Affrontement entre deux villages de Kati : La version des faits du préfet par intérim, Harouna Diarra

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Suite aux litiges fonciers entre les habitants de N’Téguédo Niaré (commune rurale de Dialakordji) et Siracoro Niaré (commune urbaine de Kati), le préfet par intérim de Kati, Harouna Diarra donne sa part des faits. Contrairement aux allégations qui circulent, il dit avoir joué au sapeur-pompier pour apaiser les esprits et dégonfler les cœurs.  

Il ressort des explications du préfet par intérim de Kati que des personnes mal intentionnées sont à l’origine de ce conflit. Pour lui, ils se cachent derrière leurs adversaires pour envenimer le conflit à travers des interventions à Bamako. « Lorsque Sirakoro Niaré a été saturé, les forgerons qui faisaient leur travail ont été installés à  Déguédo Niaré. Le droit coutumier de Déguédo Niaré relevait de Sirakoro Niaré. Avec la décentralisation, le village de Sirakoro a été rattaché à Kati et Déguédo Niaré a été rattaché à la commune rurale de Dialokorodji. Malgré ce découpage administratif, tous les événements sociaux culturels (mariages, cérémonies coutumières, funérailles etc.) de Déguedo Niaré sont célébrés à Sirakoro Niaré comme pour montrer leur rattachement à l’histoire.  La spéculation foncière dans les communes environnantes de Bamako pose un sérieux problème. Ces spéculateurs fonciers estimaient pouvoir profiter des terres de ces deux villages.

A travers un accord commun, Sirakoro Niaré avait commencé les opérations de morcellement des deux villages. C’est ainsi que les opérations de morcèlement se faisaient à travers l’aide des représentants des villages car ce sont eux qui sont susceptibles de connaitre la différence entre les parcelles. Ces opérations ne souffraient d’aucune contestation encore moins un incident », explique-t-il.

Les sous-préfets se sont succédé jusqu’au tour de Harouna Diarra. A l’entendre, après sa prise de service, une demande de morcellement visée par le maire de la commune urbaine de Kati et signée par tous les conseillers du village de Sirakoro Niaré a été déposée sur la table du Sous-préfet.

« C’était une concession rurale de 0,25. Comme c’est la commune urbaine de Kati on ne peut pas donner 1 à 2 hectares dans la périphérie comme le stipule les textes », dit notre interlocuteur.  Partant, il dira que c’est ainsi que les types de 0,25 ont été attribués. « Des opérations de ce type ont été effectuées en 2011 et cela n’a jamais fait l’objet de contestation. Le Sous-préfet à l’époque félicitait la population de Sirakoro de la matérialisation des opérations sur le terrain.  De 2015 à nos jours des opérations de ce type n’ont pas été faites. Qu’est ce qui s’est passé l’année dernière ? Avec un accord commun, le maire de Dialacorodji a commencé les opérations de morcèlement. Aux dires du préfet, lorsque le maire a commencé le morcèlement, les gens de Sirakoro Niaré sont venus le voir.  Après un examen de la situation, dit-il, le Sous-préfet s’est rendu compte que les opérations ne se sont pas déroulées dans les règles de l’art. « J’ai dit non. Même s’ils ont raison, ce n’est pas comme ça. Même si c’est leur terre, à partir du moment où il y a opposition, il faut qu’on cherche à voir la légalité. En son temps, on a fait une correspondance au nom de Déguédo Niaré qui a été adressée au maire de Dialacorodji pour lui dire de sursoir à l’opposition de morcellement en attendant de voir clair », dit l’interlocuteur Harouna Diarra.  A la réception de ce courrier, a-t-il dit, les opérations furent arrêtées. A l’entendre, à la surprise générale, les mêmes opérations de morcèlement ont été reprises par le Maire.

Selon une source, les habitants de Déguédo Niaré ont tenté d’obtenir leur droit coutumier au niveau du tribunal civil tout en ignorant qu’ils ne peuvent pas l’avoir sans avoir consulté le village de Sirakoro Niaré qui est à l’origine de leur installation. « Nous sommes tous les Maliens, tout le monde sait qu’entre une tradition et les gens, il y a une nuance. Quand il y a coutume, je crois qu’il faut aller aux origines. Moi, je suis Diarra ici. Même s’il y a beaucoup de Diarra, ceux-ci ne peuvent pas parler de ma coutume. Il faut que je retourne à Ségou », dit-il.  De son point de vue, lorsque la Sous-préfecture accorde un droit coutumier à une partie, l’autre partie saisit le tribunal administratif.

C’est devenu, ajoute-t-il, un problème récurrent au niveau de toutes les concessions rurales. « Quelques individus sans avoir consulter l’administration encore moins la majorité de la population se lancent dans la recherche du droit coutumier sachant bien la primauté de celui-ci sur la décision judiciaire.  Ledit tribunal donne de facto une suite favorable à leur requête sans consulter qui que ce soit. Cet état de fait est alarmant. Je ne commande pas une décision contre la justice compte tenu de la séparation des pouvoirs, mais je souhaite une synergie d’actions afin d’éviter certaines erreurs administratives qui peuvent être préjudiciable », martèle le préfet par intérim Harouna Diarra. Pour lui, lorsque quelqu’un pose un acte, il est préférable de lui demander le pourquoi et ensuite suivra la correction d’éventuelles anomalies. L’on est souvent en face de certaines erreurs qui sont difficiles à corriger, déplore Harouna Diarra.  Il dira qu’une source atteste l’annulation des actes qu’il a posés et ceux du préfet Sylla.

« Est-ce vraiment difficile de le dire. Mais ce qui est sûr, c’est que si le droit coutumier est confirmé, l’acte administratif est annulé. Je crois qu’on tombe toujours dans le droit coutumier, le droit de jouissance. C’est-à-dire que la terre m’appartient, je peux la cultiver, je peux l’aliéner mais je ne peux pas la vendre. Aucun texte du Mali ne dit que le propriétaire du droit coutumier ne peut vendre sa terre. Même si c’est la tendance, ça n’existe pas. Donc ils ont annulé nos actes pour le maire de Dialacorodji » s’est-il indigné.

A l’en croire, si cet état de fait est confirmé, on tombe dans le patrimoine de l’Etat. Le maire, continue-t-il, ne peut pas morceler sans une affectation. « Ce sont les services de l’Etat qui doivent autoriser les opérations de morcèlement. C’est ainsi que les techniciens à l’occurrence le géomètre-expert qui doit faire le projet de morcèlement. Pour ce faire, le service technique de la préfecture transmet le dossier au préfet. C’est ainsi que les services techniques vont sur le terrain pour voir la conformité du projet par rapport au terrain. Lorsque leur rapport tombe, nous mettons notre avis et nous transmettons au gouverneur pour abrogation. C’est à partir de là que le maire va commencer à faire son travail. Dans le cas de l’affaire foncier entre les deux villages, cette procédure n’a pas été respectée », regrette-t-il.

De son point de vue, lorsque le maire a commencé le morcèlement, la première fois, nous avons demandé l’arrêt des opérations. Sachant bien la faiblesse des uns et des autres, poursuit-il, le maire de Djalakorodji et ses complices sont partis chercher les agents de sécurité à Bamako. « Comment peut-on venir dans une structure administrative sécuriser une opération au nom de l’Etat sans informer le représentant de l’Etat » se demande le Sous-préfet.

« Lorsque ces agents de sécurité sont arrivés sur le site, les habitants du village de Sirakoro Niaré lui ont donné l’information.   Selon cette information, ces agents de sécurité étaient en train de sécuriser l’opération à Déguédo Niaré. C’est ainsi que le chef de peloton a été dépêché en vue de s’enquérir du type d’agents de sécurité ainsi que l’objectif de cette opération de sécurisation », dit-il.

De son avis, il a été en contact avec le haut gradé de ces agents afin de savoir qui est les ont envoyés sur le terrain.

A travers les échanges, dit-il, il a dit n’avoir pas connaissance qu’il y a une tension sur le site.  A son tour, le préfet par intérim Harouna Diarra lui a fait savoir qu’il n’est pas au courant de cette opération et qu’en tant premier responsable. C’est pourquoi il a suggéré le retrait des agents.

« Après le retrait des agents de sécurité, les gens de Déguédo Niaré, étaient mécontents. Deux personnes sont allées s’en prendre au plus âgé en le tabassant dans son domicile au motif qu’il a informé Sirakoro Niaré.

Ces derniers ont informé les habitants de Sirakoro Niaré de ce que les gens de Déguédo Niaré leur ont fait. A ses dires, c’est ainsi qu’un groupe d’individus venant de Sirakoro Niaré ont pris d’assaut le village de Déguédo Niaré.   « La police et la gendarmerie de Dialacorodji ont intervenu. Il ressort de leur rapport que le constat est alarmant. Un renfort a été envoyé sur place. Les choses sont rentrées dans l’ordre le premier jour. Le deuxième jour, lorsque les enfants de Sirakoro Niaré partaient à l’école, ils ont été agressés par les jeunes de Déguédo Niaré.  Les hostilités ont repris », explique-t-il. Informé par le chef de peloton, le préfet par intérim, Harouna Diarra a dépêché une mission sur le terrain en vue de sensibiliser les deux parties. Les gens de Sirakoro ont décidé d’enterrer la hache de guerre tout en exhortant la mission de sensibiliser son camp.

« Au lieu de donner la vraie version des faits, on m’accuse à tort d’être partisan de ce conflit », s’étonne Harouna Diarra. Interpelé, Harouna affirme avoir répondu au ministre et au gouverneur. Ces chefs hiérarchiques ne l’ont accusé d’être complice de ce conflit. « J’ai toujours œuvré pour la cohésion sociale entre le peuple de ma circonscription car notre développement en dépend », a conclu Harouna Diarra.

N.D

 

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