Rapports IBK-Boubèye : Une idylle sujette à de rudes épreuves

4

Les rapports entre le président de la République et son cinquième Premier ministre sont empreints aujourd’hui d’estime et de satisfecit, sauf que le locataire de la primature est, aux yeux du parti présidentiel, un…« usurpateur » qui mérite des peaux de bananes sur son passage !

Maliweb.net Pour certains observateurs, la récente rencontre URD-RPM, à l’initiative du parti présidentiel est une marque de défiance à l’endroit du Premier ministre à qui le chef de l’Etat a délégué les manettes du dialogue politique.  Surtout qu’hier, le président du RPM, Bokary Tréta traitait les opposants de tous les noms d’oiseaux et soupçonnait le chef du gouvernement de connivence déstabilisatrice avec cette opposition. Bokary Tréta est-il sincère en enclenchant ce dialogue ou voudrait-il montré à Soumaïla Cissé et ses amis que Boubèye est l’obstacle à la concrétisation de la « main tendue » du locataire du palais présidentiel de Koulouba ? Un coup dans le rétroviseur permet de se faire une religion sur ces questions.

Les événements de Kidal de mai 2014 ont porté un lourd préjudice au pouvoir IBK. La preuve, l’accord pour la paix de mai et juin 2015interviendra avec l’Etat malien en position de faiblesse, ayant perdu Kidal…Et le ministre de la Défense d’alors était un certain Soumeylou Boubèye Maïga. L’homme avait été limogé par le chef suprême des armées, le président de la République, au lendemain de cette déconvenue infligée à l’armée malienne avec un bilan assez lourd en pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants.

Mais, Boubèye sera comme réhabilité, propulsé Secrétaire général de la présidence de la République puis cinquième Premier ministre du quinquennat 2013-2018. Et le patron de la primature est apparu finalement comme le meilleur choix d’IBK. L’homme va engranger des succès remarquables, dont la tenue de la présidentielle de juillet-août 2018 sanctionnée par la réélection d’IBK, que certains observateurs annonçaient comme en perte de vitesse. Aujourd’hui, malgré les difficultés du moment, Soumeylou arbore fièrement le manteau de meilleur chef du gouvernement du régime IBK mais semble souffrir d’une certaine méfiance des caciques du parti présidentiel, le RPM.

En effet, pour n’avoir pas réussi à loger son président, Dr BokaryTréta à la primature, le parti d’IBK s’estime devoir « supporter » SBM. Et la décision impulsée par celui-ci de faire report les élections législatives de novembre dernier a mis Bokary Tréta et ses proches dans un courroux contre ce PM à qui on colle un « agenda personnel ». Et ce désamour n’est pas ignoré par un IBK, qui finira pas être confronté à un dilemme : donner la place qu’il faut à ses amis politiques originels du RPM (qui ont traversé le désert politique de 2002 à 2012 avec lui) ou maintenir la confiance aux nouveaux soutiens dont SBM. L’équation n’est pas aisée à résoudra d’autant que de nombreux députés du RPM ont afflué récemment vers le parti du Premier ministre, non sans un bon discours d’attirance de ce dernier. Une campagne de débauchage  d’élus RPM qui en rajouté à la colère de Tréta face à cet allié d’IBK qui « poignarde dans le dos ». Une colère qui ne semble pas avoir un effet contagieux sur le chef de l’Etat, résolu à être au-dessus de la mêlée partisane.

Mais, il semble qu’IBK n’a jamais ignoré le rôle joué par le RPM dans son parcours politique jusqu’au commet de l’Etat, en passant par la présidence de la l’Assemblée nationale. Et, confie un observateur averti, il ne saurait renier son passé de président charismatique du RPM. Dès qu’il sentira son pouvoir conforté, après un dialogue politiquement rondement mené, n’hésiterait pas à constater la fin de l’hégémonie Boubèye. Pourra-t-il alors délester son Premier ministre sauveur et stratège ? Rien ne permet d’exclure cette hypothèse. Elle pourrait intervenir si le chef de l’Etat parvenait à être convaincu par le scores électoraux du parti vert et or. Ce sera alors pour placer sur orbite un probable autre dauphin. Mais au cas, où Tréta ne parvenait pas à renforcer le parti du tisserand et gagner ainsi des points aux yeux du locataire du palais de Koulouba, il y a fort à parier que Boubèye se hissera comme futur homme fort du Mali de 2023.

En clair, IBK va devoir scruter à la loupe, dans les mois à venir, les faits et gestes de Boubèye et du parti présidentiel. Histoire de soupeser les rapports du « je t’aime moi non plus » entre lui et son cinquième Premier ministre, chef d’un parti politique, l’ASMA-CFP.

Boubou SIDIBE/ Maliweb.net

Commentaires via Facebook :

4 COMMENTAIRES

  1. BOUBEYE EST VRAIMENT IL NE SAIT PAS TRAVAILLER.SON POINT FAIRE CES LES COUPS BAS.C4EST UN HOMME DE CASTE SON PÈRE EST UN ESCLAVE ET SA MÈRE UNE FORGERONNE.DONC ON ATTEND RIEN DE SPÉCIAL DE LUI SAUF LES COUP BAS.
    SI IBK VEUT VIVRE LONG TEMPS OU ESPERER DES RESULTATS CES DE SE SEPARER DE BOUBEYE SINON IL LUI CREUSERA SA TOMBE.

  2. 1- . . . . . . On imagine que M IBK et M SBM vont trouver dans ces épreuves terribles pour le pays matière à renverser leur “quinquennat” en prenant des décisions majeures. . . . Ils en ont en principe le devoir, ils en auraient également en principe le droit________________! ! ! ! ! !

    2- Ils jouent en ce “mandat” leur nom dans l’histoire du Mali, sauf que les Maliens craignent qu’ils ne leur décrètent chaque deux jours des journées de deuil national et drapeaux en berne, réunions et rencontrent avec des Imams, chefs et coutumiers corrompus, ainsi que des représentants de partis civils et autres chefs de parti inconscients, des minutes de silence dans les administrations, et une phrase qu’aucun Malien ne sculptera dans le marbre : “Main tendue et Rassemblons-nous !”

    • 1- On le voit bien, un IBK qui reste ou un SBM qui ambitionne, des gens qui ont voulu toute leur vie être président de la République. Et quand ils ont été présidents ou Ministre de la République, ils veulent l’être encore, qui quand même s’il ne sont pas élus, veulent l’être à nouveau. Et qui n’étaient pas capables, quand ils y étaient de faire ce pourquoi ils ont dit qu’ils voulaient l’être. . . !

      2- On voit bien également que le pouvoir est une espèce de tonneau de Danaïdes, de tonneaux percés et c’est la même chose avec ces deux hommes. . . . les honneurs, la boulimie, la cupidité, l’arrogance.
      – On est chevalier de la légion d’honneur, on veut être commandeur de la légion d’honneur______
      – On est honorable, on veut être toujours honorer______________________________
      – On a de l’argent, on veut plus d’argent_____________________________________
      – On a une maison, on en veut deux, on a deux, on en veut trois etc________________
      – On dort dans un hotel 5 étoiles, on cherche où peut se trouver la 10è étoile__________

      3- Le vrai politicien c’est celui qui nous dit que la vraie politique ne se trouve pas dans l’impéritie des adultes englués dans leurs inhibitions, qui n’ont pas expliqué qu’il existait d’autres façons d’appréhender les problèmes du pays. Elle est évidemment dans une espèce de coincidence entre soi et soi. . .Et pour cela on n’a pas besoin d’une fuite en avant, mais plutôt être dans une sorte de sobriété heureuse à la Pierre RABHI en pensant que l’on peut construire, s’occuper de son pays, que l’on peut être autonnome simplement avec son clapier…Bref, qu’il il y a une sagesse pratique possible quant à la gouvernance et le bien être de loa population. . . . . . . . . !

  3. On aurait été d’accord avec cette analyse,si IBK avait,dès son accession au pouvoir,permis à un cacique de son parti de s’exprimer valablement à la primature.
    Ces hommes de valeur sont légion dans le parti.
    La réalité est qu’ IBK a toujours donné plus de préférence à la famille.
    Le premier gouvernement était majoritairement formé des proches de Mme KEITA.
    Le président de l’ assemblée nationale est de la famille.
    Celui de la commission de la défense est celui-là même qu’ on prépare à la succession du vieux.
    Des circonstances ont poussé le Mande-massa à choisir une autre méthode,mais tout en gardant le même objectif qui est de se faire remplacer par son fils.
    Qu’ on le sache IBK est un partisan fiéfié des cas BONGO et EYADEMA.
    Pour atteindre cet objectif,IBK est en parfaite symbiose avec sa femme.
    Ce couple a manoeuvré pour arriver au pouvoir alors que leurs chances étaient minimes,fera de même pour placer le fiston.
    SBM est un pion pour le couple,pas un allié.
    Le pion a tout compris.
    C’est pourquoi il travaille pour que le pion soit un allié encombrant c’est à dire que le couple est obligé de soutenir au risque de connaître un sort sombre après le pouvoir.
    Il faut rappeler que le couple a voulu profiter du dernier congrès du RPM pour écarter définitivement BOCARY TRETA,mais que les militants se sont mobilisés pour le soutenir massivement obligeant IBK a validé sa présidence au sein du parti.
    On a voulu placer un fidèle en la personne de Abdoulaye IDRISSA MAIGA.
    Tous ceux ,au sein du parti,qui peuvent contredire le plan du couple ont été écartés.
    Il faut noter que le plan du couple s’adapte chaque fois que des événements imprévus se font face.
    l’imposition de BOCARY TRETA à la présidence du parti en est un.
    On a nommé son adversaire du parti à la primature pour lui signifier qu’ il n’aura jamais ce qu’ il veut.
    Quand cet adversaire a voulu s’émanciper,on l’a écarté aussi.
    La nomination obligée de SBM au secrétariat général à la présidence,ensuite à la primature en est un aussi.
    Que BOCARY TRETA s’approche de SOUMAILA CISSE pour neutraliser SBM ne fait il pas les affaires du couple?
    De toute façon le couple fera tout pour neutraliser aussi bien SBM que TRETA afin de propulser KARIM KEITA comme seul candidat de la majorité présidentielle.
    On sait que tous les OPPORTUNISTES de ce pays prient pour que le scénario de la succession dynastique marche.
    C’est pourquoi le slogan LAISSER LA PLACE À LA JEUNESSE est devenu leurs leitmotiv.
    Les caciques BOUBEYE,TRETA,SOUMAILA et autres vont ils permettre une succession dynastique?
    L’enjeu est là.
    En attendant,on veut que SBM les aide à RAMENER la quiétude sans laquelle une mobilisation populaire ou un coup d’État risque de balayer tout neutralisant le plan du couple comme le coup d’État de SANOGO l’a fait pour le plan que mettait en oeuvre AMADOU TOUMANI TOURÉ..
    Notre constitution de 1992 permet tous ces manoeuvres à cause du pouvoir énorme attribué au président de la république .
    Les erreurs et les fautes successives des hommes politiques sont rendues possibles par cette constitution copiée.
    La qualité de notre démocratie est plus liée à cette constitution qu’ aux comportements de nos hommes politiques.
    OSER LUTTER ,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue ..

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here