Insécurité au féminin : Les voleuses de la grande mosquée de Bamako aux arrêts

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Le vol ne se conjugue pas seulement au masculin. Il se féminise aussi de plus en plus. Pour preuve, un groupe de filles mères vient d’être mis hors d’état de nuire par la brigade de recherche du 3e arrondissement, le 13 février dernier pour flagrant délit de vol et association de malfaiteuses. La bande réputée très dangereuse, régnait en vraie guerrière aux alentours de la grande mosquée de Bamako à Bagadadji en Commune II du district.rn

Elles s’appellent Awa Guindo, native de Ségou, domiciliée à Djioroni-Para en Commune IV, Oumou Coulibaly, originaire de Ségou, domiciliée à Lafiabougou-Koda en Commune IV du district, Mariam Coulibaly, native de Bamako, domiciliée à Fadjiguila en Commune I, Fatoumata Tangara, née à Bla, domiciliée à Bozola en Commune II, Kadiatou Diawara ou Daou, née à Sirakoro dans le cercle de Kati, domiciliée à Banconi en Commune I, Oumou Alassane Coulibaly et Aminata Traoré.

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Venant de différents quartiers du district de Bamako, chaque jour que Dieu fait, ces filles mères se rencontrent dans leur tanière devant la grande mosquée de Bamako. Ici, elles montent leur stratégie qui consiste à distribuer à chacune de la bande un rôle bien précis au cours de leurs opérations. Ce travail préliminaire terminé, elles se dirigent vers des lieux ciblés, notamment des boutiques de vente de tissus et d’objets électroménagers où l’affluence n’est pas grande. Leur dernière victime en date est Mme Camara Bintou Camara, gérante d’une boutique de vente de tissus, dénommée « Bintou Boubou Shop » sise à Missira en Commune II. Dans la journée du 12 février dernier, les sept voleuses ciblent cette boutique où elles n’étaient pas à leur première visite.

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A leur arrivée, elles trouvent au guichet seule une jeune fille à l’air visiblement candide. Les visiteuses rendent grâce à Dieu, croyant qu’elles avaient la chance d’opérer sans se faire surprendre par la vendeuse. Aussitôt, comme on pouvait déjà l’imaginer, elles mettent en branle leur machine infernale en se répartissant en trois groupes. Le premier groupe avait pour rôle de discuter du prix des marchandises avec la vendeuse. Quant au second groupe, il avait pour rôle de faire semblant de faire le choix et de profiter de l’inattention de la tenancière des lieux pour glisser le butin au troisième groupe posté au seuil de la porte du commerce.

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Malheureusement, ce jour, la baraka n’était pas avec les visiteuses. A peine ont-elles mis à exécution leur plan que la tenancière des lieux aussitôt crié aux voleuses. Les sept voleuses tentent de prendre leurs jambes au cou. Mais, ce fut une peine perdue, car le mari de la propriétaire de la boutique, malgré son âge, se fait épauler par les voisins immédiats pour mettre fin à la course de quelques unes des gredines en possession d’une partie des objets volés. Elles sont conduites au commissariat de police du 3e arrondissement où elles sont mises à la disposition de l’Epervier du Mandé, l’inspecteur principal de police Papa Mambi Keita et ses cobras de la brigade de recherche.

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La tanière des délinquantes sous l’orage

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L’Epervier du Mandé et ses hommes saisis de l’affaire, ont organisé une opération de salubrité dans la tanière des suspectes aux alentours de la grande mosquée de Bamako. Sans difficulté, ils mettent le grappin sur les autres membres de la bande. Selon des informations, la tête pensante du groupe dont l’identité n’a pas été révélée, aurait eu le temps de se volatiliser dans la nature à l’annonce de la présence de l’Epervier du Mandé et de ses éléments sur son territoire.

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Qu’à cela ne tienne, les policiers ont continué leur enquête en interrogeant les sept voleuses sur les faits qui leur sont reprochés. Aucune d’elles n’ayant pas pu nier les faits, elles se sont mises à rejeter la responsabilité les unes sur les autres. Les voleuses, pour éviter le voyage au centre de détention pour femmes et pour mineurs de Bollé, ont demandé des circonstances atténuantes à leur victime. Mais en vain. Celle-ci explique son refus par le fait que la bande des sept a pillé son commerce. Cela dure cinq mois, nous confie-t-elle que ces mêmes filles commettent jour pour jour des vols de tissus dans sa boutique.

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A chaque inventaire de ses marchandises, elle constate des manquantes. Elle ne sait pas comment cela a pu arriver. Elle s’en est alors remise à Dieu jusqu’au 12 février 2007 à 15 heures 30 minutes, date à laquelle le voile s’est levé sur les voleuses qui n’avaient d’autres intentions que de mettre à genou son commerce. Elles ont emporté plus d’une quarantaine de pièces de tissus. Seule la justice les départagera, conclut Mme Camara Bintou Camara très en colère.

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Au moment où l’inspecteur principal de police Papa Mambi Keita s’apprêtait à clôturer son dossier, la demoiselle Oumou Coulibaly en état de grossesse avancée a accouché d’un garçon qui prendra sûrement le nom de l’Epervier du Mandé en charge du dossier ou du Vautour des rails, le Contrôleur général de police Moussa Sissoko chargé dudit commissariat ou du moins un magistrat du tribunal de la Commune II dont les sept voleuses vivent sous le couvert.

rnO. BOUARE

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