remobilisation des militants.

On reproche aux dirigeants de l’Adema de ne pas être visibles dans la presse. Qu’en pensez-vous ?

Depuis la mise en place de la nouvelle Direction du parti, nous avons décidé de privilégier le terrain. C’est pour cela qu’on nous reproche de ne pas être très visibles dans la presse. Nous pensons que la politique ne se fait pas dans la presse. La politique se fait auprès des gens.

C’est cette direction que nous avons prise. C’est vrai que de temps en temps, nous allons communiquer dans la presse, mais pas de façon excessive. Notre communication, nous préférons la faire en direction des citoyens Maliens, auprès de nos militants et sympathisants.

Votre parti est un maillon essentiel de la majorité présidentielle. Mais, il se trouve que le Secrétaire Général du parti présidentiel, Bocari Tréta, a déclaré récemment haut et fort que le RPM, seul et sans le soutien de la majorité présidentielle, peut faire réélire le Président IBK en 2018. Comment réagissez-vous à cette déclaration ?

A la dernière réunion de la majorité présidentielle, le président du parti dont vous avez rappelé les propos du Secrétaire général (Bocari Tréta), a présenté ses excuses aux autres partis de la majorité et a dit que : ces propos ne sont pas de son parti et qu’ils n’engagent que celui qui les a tenus.

Donc nous considérons que ces propos ne nous regardent pas, étant donné que c’est le président du parti même qui ne les a pas reconnus, qui ne les assume pas. Il nous a dit : «excusez-nous. Ces propos ne les prenez pas pour vous comme des propos de mon parti. De toutes les façons, ils ne sont pas les miens et par conséquent ils ne peuvent pas être de mon parti d’autant plus que j’en suis le président».

Un livre a été publié récemment sur le régime du Général Moussa Traoré. Ce livre met en cause le bien-fondé de la Révolution de mars 1991. En tant qu’acteur de cette révolution, quelle est votre appréciation par rapport à ce livre ?

Il y a certaines personnes qui disent que la Révolution de mars 2016 n’avait pas lieu d’être et que ça a été un échec total. Ces propos tenus ne sont pas du nouveau pour nous et on a assez entendu ces contre-vérités.

Mais ce qui est nouveau et insensé, c’est la publication d’un livre mensonger… Les paroles s’envolent et les écrits restent. Ceux qui ont tenu auparavant des propos attestant que la Révolution de mars 1991 n’avait pas lieu d’être, sont aujourd’hui du passé. Mais ce qui est inconcevable, c’est la récente publication d’un livre. Car, même 100 ans après, ces écrits ne disparaitront jamais. C’est pourquoi j’ai dit qu’en mars 1991 des milliers de personnes ont donné leurs vies, pour qu’il ait aujourd’hui la démocratie, la liberté d’expression.

C’est ce qui a d’ailleurs permis même à ceux qui ont versé du sang en mars 1991 de pouvoir s’exprimer librement aujourd’hui. Et comme si cela ne suffisait pas, ils se sont permis d’écrire un livre pour dire qu’ils ont eu raison de tuer en mars 1991.

Depuis la publication de ce livre mensonger, au niveau de l’Adema-Pasj on est en train de réfléchir et de l’étudier. Tout le monde sait écrire et nous allons aussi publier un livre pour rapporter les faits réels pour les générations futures. Nous sommes les acteurs de la Révolution de mars 1991, il est inconcevable et inadmissible que de notre vivant que des gens se permettent de déformer les faits de mars 1991.

A cet effet, nous allons aussi publier un livre sur les événements de mars 1991. Si nous ne le faisons pas de notre vivant nous n’allons pas le faire quand même après la mort. Et nous n’allons pas nous limiter seulement à la parole, nous allons aussi écrire !

Propos recueillis par Aliou Touré

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