Présidentielle : A.T.T risque gros !

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« Connaître les autres et leur imposer sa volonté, sans user de force et de subterfuge, là résident la sagesse et la force. Imposer sa volonté à soi –même et aux autres, sans user de supériorité, là résident la sagesse et la force supérieures ». L’enjeu de l’élection présidentielle tourne désormais, autour de la « Foulosophie » du sage chinois, Lao Tseu.rn

A la date du 30 mars, ils sont huit candidats à avoir déposé leurs dossiers, auprès de la cour constitutionnelle. Le président sortant, bien qu’étant le premier à déposer son dossier (le 23 mars), ne s’est déclaré candidat que le 27 mars. Suivront, dans la foulée, les quatre alliés du FDR. Investis candidats les 19 janvier et 27 mars. Tiéblé Dramé et Soumeilou Boubèye Maïga, investis les 18 février et 24 mars, déposeront leurs dossiers le même jour : 28 mars. Quant à Oumar Mariko et Mme Sidibé Aminata Diallo, ils feront de même le jour suivant : 29 mars. En principe, la Cour Constitutionnelle doit clore définitivement la liste des candidats, 27 jours avant la date de l’élection présidentielle, soit le 2 avril. Ce qui permettra, au département de l’Administration territoriale, d’apprêter les bulletins uniques.

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Petits candidats, gros gabarits

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Quatre candidats indépendants, et quatre fédérés. Ainsi pourrait –on qualifier les huit partants pour l’érection pestilentielle. Bien « qu’indépendant, apolitique et sans parti », A.T.T est soutenu par le Mouvement Citoyen, des bataillons de clubs et d’associations et plus d’une trentaine de partis politiques regroupés au sein de l’ADP. Aux yeux de nos concitoyens, sa victoire ne fait l’ombre d’un doute. Bien que cette victoire risque d’être compromise par les querelles de chapelle entre « atétistes ». Le « takokélen » à la Wade, promis à A.T.T., paraît plus une utopie, qu’une réalité palpable sur le terrain.

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Surtout qu’au cours de cette présidentielle, la force de frappe des partis politiques de l’opposition, regroupés au sein du FDR, sera redoutable. En bon maninka, IBK bénéficie d’une grande popularité au sein des intellectuels, des jeunes et des paysans. Au cours de ses six années passées à la tête du gouvernement d’Alpha, la croissance économique a atteint 6,5 %, contre 5,1 % aujourd’hui. Le « Kankéléntigui », c’est celui qui en Avril 2002, a épargné un bain de sang à notre pays, en appelant ses militants à se ressaisir. IBK, c’est aussi celui qui a été spolié par le pouvoir, tant de sa majorité parlementaire que dans la formation du bureau de l’Assemblée nationale. Autant d’injustices qui pourraient lui accorder la voix des électeurs… Tiéblé Dramé entretient d’excellentes relations avec la diaspora malienne. A ces atouts, il faut joindre sa très bonne connaissance du milieu politique, pour avoir été leader estudiantin, ministre, haut responsable.

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Et l’injustice dont il vient d’être victime, à propos de sa gestion des fonds du 23e sommet Afrique –France, lui a attiré bien des sympathies. Soumeïlou Boubèye Maïga est un pur produit de l’ADEMA, où il compte encore de nombreux supporteurs, en dépit de la manière brutale, dont il a été viré du parti. Il est bien imprégné des rouages du pouvoir, pour avoir été aux affaires depuis 1992. Mamadou Blaise Sangaré, lui, est bien implanté dans son fief de Bougouni. Il vient même d’être réélu dans sa région, comme membre du Haut Conseil des Collectivités Territoriales… C’est dire, enfin, qu’A.T.T. aura du mal à vaincre la puissance et l’influence politiques du RPM, du PARENA, du CDS et de Convergence 2007 réunies. Sans parler de celles des partis – plus de 14 partis –alliés au FDR… Quand au « cavalier solitaire », Oumar Mariko du SADI, c’est un ex-caïd de l’AEEM, bien estimé par les jeunes, les étudiants et les paysans. En cas de second tour, ses voix pourraient être dévolue au plus favorisé des fédérés du FDR, dans la course présidentielle. Idem pour Mme Sidibé Aminata Diallo, la seule femme, présidente d’un parti (le REDD) aussi inconnu du milieu politique qu’elle. Sa candidature aurait suscité des jalousies au sein des associations féminines, surtout celles qui soutiennent A.T.T. Pour l’opinion, l’entrée de cette femme dans la cour des mâles, est perçue comme… du trompe –l’œil.

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Comme en 2002, où la seule femme candidate a été boutée hors de l’arène, pour la seule déraison… qu’elle n’aurait pas pu s’acquitter de sa caution : 5 millions CFA. Les mêmes cancans rapportent que la caution de Aminata Diallo aurait été payée par A.T.T. Et que son parrainage électoral -10 députés et 5 élus communaux par région –aurait été facilité par des amis de la Présidence. Des rumeurs qu’il faut prendre avec des pincettes…

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A.T.T risque gros, très gros

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Parmi les candidats qui vont croiser le fer, quatre pourraient obtenir des scores intéressants. Et sur ces quatre, se concentrera le choix des électeurs : A.T.T., IBK, Tiéblé et Soumeïlou. Au cas où ATT remporterait la première manche, toutes les voix des partis du FDR –ainsi que celles des autres candidats et des électeurs mécontents d’ATT – pourraient se rabattre sur le candidat désigné pour affronter A.T.T. au second tour. ATT ne pourra donc compter que sur la capacité de mobilisation de ses amis de l’A.D.P et du Mouvement Citoyen. Ainsi que… sur sa chance d’avoir battu campagne bien avant ses adversaires. Un second tour ? Peut -être qu’il y en aura, et ce ne sera pas du gâteau ! Un taux de participation élévé, comme l’espère le gouvernement ? On en doute, hélas ! Car, en dépit des réalisations d’ATT, bien des tares ont survécu. Des tares, qui déshonorent notre démocratie : corruption, injustice, l’impunité et le niveau de vie dégringolant des citoyens. « Au cours de ces cinq dernières années, rien n’a été fait pour améliorer le niveau de vie des citoyens.

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La délinquance financière et les incartades judiciaires ont été couvertes du sceau de l’impunité. Et les gouvernements successifs n’ont rien fait pour pallier cet état de choses. Comment voulez –vous que le citoyen, et partant, l’électeur, se précipite sur les urnes ? ». Constate un haut cadre de l’Administration, un inconditionnel d’A.T.T.

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Et d’ajouter : « Plus que tous les présidents maliens, A.T.T. a bénéficié de circonstances sociales exceptionnelles. Si seulement il avait su en profiter !… » Aujourd’hui, le peuple n’aspire qu’à un bon président, celui qui se préoccupe de son bonheur.

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Et le constat du doyen des Niaré, Baba Titi Niaré –lors de la visite de courtoisie d’IBK, le 29 mars, aux familles fondatrices de Bamako –n’en devient que plus pertinent : « … tous les morceaux de sel ont le même goût… Ils (NDLR : les politiciens) nous prennent pour des ânes qui choisissent le sel à côté de l’or. Le Kilo de l’or peut –il valoir le Kilo de sel ? ».

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Le Viator

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