Exploitation de la gomme arabique au Mali : Un secteur d’avenir

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Depuis quelques années, les autorités maliennes, en l’occurrence le Ministère du Commerce  et de l’Industrie fait de l’exploitation de la gomme arabique son cheval de bataille. Pour développer le secteur, le département a initié un projet de développement de la filière gomme arabique. Il s’agit du projet de renforcement des capacités productives et commerciales de la gomme arabique.

C’est un projet structurant en cours de réalisation par l’Unité de Mise en Œuvre du Cadre intégré sous la tutelle du MCI. Le projet a été formulé sur la base d’une stratégie élaborée avec l’implication des acteurs, en collaboration avec le Centre du Commerce International (CCI) sis à Genève. Le projet s’appuie sur les initiatives des communautés de base et celles du secteur privé.

La stratégie d’intervention consiste à agir sur plusieurs maillons de la filière, de la production jusqu’à la mise sur le marché, sur la base des exigences commerciales et réglementaires, c’est-à-dire de la demande.

L’objectif du projet est d’améliorer les revenus des acteurs directs (producteurs, collecteurs, et exportateurs) de la filière gomme arabique et de contribuer  à la réduction de la pauvreté au Mali par l’exploitation rationnelle et l’exportation de gomme arabique.

Il concerne 13 zones d’interventions, à savoir :  Kayes, Nioro, Yélimané, Diéma, Nara, Ségou, Niono, Mopti, Ténékoun, Gourma Rarhouss, Douentza, Youarou et Niafounké.

Au delà du projet, deux raisons importantes ont poussé le MCI à s’engager dans l’exploitation de la filière.

La première raison, il s’agit de sa demande et de son offre sur le marché international.  La demande de la gomme arabique sur le marché internationale  est loin d’être satisfaite. La gomme arabique est l’un des produits rares dont la demande se situe bien au-delà de l’offre. Au cours de la dernière décennie, les exportations de la gomme arabique de l’Afrique Subsaharienne sont passées de 45 000 à plus de 80 000 tonnes par an soit 70% du marché mondial en 2010. Cette demande qui devrait atteindre 150 000 tonnes en 2020, n’est aujourd’hui satisfaite qu’à hauteur de 60%. Les perspectives d’avenir pour le développement de la gomme arabique sont très encourageantes. La France, l’inde et les Etats-Unis sont les trois principaux pays importateurs  de gomme arabique avec environ 75% des importations mondiales en 2012. Courant l’année 2012,  88 000 tonnes ont été importés dont 37 500 tonnes pour la France, 19 650 tonnes pour l’Inde et 9 541 tonnes pour les Etats-Unis. Cette configuration est entrain de changer avec les demandes de plus en plus importantes des pays émergeants. La demande de la gomme arabique est essentiellement tirée par les  industries agro-alimentaires, en particulier celles liées aux boissons (coca-cola)  et produits laitiers (Pepsi et Danone).

La gomme brute est transformée par des industries spécialisées d’Europe (NEXIERA, ex Colloïde International et des Etats-Unis qui fournissent  les grands groupes  agro-alimentaires.

L’offre : les zones de production de la gomme arabique sont circonscrites dans la bande Sahélienne de l’Afrique. Trois pays principaux (Soudan, Nigeria et Tchad) se partagent 90% de la gomme arabique exportée sur le marché mondial, tandis que quinze autres pays africains  se partagent 10% restants (Ethiopie, Tanzanie, Cameroun, Togo, Sénégal, Mali, Niger, Burkina Faso, Kenya, Erythrée, Ouganda, Somalie).

Le commerce de la gomme arabique se caractérise donc par des opportunités de parts de marchés importants  non satisfaites. Le MCI entend saisir cette opportunité pour augmenter la part de marché de notre pays en appuyant les acteurs de la filière. Eu égard aux potentiels existants dans notre pays, connu jadis pour sa production, l’objectif du MCI est légitime et raisonnable.

La deuxième raison, l’impact social : contribution à la solution du fléau de l’émigration. L’exploitation de la gomme arabique est une activité génératrice de revenus. Le marché porteur de la gomme arabique permet aux acteurs d’obtenir des ressources additionnelles. Ce qui permet aux jeunes de gagner leur pain sur place et les dissuader de tenter l’aventure de l’émigration avec les risques qui l’accompagnent. Elle contribue à la subsistance des familles paysannes. Elle est également pratiquée par des groupes marginalisés tels que les éleveurs nomades, dans les peuplements naturels.

Elle crée un revenu additionnel  qui permet aux agriculteurs et éleveurs  de subvenir aux besoins quotidiens de leurs familles respectives : dépense de santé, mais aussi les alimentaires lors que les greniers se vident et les prix des céréales augmentent lors de la période de soudure.

                                                                                                                                        Mamadou DOLO

                                                                                                                                dolo@journalinfosept.com

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