Coronavirus: l’Afrique face à la pandémie le jeudi 2 juillet

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L’épidémie de coronavirus a franchi un cap sur le continent africain avec plus de 10 000 personnes qui ont succombé au virus depuis le depuis de la crise sanitaire, selon les chiffres du Centre de contrôle des maladies de l’Union africaine. D’après ces mêmes chiffres, plus de 415 000 cas de coronavirus ont officiellement été détectés en Afrique dont plus de la moitié dans les deux pays les plus touchés : l’ Égypte (68 311 cas et 2 953 décès) et l’Afrique du sud (159 333 cas et 2 749 décès) avec 196 000 guérisons sur le continent.

  • L’Afrique du Sud pourrait durcir les mesures de confinement

L’Afrique du Sud a enregistré 6 945 nouvelles infections en 24 heures, portant à plus de 150 000 le nombre de personnes contaminées. Le ministre de la Santé Zweli Mkize a prévenu les Sud-Africains qu’ils se préparent à des pics continus de contaminations et de décès pendant les jours qui viennent. Il a aussi averti que le durcissement des mesures de confinement « pourrait être nécessaire » pour juguler la pandémie dans le pays. 2 749 malades du Covid ont perdu la vie en Afrique du Sud.

  • Au Nigeria, un ministre régional de la Santé meurt du Covid-19

Le ministre régional de la Santé de l’État d’Ondo dans le sud-est du Nigeria, Wahab Adegbenro, est mort ce jeudi 2 juillet à l’âge de 65 ans dans un hôpital de son Etat. Selon les médias nigérians, « il est décédé à l’hôpital des maladies infectieuses où il recevait un traitement ». Sa mort serait liée à une complication du Covid-19. Ce décès a lieu deux jours après que le gouverneur de la région Rotimi Akeredolu a été testé positif au coronavirus. Plusieurs responsables de l’État d’Ondo craignent d’avoir été infectés car ils ont assisté il y a quelques jours à une réunion en présence de ce gouverneur.

  • Les vols intérieurs vont reprendre au Nigeria

Le Nigeria a assoupli les restrictions instaurées dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, par la reprise des vols intérieurs dans une semaine. C’est le ministre de l’Aviation qui l’a annoncé ce jeudi sur les réseaux sociaux. « Je suis heureux d’annoncer que les aéroports d’Abuja et de Lagos reprendront leurs activités intérieures le 8 juillet 2020 », a déclaré Hadi Sirika, en référence aux aéroports qui desservent la capitale et le centre économique du pays.

Il a également précisé que les aéroports de Kano dans le nord, de Port- Harcourt dans le sud, d’Owerri dans le sud-est et Maiduguri dans le nord-est rouvriraient le 15 juillet. Aucune annonce n’a en revanche été faite pour les vols internationaux qui resteraient interdits.

Le Nigeria avait fermé son espace aérien en mars dans le but de contenir la propagation du nouveau coronavirus qui a contaminé jusqu’à présent 26 484 personnes et causé 603 décès dans le pays.

  • Le Sénégal présente une stratégie de riposte « réajustée » après 4 mois de pandémie

Le Sénégal a passé le cap des 4 mois depuis l’apparition de la pandémie de coronavirus dans pays (le premier cas a été confirmé le 2 mars). A ce jour, 121 décès liés au covid-19 ont été enregistrés, 7 054 cas déclarés positifs, dont 2 333 actuellement sous traitement. L’état d’urgence a été levé en début de semaine. La situation reste « préoccupante », selon les autorités sanitaires, qui espèrent toutefois « une meilleure maîtrise de l’épidémie ». Elles ont présenté un bilan, et une stratégie de riposte « réajustée ».

Les autorités comptent poursuivre le traitement à l’hydroxychloroquine. Le responsable de la prise en charge s’appuie sur une nouvelle étude, sur 838 patients. Le professeur Moussa Seydi confirme son efficacité, notamment sur la durée d’hospitalisation des malades. « La durée médiane qui était de 10,5 jours, est en ce moment à 10 jours, versus 12 jours si le patient n’avait pas pris le traitement. C’est aussi un traitement bien toléré, la prévalence des effets secondaires est entre 2 et 3%. Et tous les patients qui ont pris ce traitement au stade précoce de la maladie n’ont pas eu de complication et aucun n’est décédé. »

Concernant le Covid-Organics, le remède malgache, le « processus suit son cours ». « Il faudra asseoir un essai clinique » souligne le professeur Seydi, « comme pour l’artémisia du Sénégal ». Les autorités sanitaires misent désormais sur le renforcement de la prise en charge à domicile. « Certaines populations remplissent les conditions pour être pris en charge à domicile, explique le docteur Abdoulaye Bousso, directeur du centre des opérations d’urgence sanitaire. Il y a aussi un fait important qui nous pousse à y aller : avec l’augmentation de la stigmatisation, il y a plus de 200 personnes qui refusent d’aller dans les centres de traitement. Ces personnes, nous ne pouvons pas les abandonner. »

Autre changement : les tests de dépistage –aujourd’hui réalisés sur tous les cas suspects et leurs contacts- ne seront plus systématiques, mais réservés aux personnes vulnérables et celles présentant des symptômes.

Les professionnels de la santé sont ceux qui sont en première ligne dans tous les pays dans la lutte contre le coronavirus. Ils sont les plus exposés à la contamination. Au Sénégal, ils sont plus de 200 à avoir été infectés. « Concernant les agents de santé infectés, lors de notre précédente communication, nous étions à 136 cas, aujourd’hui nous avons une progression de 100, nous sommes à 236 agents de santé infectés dans la structure de santé mais également dans la communauté », a déclaré Abdoulaye Bousso.

Concernant la reprise du trafic aérien à l’international, « le principe de la réciprocité sera applicable à tous les États ayant pris des mesures à l’encontre du Sénégal », a annoncé le ministre du Tourisme et des Transports aériens, Alioune Sarr, mercredi 1er juillet. Cette déclaration fait « suite à la décision de l’Union européenne de bannir le Sénégal de la liste des pays autorisés à voyager dans son espace ». Le président Macky Sall a annoncé la réouverture des frontières aériennes à partir du 15 juillet, mais l’Union européenne n’a rouvert ses frontières qu’à 15 pays. Sur le continent africain, seuls la Tunisie, le Maroc, l’Algérie et le Rwanda sont concernés.

  • Les internes toujours en grève dans les hôpitaux de Madagascar

Les étudiants de 7e et 8e année de médecine sont en grève depuis lundi 29 juin pour protester contre les conditions sanitaires difficiles dans lesquelles ils travaillent dans les hôpitaux du pays en pleine crise du coronavirus. Les centres de prise en charge font face à un afflux de personnes confirmées ou suspectées d’être infectées du virus. Ces étudiants en médecine sont d’une grande aide dans la lutte contre l’épidémie. Leur grève pourrait durement être ressentie par le système de santé de Madagascar qui compte aujourd’hui 2 303 cas pour 22 décès. Ils ont lancé un appel aux autorités et dénoncer un manque d’équipements individuels de protection. La prime de risque qui a été promise par le chef de l’Etat n’a été reçue que par une minorité de ces internes.

  • Les autorités rwandaises lancent une campagne de tests à Kigali

Des tentes ont été placées à plusieurs endroits stratégiques de la capitale pour accueillir les habitants en voiture, à moto, ou à pied afin de procéder à des tests salivaires PCR proposés de manière aléatoire et faits sur la base du volontariat.

Jean-de-Dieu Kayinsinga vient juste de se faire tester, tout comme ses deux enfants installés à l’arrière de sa voiture. « La police nous aa rrêté et nous a dit d’entrer dans le stade pour que nous puissions prendre les prélèvements de salive pour le Covid, c’est à peu près 5 minutes, je ne suis pas sorti de la voiture. » La famille Kayinsinga devrait recevoir ses résultats par SMS d’ici 48h.

Sous la tente d’à côté, Elisé Dukundimana, conducteur de moto-taxi, repart satisfait. « Je pense que c’est une bonne chose, parce que chaque soir quand je rentre à la maison, ma famille vient m’embrasser et à cause de cette maladie Covid-19, ça m’inquiète. J’aimerai même pouvoir me faire tester chaque semaine afin de ne pas contaminer ma famille, car je circule beaucoup et je rencontre beaucoup de gens. »

Le but de l’opération : connaitre l’évolution de l’épidémie à Kigali, où des dizaines de cas ont réapparu ces dernières semaines, poussant les autorités à reconfiner six quartiers de la capitale. Le Rwanda continue donc de miser sur une politique volontariste en matière de tests. « Les pays qui sont capables de tester beaucoup plus de gens ont pu gérer la pandémie beaucoup mieux que ceux qui ne peuvent pas, c’est un point important », souligne le docteur Sabin Nsanzimana, directeur du Centre biomédical du Rwanda. Les autorités espèrent tester 5 000 personnes en quatre jours, et organiser ce type de campagne dorénavant toutes les deux semaines.

  •  Égypte, réouverture des pyramides de Gizeh

Après trois mois de fermeture en raison de l’épidémie du Covid-19, ce site emblématique du tourisme en  Égypte a rouvert au public mercredi 1er juillet. Les autorités égyptiennes ont pris cette décision afin de relancer le tourisme qui a fortement baissé depuis le début de la crise sanitaire, qui a occasionné la fermeture des sites touristiques et des frontières. Cette réouverture intervient dans un contexte d’allègement progressif des mesures de restrictions, alors que l’ Égypte est le deuxième pays le plus touché par le virus avec 68 311 cas recensés et 2 953 décès. Les aéroports ont rouvert ainsi que l’un des principaux musées du Caire, le musée de la place Tahrir. Concernant les autres lieux culturels et de loisirs, le gouvernement avait annoncé en juin, leur réouverture progressive.

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