Présidentielle de 2012 : Ahmed Sow, le candidat caché du PDES

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Après le Cinquantenaire de notre pays fêté avec faste sur toute l’étendue du territoire national, les yeux sont maintenant rivés sur les candidatures à la présidentielle de 2012. Si dans cette perspective, ce sont, en général, les noms des leaders des grandes formations politiques qui reviennent le plus souvent dans les conversations, force est de constater que les chances du gros outsider qu’est l’ancien ministre et président d’honneur du PDES, Ahmed Sow, ne sont pas à minimiser. Au contraire, la surprise viendra certainement de ce côté.

 Depuis sa démission, il y a deux ans, du gouvernement dirigé par Modibo Sidibé, l’ancien ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau, Ahmed Sow, a presque disparu des écrans de télévision. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il a baissé les bras voire pris une retraite anticipée tout en tournant le dos à la politique dont, c’est vrai, il n’a jamais été un vrai acteur. Un passionné peut-être. Mais l’occasion faisant le larron, l’ancien ministre, un technocrate pur et dur, formé dans les meilleures universités et possédant, de ce fait, un background impressionnant, est en train, depuis son départ précipité du gouvernement, de tracer son sillon dans le sérail politique, de creuser minutieusement la voie pouvant le conduire, un jour, à Koulouba. Resté jusque-là au seul niveau de la réflexion en matière politique, Ahmed Sow a, donc, depuis la création du Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES), entamé sa transition,  de la pure pensée en matière de stratégie à l’action sur le terrain politique.

Connu pour être l’un des rédacteurs, sinon le principal rédacteur du PDES (programme pour le développement économique et social) du président de la République, Amadou Toumani Touré), l’ancien ministre est en train de réussir véritablement son come back. Lui qui était parti presque sur la pointe des pieds du gouvernement et sans crier gare. Il avait démissionné dans la dignité, laissant ses adversaires spéculer sur son avenir tant politique que professionnel. Surtout que son nom avait été, un moment, fortement cité pour prendre les rênes de la Primature, en remplacement du très discret travailleur mais malheureusement le très effacé  Modibo Sidibé, dont on disait, à l’époque, les jours comptés à la Maison du peuple. On était au dernier semestre de 2009.

En devenant, le 17 juillet 2010, président d’honneur du PDES, à la surprise de ceux-là mêmes qui le voyaient définitivement retourner s’installer en Europe, Ahmed Sow sera, selon toute vraisemblance, le président du PDES, lors de son premier Congrès ordinaire, prévu courant dernier trimestre 2010.

Voilà donc un homme qu’il va falloir suivre de près. Car, tôt ou tard, il sera désigné candidat du PDES à la présidentielle de 2012.  En attendant ce moment, Ahmed Sow, dans la discrétion et l’efficacité, est en train de tisser méticuleusement sa toile en vue de ratisser large. D’abord, au sein du PDES, dont il est assurément l’un des dirigeants les plus charismatiques et les mieux outillés pour la fonction présidentielle, ensuite, au sein de l’opinion publique nationale qui n’a, majoritairement, jamais douté de son intégrité notamment dans l’affaire où on le suspectait d’avoir favorisé un usage illégal des fonds de l’Union européenne au moment où il dirigeait le Centre pour le développement de l’entreprise (CDE), une institution consacrée à la coopération de l’Union européenne (UE) avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Ayant été blanchi, dans cette affaire, par l’Office européen de lutte antifraude (Olaf), Ahmed Sow pourra revenir au sein de l’équipe gouvernementale, et cela à la faveur d’un prochain remaniement ministériel qu’on dit, d’ailleurs, imminent. C’est dire que s’ouvre maintenant devant ce technocrate chevronné, docteur en économie et diplômé de physique nucléaire, une perspective politique de grande envergure, qui pourra même le porter au niveau le plus élevé de l’Etat si, toutefois, il bénéficiait du blanc-seing de l’Union européenne. Cela constitue, incontestablement, un préalable dans son cas. C’est évident que cet obstacle, qui se dresse telle qu’une arête dans la gorge d’un affamé, sera bientôt levé. Si ce n’est déjà fait. 

Ce ne serait donc pas surprenant, si demain, on voyait cet homme, d’une sérénité sans égale, au portefeuille balaise et au carnet d’adresses impressionnant, se mesurer, dans un duel sans merci sur le champ de bataille de Koulouba,  aux mastodontes de la classe politique tels que Ibrahim Boubacar Kéïta, Soumaïla Cissé ou Dioncounda Traoré, tous dirigeants de grands partis politiques et tous candidats potentiels à la présidentielle de 2012.

                        Mamadou FOFANA

 

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