Chasse aux étrangers : L’Algérie refoule des Maliens vers le Niger

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Après avoir été arrêtés dans de conditions inhumaines et refoulés de l’Algérie, 133 migrants maliens sont rentrés au  bercail, le 8 décembre 2020, en provenance du Niger.

 A bord d’un vol affrété par l’Organisation internationale de la migration (OIM), une centaine de nos compatriotes refoulés de l’Algérie, sont arrivés à Bamako. Ils sont 133 de nos qui ont été accueillis à l’aéroport Président Modibo Keita-Senou par le chef d’antenne de la DGME, de l’OIM, du HCME.

Il s’agit entre autres des ressortissants maliens arrêtés ou en transit, des employés qui étaient sur des chantiers, ou encore ceux n’ayant pas de visas pour séjourner en Algérie.

Pourquoi l’Algérie refoulet-elle les migrants ? En effet, depuis plus d’un an, elle procède à des expulsions massives et forcées vers le Niger.

Si les autorités algériennes avancent les raisons sanitaires (la Covid-19), et de sécurité nationale, des migrants et des travailleurs humanitaires cités par l’organisation de défense des droits de l’Homme « Human Rights Watch » estiment que l’Algérie n’a jamais complètement cessé d’expulser des migrants vers le Niger, même après la fermeture officielle des frontières en mars dernier à cause de la pandémie Covid-19. Selon les mêmes sources, les récentes rafles et expulsions sont la plus forte de ces types d’opérations depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Les opérations de chasse aux sorcières se effectuées dans plusieurs villes. « Dans au moins neuf villes au cours des dernières semaines, les autorités algériennes ont expulsé des milliers de migrants et de demandeurs d’asile vers le Niger, après des rafles en série. Il s’agit de personnes de plusieurs nationalités, pour la plupart des Africains subsahariens », a déclaré Human Rights Watch qui ajoute que « les forces de sécurité ont séparé des enfants de leurs familles lors d’arrestations de masse, dépouillé des adultes de leurs biens, empêché de contester leur expulsion et refusé de vérifier leur éligibilité au statut de réfugié ». Toujours selon l’organisation, plusieurs dizaines de demandeurs d’asile enregistrés auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) font partie des personnes arrêtées, dont plusieurs ont déjà été expulsées.

HRW poursuit que depuis le début du mois de septembre 2020, l’Algérie a expulsé plus de 3 400 migrants d’au moins 20 nationalités différentes vers le Niger, dont 430 enfants et 240 femmes. Cela porte le nombre de personnes expulsées sommairement vers le Niger cette année à plus de 16 000, dont un peu plus de la moitié sont des Nigériens.

Les autorités algériennes ont regroupé la plupart des migrants dans de camions ou de bus bondés, avant de les remettre à l’armée nigérienne, dans le cadre de convois de rapatriement « officiels ». D’autres étaient dans de convois dont les passagers étaient de nationalité mixte ou  ont été abandonnés en plein désert, près de la frontière.

Le malheur de certains occasionnant le bonheur des autres, l’Union européenne se dit satisfaite de certains cas de refoulement ;  notamment ceux en transit. « L’Union européenne est très satisfaite de la bonne coopération avec le Niger qui a permis d’enrayer les flux migratoires du Sud vers le Nord », rapporte Martin Wyss, chef de l’Organisation internationale des migrations (OIM) basée au Niger.

Mohamed Keita

 

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