L’encens, un produit aux nombreuses vertus

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L’encens est un produit utilisé par les femmes maliennes pour parfumer la maison. Sa décoction est également utilisée pour soigner des maladies. Toutefois, l’utilisation de l’encens peut avoir des effets négatifs sur la santé.

L’encens désigne un ensemble de substances dégageant une odeur agréable lors de leur combustion ou de leur chauffage. Il est communément admis que les fumigations furent les premiers parfums de l’humanité.

L’encens existe sous différentes formes : les présentations non façonnées et les présentations façonnées. Les premières sont représentées par les résines brutes, l’éclat de bois odorant ou épices entières d’un côté et des poudres de résine, de bois ou d’épices ; les versions façonnées comportent les bâtons, les cônes, les boulettes.

Le façonnage de l’encens est beaucoup plus répandu. Ainsi, des poudres de plantes, résines ou aromates sont mélangés avec du miel ou des poudres aromatiques, parfois renforcées d’huiles parfumées. La combustion de l’encens n’est pas nouvelle dans les sociétés africaines, notamment dans la société malienne. L’encens est un produit utilisé par les femmes maliennes pour se parfumer ou les chambres.

Selon Mariam Coulibaly, vendeuse d’encens, le marché de l’encens dépend de sa qualité. Il est acheté généralement par les femmes mariées et a une importance immense pour les femmes dans les foyers. « L’encens va de pair avec la vie d’une femme », commente-t-elle. Il est utilisé, selon elle, dans la chambre pendant la période de fraîcheur pour la rendre un peu chaude. Cela, affirme-t-elle, donne l’envie d’y rester.

La vendeuse a aussi ajouté que pendant la période de chaleur, l’encens est utilisé pour donner une odeur fraîche à la chambre de femmes allaitantes. Elle confesse que la combustion fréquente de l’encens par une femme peut amener son mari à l’aimer davantage.

Pour Awa Doumbia, le marché de l’encens est florissant. Il est acheté par les femmes d’un certain âge, les jeunes femmes et, parfois, par certains hommes. Selon elle, avec l’encens, la femme et sa chambre sentent bon. Et l’atmosphère fraîche avec son mari.

Un avis partagé par plusieurs femmes dont Djélika Traoré, vendeuse d’encens brut (avant d’être mélangé avec d’autres produits) au marché de Kalaban-Coro. Elle déclare que cette forme d’encens peut non seulement être utilisée pour rafraîchir la chambre, mais aussi les toilettes.

Sa décoction peut être utilisée pour traiter certaines maladies comme les maux de ventre. « Moi-même, je le bois de temps en temps, même souvent mes enfants, lorsqu’ils souffrent de certaines maladies comme les maux de ventre, je le bous et le mélanger avec un autre arbre (bagana) et leur faire boire » confesse-t-elle.

Toutes les femmes rencontrées s’accordent sur les vertus de l’encens.  Toutefois, Fatim, vendeuse d’encens au marché de Kalaban-Coro, estime que le marché n’est pas florissant. Elle dit vendre de l’encens depuis des années. Démotivée, elle affirme avoir l’intention d’abandonner le commerce de l’encens.

La fumigation de l’encens n’est pas sans effet négatif sur la santé.  L’encens dérange les personnes souffrant d’asthme. Ce que reconnaissent les vendeuses du produit. Elles affirment qu’il y existe des formes d’encens contenant certains produits chimiques qui peuvent avoir des effets néfastes sur la santé des utilisatrices, surtout celles qui souffrent d’allergies.

Pour le sociologue Mahamadou Dioura, l’encens est utilisé en Afrique depuis l’antiquité. D’ailleurs, révèle-t-il, la parfumerie est une invasion africaine. C’est un élément assez important dans la société malienne, souligne le chercheur qui affirme que le produit joue une fonction préventive, curative et de vivification.

« L’encens utilisé sous forme de tisane permet de vivifier l’organisme. Il joue un rôle très déterminant contre les mauvais esprits et soigne les maladies », analyse le sociologue qui estime que la bonne odeur suscite les bonnes dispositions (intimité et hospitalité). « Le type de parfum utilisé par la femme permet à son conjoint de connaître les dispositions dans lesquelles elle se trouve » précise-t-il.

Fadiala N. Dembélé, Stagiaire

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