Gestion de la transition au Mali : Assimi Goïta outrepasse-t-il ses missions ?

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La question mérite d’être posée au regard de ce qui se passe à Koulouba. En tout cas, de sérieuses inquiétudes planent sur la collaboration entre le Président de la transition Ba N’Daw et son vice-président, Colonel-major Assimi Goita.

Dans la  charte de la transition, il est mentionné que le vice-président de la transition est chargé des questions de défense et de sécurité. Il peut remplacer le président de la transition en cas d’empêchement temporaire ou absolu de celui-ci. Du coup, ce poste de vice-présidence de la transition fait aujourd’hui l’objet de critiques acerbes en raison de la confusion qui plane sur ses missions. D’ores et déjà, certains observateurs ne digèrent pas le fait que le vice-président assiste aux audiences du président de la transition.  Assimi Goïta a été aperçu à Koulouba aux côtés de Ba N’Daw, lors des audiences que ce dernier a accordées en début de semaine aux Ambassadeurs de France, de Chine et de la Suisse au Mali.

«C’est inadmissible que le vice-président assiste aux audience du président. C’est du jamais ailleurs dans le monde. Je m’interroge s’il y a  encore d’intellectuels au Mali. Comment peut-on admettre une telle chose », s’indigne un enseignant à la retraite. Ce dernier pense que le vice- président outrepasse ses missions en assistant aux audiences du Chef de l’Etat et il doit être recadré.

Autre acte intolérable posé par le chef de la junte, c’est le fait d’avoir nommé le chef d’Etat-major particulier du président de la transition, avant même l’investiture de ce dernier. Que manigance donc le vice-président de la transition ?

En attendant de trouver la réponse, nombreux sont les Maliens qui estiment que le vice-président de la transition chargé des questions de Défense et de sécurité, Assimi Goïta a sa place sur le terrain.  C’est là où  il peut conquérir la confiance des Maliens et non sous les climatiseurs de Koulouba. Surtout, quand on sait que son poste de vice-président n’est pas du goût d’une frange importante de Maliens et de la communauté internationale. Nul n’ignore qu’après la désignation d’un Président civil (Ba N’Daw) à la tête du pays et d’un Premier ministre civil (Moctar Ouane), la levée des sanctions  de la CEDEAO sur le Mali est désormais conditionnée à l’éclaircissement des missions du vice-président ainsi que ses rapports avec le président de la transition. S’y ajoutent, la dissolution du comité national pour le salut du peuple (CNSP) et la libération des personnalités détenus par la junte à Kati.

Le vice- président, Assimi Goita galvanise ses troupes !

«Les Maliens ont besoin de sécurité, ils la sentiront dans les prochains jours»

C’est du moins, la promesse faite aux Bamakois par le vice-président de la transition, Colonel-major Assimi Goïta. C’était lors d’une rencontre qu’il a eu, mercredi 29 septembre dernier, avec l’ensemble les responsables des forces de sécurité  du District de Bamako.

A peine investi vice-président de la transition, chargé des questions de défense et de sécurité, le Colonel-major Assimi Goita s’attelle à la tâche. Il a rencontré les responsables des différentes composantes des forces de sécurité et de défense. L’objectif de cette rencontre était de mettre en ordre de bataille les forces de sécurité pour faire face à l’insécurité qui prend de l’ampleur dans le District de Bamako. Au cours de cette importante rencontre, le vice-président de la transition a donné de l’assurance aux Bamakois.

Conscient de la gravité de la situation sécuritaire du pays, il a rassuré les populations que les mesures idoines seront prises sans tarder pour inverser la tendance à Bamako et à l’intérieur du pays. Selon lui, les populations vont sentir le changement et la sécurité dans les très prochains jours.

«Nous allons tout mettre en œuvre afin que  les Maliens se sentent en sécurité. Nous allons le faire de façon graduelle avec nos moyens que nous disposons. Les maliens sentiront le changement dans les jours a venir », a assuré le vice-président Assimi Goïta. Il a d’ores déjà instruit aux responsables de la sécurité de Bamako à prendre des mesures immédiates, afin que les populations puissent circuler et  dormir en toute quiétude  à Bamako. Le vice-président de la transition  ne tardera pas pour se rendre à l’intérieur du pays pour expliquer ses missions et galvaniser les troupes qui sont au front. Surtout, quand on sait que plus des deux tiers du territoire national sous le joug des terroristes.

Aboubacar Berthé

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6 COMMENTAIRES

  1. Poitiers la 1ere le mali d une façon ou d une autre s est dotée de la fonction de vice présidence, un système sans 1er ministre comme aux USA et dans les états anglophones d Afrique.
    Normalement le vice président s il est présent doit pouvoir assister aux audiences.
    Si cela peux créer la confiance entre les deux ou est le problème ?
    Dans tous les cas,le président Ba Ndaw sans avoir les moyens de coercition, qui est l armée,ne réussira pas sa mission.
    De grâce, pour 18 mois il faut mettre en avant le mali et non des problèmes d ego.

  2. CHER ONCLE AG AZAMANE,

    SVP DITES NOUS QUELLES POUVAIENT ETRE LES CONSEQUENCES D UNE SUSPENSION DE LA CONSTITUTION DANS LES DEUX COUPS RECENTS, SURTOUT L INTEGRITEE TERRITURIALE ET LES ACCORDS INTERNATIONAUX ET BILATERAUX?

    SINCEREMENT
    VOTRE NEVEUX FIRHOUNA

  3. @
    Les lois occidentales sont elles adaptées au contexte africain voilà la question à se poser

    Goita ne singera pas le blanc.

    Il faut que l’on crée notre propre loi adapté à nos réalités pour une refondation non basé sur lo occidental modèle

    Nous ne sommes pas nés avec la colonisation
    L’a démocratie à l occidentale permet d avoir des ibk au pouvoir et permet de faire des détournements sans impunites

    Donc il faut par exemple supprimer l immunité diplomatique des députés qui est une taré du système occidental que l o’ à copie bêtement
    Il faut permettre la destitution aisée des incompetents ds la haute fonction publique et pas les muter comme en occident. car c est une autre taré que l on a copié bêtement.
    Pareills pour les insuffisances professionnelles ds l administration et les hôpitaux et les écoles
    L état malien doit viser l excellence Allemande

  4. Mr Assimi Goita.n est pas un nègre de salon normal que ça dérange les nègres de salons se disant Intellectuel

  5. Suspension de la constitution et exception constitutionnelle suite aux 4 coups d’Etats intervenus au Mali : « « CE-4/CMLN, CTSP, CNRDE et CNSP »:

    1) En fin 1968, le coup d’Etat de GMT avait suspendu la première Constitution du Mali indépendant ; le CMLN prend le pouvoir et l’assume par ordonnances jusqu’en 1974 lorsque la deuxième constitution fut votée par référendum ;
    2) En Mars 1991, le coup d’Etat de ATT, qui paracheva la révolution démocratique de AOK et C°, avait suspendu la constitution du CMLN de 1974 et la remplace, en Février 1992, par la troisième Constitution qui découle la transition assumée par le CTSP de ATT et Zou ;
    3) En Janvier 2012, le coup d’Etat de Haya Sanogo, qui ne suspend pas la constitution Février 1992, le CNRDE des bidasses de Kati dissout et laissant vite la place à la Transition de Dionkis ;
    4) En Août 2020, le coup d’Etat des bidasses de Kati-camp amenés par le colonel Assimi Goïta, paracheva, sous le label CNSP, la chute de IBK affaibli par les manifs du M5-RFP, ne suspend pas la constitution de Février 1992, mais, c’est tout comme puisqu’il lui substitue l’Acte fondamental du CNSP et la Charte de la transition qui, en son article 25, précise qu’« en cas de contrariété entre la Charte de la transition et la constitution de 1992, les dispositions de la présente Charte s’appliquent » ; c’est donc par une « exception constitutionnelle » que le Mali sera gouverné pendant les prochains 18 mois !

    En résumé, je note que : 1) GMT et ATT furent des « militaires, a chouia, vertueux », cependant que Haya Sanogo et Assimi Goïta sont des « militaires hâbleurs assoiffés du pouvoir » et, 2) le premier et le deuxième coup d’Etat avaient suspendu la constitution ; le troisième n’en a pas eu le temps et le quatrième la mise entre parenthèses, donc suspendue de fait et de jure ; pour étayer cette dernière assertion, il est à noter que dans la Charte de la transition promulguée le 1ier Octobre 2020 et publiée au Journal Officiel du Mali, l’abrogation de l’Acte fondamental de la junte et la dissolution du CNSP, conditions exigées par la CEDEAO, ne sont pas satisfaites.

    En tout état de cause, il me semble politiquement correct que l’embargo de la CEDEAO demeure tant que: 1) le CNSP n’est pas dissout, 2) un gouvernement civil n’est pas mis sur place, 3) l’acte fondamental du CNSP n’est pas abandonné et 4) le CNSP n’est pas dissout ; en effet, le Mali ne doit pas avoir 2 gouvernements, ou un gouvernement de transition bourré de militaires ou 2 Constitutions. Le téméraire Assimi Goïta (« le Dadis Camara-bis de la Guinée-Conakry ») doit le comprendre et laisser la gestion des affaires au PR Bah N’Daw et au PM Moctar Ouane, pour aller faire la guerre avec les FAMA et la gagner !

    Sincèrement

  6. Alchimi Goita, tu disais lors de ta premiere prise de parole, nous avons autre chose a faire que de nous maintenir au pouvoir. L’heure est venu pour toi de respecter ta parole. Efface toi et occupe toi des questions de sécurité ton salut y reside. Avec mes voeux de succès pour notre armée Nationale sur ton Leadership. Vas y , quitte sous les projecteurs la n’est pas ta place digne fils du Mali. Nous te chanterons et te louerons Inch Allah après les glorieuses victoires sur le champ de l’ honneur. Soit désintéressé par le bien materiel et tu sortira grand comme à jamais. Que Dieu te guide Goita

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