Relance du processus de paix : Après un report de près d’un an, la réunion de niveau décisionnel ouverte le lundi

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Depuis le lundi 1er août, Bamako abrite la 2e réunion de niveau décisionnel sur des aspects clés de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Censée durer jusqu’au vendredi 5 août prochain, cette rencontre plusieurs fois reportée est présidée par le Premier ministre, en présence d’une dizaine de membres de gouvernement ainsi que ceux de la médiation internationale. D’aucuns espèrent que les sujets discutés permettront d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord qui n’a eu que des avancées superficielles 7 ans après sa signature.

 

Le moins que le puisse dire c’est que toutes les parties prenantes au processus de paix ont répondu présents à l’exception de quelques un et non des moindres. Même si les ex-rebelles de la CMA sont bien représentés, leurs leaders charismatiques sont aux abonnés absents. C’est notamment le cas de Bilal Ag Acherif, Algabass Ag Intalla, le colonel Mohamed Ag Najim, etc. On sait généralement qu’une rencontre de ce genre sans la présence de ces ténors de la rébellion n’atteindra pas les résultats escomptés. De plus, un regroupement de mouvements armés impliqués dans le processus de paix en l’occurrence la Coordination des Mouvements de l’Inclusivité (CMI) a boycotté la rencontre reprochant le ministère de la Réconciliation d’avoir modifié unilatéralement la liste de ses représentants.

 

En tout état de cause, cette réunion est censée être l’occasion d’échanger sur des sujets cruciaux destinés à remettre à l’heure les pendules du processus de paix. Rappelons que cette réunion devait se tenir avant la fin de l’année dernière conformément aux recommandations de la 45e session du Comité de Suivi de l’Accord (CSA) qui avait eu lieu au mois d’octobre 2021. Elle n’a pu se tenir à cause des divergences liées au nouveau regroupement créé par les mouvements armés à savoir le Cadre stratégique Permanent (CSP) dans lequel le gouvernement souhaitait y prendre une part active, y compris la présidence actuellement assurée par Fahad Ag Almahamoud.

 

L’intégration de 26 000 ex-combattants en deux tranches

 

 Ainsi, depuis octobre dernier aucune réunion du CSA n’a pu se tenir à cause de ces divergences. A cause du statut quo, des menaces d’une reprise des hostilités n’étaient pas à exclure. On se rappelle d’une récente réunion tenue à Kidal où les ex-rebelles reprochant aux autorités de la transition de « n’avoir posé aucun acte dans la mise en œuvre de l’Accord » ont menacé « d’en tirer toutes les conséquences ». En tout état de cause, même si les divergences n’ont pas été dissipées, cette réunion de niveau décisionnel a pu se tenir faisant espérer une reprise de la mise en œuvre de l’Accord.

 

On se souvient que lors de la prise du pouvoir en août 2020, les militaires avaient promis de parachever la mise en œuvre des plus importantes dispositions de l’Accord avant la fin de la Transition.  L’organisation de cette réunion pourrait s’inscrire dans ce cadre même si les sujets à discuter ne sont pas des plus aisés. En effet, les participants se prononceront sur les modalités d’exécution de la décision gouvernementale d’intégrer 26 000 ex-combattants en deux tranches dans les Corps constituées de l’Etat y compris les forces armées de défense et de sécurité; la détermination d’une chaine de commandement militaire prenant en compte une participation aux niveaux stratégique, opérationnel et tactique; la mise en œuvre de réformes politiques et institutionnelles non liées à la nouvelle Constitution en cours d’élaboration.

De quoi permettre de rentrer véritablement dans le vif du sujet puisque depuis sa signature ce sont seulement des aspects superficiels de l’accord qui ont été appliqués. Le débat étant principalement focalisé sur la relecture ou la révision de ce document dont certains responsables reprochent de contenir des germes de la partition du pays. Pour autant, ce débat semble désormais derrière nous parce qu’on parle maintenant d’« application intelligente » sans que l’on sache véritablement ce que cela veut dire.

 

Par ailleurs, il convient aussi aux autorités actuelles notamment le Premier ministre qui avait de cette relecture de l’Accord son cheval de bataille, de convaincre l’opinion sur les raisons de l’« abandon en plein vol » de ce projet. Déjà, tout s’accorde à dire qu’il y a urgence d’évoluer rapidement puisque la situation sur le terrain ne fait que se détériorer coûtant la vie à des centaines de civils et provoquant le déplacement de milliers d’autres.

 

Cheick Bougounta CISSE

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