Soumaïla Cissé face a la presse : « Nous tournons la page d'une année noire… »

11 Jan 2016 - 00:16
Mis à jour: 11 ans
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Soumaïla Cissé face a la presse : « Nous tournons la page d'une année noire… »
Soumaïla Cissé
L’insécurité généralisée, avec à la clé des crimes ignobles, la mauvaise gouvernance et son cortège de scandales, une presse bâillonnée ; ce sont là quelques réalités contenues dans le bilan rétrospectif des faits marquants de l’année 2015 au Mali.  Un tableau presque catastrophique, selon Soumaïla Cissé, président du parti Urd et non moins chef de file de l’opposition malienne, qui, pour présenter ses vœux aux hommes de média, a animé une conférence samedi 9 janvier dernier à la maison de la presse. Occasion pour l’opposant en chef de revenir sur les dérives du pouvoir en place, de dénoncer l’insécurité qui gangrène le pays et la lenteur dans laquelle baigne le processus de paix. Le tout assorti d’une série de recommandations susceptibles de faire bouger les lignes.    En 2015  comme en 2014, la déception est grande pour notre peuple face aux promesses non tenues  sur le plan de la sécurité, du retour de la paix, de l'amélioration des conditions de vie et de l'emploi des jeunes. En effet, la situation sécuritaire s’est plutôt dégradée en 2015. La preuve ? Au moins 346 personnes ont été tuées au cours d'une centaine d’incidents.  Aujourd’hui, du nord au sud, « l'insécurité s'est installée de façon presque permanente », aux dires de Cissé. Et la peur a gagné les Maliens qui ont encore en mémoire l’atrocité commise le 20 novembre 2015 à l'hôtel Radisson. Face à cette situation de détresse généralisée, le parti Urd, hier comme aujourd’hui, exige du gouvernement plus d'efforts pour doter nos forces armées et de sécurité en équipements adéquats leur permettant d'assurer efficacement leurs missions de protection des personnes et de leurs biens. Au-delà, le parti recommande à la communauté internationale d'accélérer le processus de cantonnement et de désarmement des groupes armés du Nord. En ce qui concerne le processus de paix, le temps semble donner raison au parti Urd, qui avait (dès les premières heures) redouté la signature d'un accord dont l'application entrainerait le pays vers une autre crise. « Nous ne sommes pas loin d'un tel scénario aujourd'hui dans la mesure où les formats et les calendriers ne sont pas tenus, la confiance se fait attendre et nous sommes devenus tributaires des évènements », selon Soumaïla Cissé. Qui en veut pour preuve ces faits palpables : le cantonnement n'est toujours pas effectif; le comité de suivi piétine; l'administration n'est toujours pas de retour; et les réfugiés tardent à regagner leur foyer. Quant à la gouvernance, que dire de plus ? L’Urd continue et continuera, selon son président, à dénoncer avec force le pilotage à vue sans cap, ni vision; les scandales financiers à  répétition; l'impunité érigée en système; la politisation de l'administration; la caporalisation des médias d'Etat; le népotisme et la patrimonialisation des moyens de l'Etat…et la gestion désastreuse des logements sociaux. Aujourd’hui, « les discours d'autosatisfaction prononcés çà et là, au-delà des promesses toujours renouvelées et jamais tenues, la réalité, celle vécue au quotidien par les Maliennes et les Maliens est de plus en plus intenable et le cri des habitants de Mandiakui et de Bla est celui de tous nos concitoyens des campagnes et des villes », martèle Soumaïla Cissé. Aussi, déplore-t-il, la cacophonie autour de la communication gouvernementale sur l'Etat d'urgence, et l’éternelle  attente des suites judiciaires réservées aux nombreux scandales de corruption révélés en 2014.   Le Mali, un pays malade de sa gouvernance À en croire Cissé, le peuple malien a les ressorts pour rebondir. Faudrait-il cependant qu’il voie le bon exemple, venant notamment de nos gouvernants. Mais hélas ! Le pays est malade de sa gouvernance, toutes choses qui plongent notre économie dans une dangereuse léthargie. En somme, l'année 2015 a été l'année de la déception et de la désillusion. Cependant, « ce tableau presque catastrophique de notre pays ne doit pas nous faire perdre de vue que notre peuple aspire à la paix, à la quiétude dans la solidarité  et le partage », dixit Soumaïla Cissé. Qui promet que son parti luttera pour la satisfaction des aspirations du peuple. « C’est notre credo, c’est notre mission, nous les assumerons inch Allah, jusqu’au bout ! », dit-il. Ainsi, le parti invite le président de la République et son Gouvernement à mieux tenir le gouvernail du bateau Mali en constante perdition. Pour ce faire, l’Urd suggère, entre autres, l’instauration  d’un véritable dialogue républicain autour des sujets d'intérêt national; l’assainissement de la gestion des fonds publics, en général, et l'attribution des marchés publics en particulier. Aussi, le parti recommande une lutte implacable contre la corruption et l'indiscipline budgétaire ; la fin des dépenses de prestige; et le renforcement des moyens des forces de sécurité. Un des points saillants de la rencontre aura été l’hommage rendu à la presse nationale et internationale par le président de l’Urd. Ces hommes de média qui ont également vécu une année particulièrement éprouvante, dont le bilan se chiffre à 110 (chiffre fournit par Reporters Sans Frontières) journalistes tués ou décédés de mort suspecte. « C'est triste et inadmissible...Aucun démocrate, épris de paix et de justice, ne doit rester simple spectateur face à une situation aussi préoccupante qu'intolérable », commente Soumaïla Cissé, dont le parti se dit disposé à approfondir et à appliquer toutes les initiatives visant à protéger les journalistes contre les exactions. Pour le conférencier, une presse de qualité, disposant de moyens adéquats et de personnels bien formés est un gage de saine information. « C'est pourquoi, l'inscription budgétaire pour 2016 de l'aide à la presse de 190 millions de francs CFA dont 90 millions logés à la Présidence de la République et 100 millions au département de tutelle nous laisse perplexe quant à la sincérité et à la transparence de l'utilisation de cette aide », indique-t-il. Avant de saluer la mise en place effective de la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (Haac) qui, souhaite-t-il, contribuera au confort de la démocratie en faisant de la presse et des médias une tribune de débats d'idées, exempte d'invectives et d'injures. I B Dembélé

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Commentaires (93)

User
Kiyan
Kiyan 11 ans
Passez par des agences spécialisées dans les faux commentaires et qui passent la journée à mentir sur la réalité d'un pays désabusé par son président ,j'appelle ca mentir à soi même et manquer du respect au peuple malien'
Belo
Belo 11 ans
Comment peut- on parle de bilan positif lorsque : - La corruption est érigée en système de gouvernance avec l'impunité totale pour la famille du président - On attribue des logements sociaux aux ministres et premier ministre alors que c'est destiné aux maliens moyens - on surfacrure des contrats d'achats d'armes - Le budget présidentiel explose de 9 milliards à 19 milliards - Il n'y a ni cap ,un vrai pilotage à vue - insécurité grandissante À vrai dire le Mali n'est jamais tombé aussi bas
KISSINGER
KISSINGER 11 ans
« Nous avons l’ambition d’offrir de l’emploi aux jeunes » dixit le président IBK lors de la célébration de la journée nationale de l’industrie. En plus des 14 116 emplois du 1er janvier au 31 juillet 2015, 71 652 emplois durables ont été générés par les activités économiques sur l’étendue du territoire national, soit 36% de la promesse du Président de la République. Et du 1er juillet au 30 septembre 2015; 5795 emplois dont 3684 sont des contrats à durée déterminée et 2111 à durée indéterminée. Ces chiffres démontrent que la volonté est là il faut donc y aller.
Deken
Deken 11 ans
Bande de menteurs, ibk n'a rien créer à dévorer le budget de l'état avec sa famille,arrêtez de nous prendre pour des imbéciles
OUMAR DIAKITE
OUMAR DIAKITE 11 ans
Je félicite le président pour ses actions en faveur du bien-être de la population et de la jeunesse en particulier. Je souhaite de tout mon cœur que les nombreux projets entamés soient couronnés de succès et que l’accord de paix qui avance tant bien que mal aille à son terme pour unifier le pays à jamais. Merci aux présidents de la république, à son gouvernement et à tous ceux qui participent de près ou de loin à ces actions.
LA DUCHESSE
LA DUCHESSE 11 ans
Les Maliens devraient se donner la main pour bâtir ensemble le Mali. Comme dit un célèbre adage que l’union fait la force. Compte tenu de la devise du Mali, un peuple, un but ; une foi, les Maliens sont tous les mêmes alors donnons-nous la main pour renforcer cette devise et faire renaître le pays qui a trop souffert. Vive le développement, Vive le peuple malien; Vive le président IBK
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