Ségou : Ras-le-bol des agents de santé

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Dans le cadre de la lutte contre le Coronavirus à Ségou, les agents de santé qui sont en contact direct avec les malades sont les plus exposés. A ce jour, ils ne bénéficient presque d’aucune protection contre la maladie.

Le président de la République, IBK, a tenu le 17 mars dernier, une réunion extraordinaire du Conseil supérieur de la Défense nationale dont l’ordre du jour portait sur les mesures relatives à la pandémie du Coronavirus au Mali.

Outre l’adoption de certaines mesures barrières et sanitaires pour ralentir la propagation de la maladie, le Président de la République a décidé de la mise en place d’une enveloppe initiale de 6,3 milliards F CFA pour lutter contre la pandémie.

Aujourd’hui, force est de reconnaitre qu’il y’a eu une partialité dans la gestion des fonds. “Depuis l’annonce de la mise en place de cette enveloppe, les fonds tombent à flot mais nous qui sommes les premiers en contact avec les malades sommes les plus exposés. Contrairement aux agents de santé de Bamako qui perçoivent 300 000 F par mois à raison de 10 000 F par jour, nous nous sommes dans les oubliettes”, affirme un agent de santé à Ségou.

Selon la répartition des fonds alloués à la lutte contre la pandémie, chaque direction régionale devrait avoir 50 millions F CFA et les hôpitaux, 80 millions F CFA. La gestion de l’hôpital est autonome mais la direction régionale de la santé relève du budget d’Etat.

S’il y a prime, les premiers bénéficiaires doivent être tous les agents de santé, particulièrement ceux-là qui sont en contact direct avec les malades. Nous avons constaté qu’effectivement les 50 000 000 de F CFA ont été donnés, mais ici à Ségou aucun agent n’a bénéficié de prime”. La direction n’a fait que mettre un fonds dans la formation pour ensuite donner 5000 ou 10 000 F CFA comme perdiem aux participants. Ils ont aussi sélectionné des agents pour le test, eux ils ne sont même pas cités en termes de perdiem. Ils prévoient l’achat de matériel, de formation et de supervision. Pour superviser quelqu’un, il faut que la personne soit présente. Toujours aux dires de notre source, “une ONG de la place avait donné de l’argent pour motiver ces agents qui n’ont pas eu les 5 000 F CFA. Dans la répartition des 50 millions F CFA, ils ne sont même pas cités”, explique notre interlocuteur.

Pour lui, “le pire est qu’en plus de nous-mêmes, nos familles sont exposées car nous ne bénéficions d’aucun plus depuis le mois de mars dernier. Souvent le carburant c’est nous mêmes, la communication c’est nous même, même pour avoir les gels hydrologiques souvent c’est avec difficulté, même le masque nous l’achetons car on en a uniquement pour aller voir un malade. Certes, nous sommes des agents de santé par vocation, et c’est notre travail, mais s’il y a un fonds, il faut qu’il parte à sa juste destination. Contrairement aux agents de Bamako, non seulement ils ont de l’argent par mois, mais aussi ils ont eu des vivres alors que nous sommes tous Maliens, égaux en droit et en devoir. En tout cas nous interpellons tous les acteurs afin qu’ils s’appliquent pour mettre les gens dans leurs droits”.

 

Albert Kalambry

(Correspondant à Ségou)

 

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