Denrées de première nécessité : Le gouvernement maitrise la hausse des prix et veille à l’approvisionnement du pays

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Le ministre de l’Industrie et du Commerce Mahmoud Ould Mohamed et son collègue de l’Economie et des Finances Alousséni Sanou étaient face à la presse le mardi 22 novembre dernier. Objectif : expliquer l’évolution et l’évaluation de la situation des prix sur un marché mondial où la demande est plus élevée que l’offre. Sans oublier la crise à laquelle le pays fait face depuis 2012.

Qu’est-ce qui a été fait pour que le choc soit moins ressenti dans les ménages ?

L’objectif de cette rencontre, une deuxième en  mois, était d’expliquer aux compatriotes, les assurer et rassurer que le gouvernement va continuer à prendre en charge et à prendre en main toutes les questions qui sont liées à la maitrise des prix et de leur pouvoir d’achat.

En présentant les stratégies mises en place pour renforcer le pouvoir d’achat des citoyens et diminuer l’impact des prix à l’international, Alousséni Sanou dira qu’ils ont des plans d’actions. Ce qui fait que malgré l’enclavement du pays, les prix restent maitrisés dans un contexte difficile sur le plan international et national.

Pour lui, depuis 2012, les investissements dans le cadre de la lutte contre l’insécurité, axe important dans le plan d’action du gouvernement, impactent fortement sur la situation budgétaire du pays. La logistique du commerce mondial, avec la crise de la Covid-19, est devenue très chère. Selon lui, un conteneur qu’on avait à 3500 dollars est vendu aujourd’hui à 17 500 dollars. Autres raisons évoquées par lui : la baisse de production à 50% au Brésil et en Malaisie, deux pays producteurs du sucre et de l’huile alimentaire. A  cause de la Covid-19, dit-il, la Chine qui était un pays exportateur est devenue un pays importateur. Ce qui fait que les prix de ces denrées alimentaires ont fortement augmenté sur le marché mondial, sur lequel le Mali importe. Sans oublier la crise institutionnelle qui a vu le départ des bailleurs. « Même s’ils sont de retour, les appuis budgétaires sont très rares alors que c’est ces appuis qui permettent à l’Etat d’équilibrer son budget afin de pouvoir faire face à des dépenses comme les subventions. Donc, un manque à gagner sur les recettes globales du budget », a-t-il ajouté.

D’après le ministre de l’Economie et des Finances, il faut faire face à une réduction drastique de nos recettes en sachant que la crise sécuritaire nous fait perdre au moins à 4% du PIB en recettes. Et ne maitrisant pas une grande partie de nos frontières, la douane ne peut pas percevoir les droits qu’il faut. Ce qui fait que le Mali a eu un manque à gagner d’environ plus de 400 milliards FCFA au moment de  l’embargo de la Cedeao. « Aujourd’hui, progressivement, on est en train de remonter la pente. Pour dire que face à ces crises, il fallait que l’Etat puisse répondre aux besoins des populations. Il faut que chaque action qu’on pose puisse impacter la vie des Maliens », a-t-il rassuré.

Autre acte posé pour répondre aux besoins des citoyens en augmentant le pouvoir d’achat des salariés, affirme-t-il, c’est l’harmonisation de la grille salariale avec un impact annuel d’environ 200 milliards FCFA. Et pour les non-salariés, il dira qu’il fallait trouver des mesures. D’où les abandons fiscaux pour les entreprises. C’est-à-dire, ajoute-t-il, les faire payer moins d’impôt. Ce qui a fait un impact d’environ 7 milliards FCFA. « Pour permettre à ces entreprises de continuer à travailler, il fallait payer la dette intérieure. Nous avions à peu près 204 milliards de dette fournisseurs en novembre 2020, 240 milliards en novembre 2021 et aujourd’hui, nous avons à peu près 145 milliards de dette fournisseurs en 2022. Donc, nous avons eu à payer 398 milliards de dette intérieure pendant la période pour permettre aux entreprises de fonctionner et de payer les salaires des employés », a-t-il expliqué. Avant d’ajouter qu’à travers le programme « Jiguisémé Yiri », le gouvernement a mis 39 milliards au profit des personnes démunies par paiement Orange Money, à raison de 100 000 FCFA par ménage recensé.  A en croire Sanou, ils ont continué à faire des subventions sur les produits de première nécessité en deux vagues. Ce qui a fait un manque à gagner de 17 milliards 640 millions FCFA sur le riz en 2021 et 2022. Sur le sucre, le pays est à 8 milliards 151 millions FCFA de manque à gagner en 2022. Sur le lait, 3 milliards 93 millions FCFA de manque à gagner et sur l’huile alimentaire 1 milliard 675 millions FCFA de manque à gagner. Sur les produits pétroliers, en 2021, 19 milliards, en 2022 115 milliards, soit un total de 132 milliards 600 millions de manque à gagner. Sur le gaz, 17 milliards en 2021 et la subvention arrêtée en mai 2022. Sur les graines de coton, ils sont à 3 milliards 252 millions FCFA. Pour les producteurs de farine, ils ont un contrat qui coûte 75 milliards sur 3 ans ce qui fait 25 milliards de manque à gagner sur les impôts. Aussi, des subventions sur tout ce qui est santé, plus de 10 milliards pour les achats des médicaments, 10 milliards pour les achats de vaccins, 528 millions pour les femmes cancéreuses, pour les intrants, 17 milliards pour la partie ministère du Développement rural et 40 milliards sur le coton, sur la césarienne la subvention est de 3 millions 700 mille FCFA, etc. « Toutes les actions que nous engageons visent à impacter d’abord la vie des Maliens », a-t-il donné l’assurance.

« Si à l’international le riz a connu une augmentation de 53%, au Mali, sur le marché, à cause de la subvention, elle n’a été que de 1,1%. Au moment où le prix du blé a augmenté de 43,7% sur le marché, au niveau national il n’a augmenté que 1,4%. Même chose pour le lait (43,4%) contre 0,6% au niveau national. Les huiles alimentaires ont connu une augmentation de 14,4% à l’international contre 0,3% au niveau national. Le sucre qui est de 7,6% à l’international n’a augmenté au Mali que de 3%. Ça fait plusieurs mois que le département de l’Economie et des Finances ne perçoit plus de droit sur les hydrocarbures. Au moment où les prix des hydrocarbures ont augmenté de 36,6% à l’international,  au Mali les prix n’ont pas connu d’augmentation, l’amplitude était de 0% », a ajouté Mahmoud Ould Mohamed, ministre de l’Industrie et du Commerce.

Pour plus de précision, il explique qu’au moment où le riz brisure est vendu à 600F à Abidjan, 500f à Ouaga, 375 F à Cotonou, 500F à Dakar, 350 à Lomé, 400F à Conakry, il est à 450F à Bamako. Le sucre en poudre vendu à 1000F à Abidjan, 800 F à Ouaga, 650F à Cotonou, 600F à Dakar et à Lomé, 700f à Conakry, est cédé à 650f à Bamako. Le lait en poudre, qui est à 2800F le kilo à Abidjan, à Conakry, à Lomé et à Cotonou, 3000F à Ouaga,  2900 à Dakar, est à 3000f à Bamako. Pour dire que le gouvernement consent d’énormes efforts pour soulager les populations malgré les multiples crises et dans un pays qui n’a pas de port.

Moussa Sékou Diaby

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