Patrimoine culturel et naturel : Le site historique de l’arche de Kamadjan doit être protégé

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L’arche de Kamadjan (photo ESSOR)
L’arche de Kamadjan (photo ESSOR)

L’Arche de Kamandjan, communément appelée ‘’Kamandjan donda na bôda’’ (la Porte d’entrée et de sortie de Kamandjan), est située à environ quatre kilomètres au nord-ouest du village de Siby. Ce paysage culturel et naturel est une véritable arche sculptée dans du grès, qui surplombe un massif de granite gréseux. Ce massif sert de muraille de protection à tout le village de Siby. Selon la légende, l’Arche est attribuée à Kamandjan, l’un des plus grands lieutenants de Soundjata Kéïta.

Le preux et légendaire général aurait  sculpté le massif granitique d’un seul coup de sabre, lors de démonstrations de puissance et de pouvoirs occultes, face à Soumangourou KANTé et ses troupes. A cet endroit sans issue, Il aurait frayé un passage pour ses troupes. La dissuasion par la magie aurait eu l’effet escompté. Le chef de guerre Soumangourou renonça à attaquer les troupes de Kamandjan, craignant la défaite. Ainsi, Kamandjan laissa aux générations futures les traces matérielles de sa puissance.

L’Arche de Kamandjan est un site naturel et historique impressionnant. Elle est un symbole pour toutes les familles Camara du Mandé originel. Elle a abrité des événements majeurs pour la fondation et l’épanouissement de l’Empire du Mali, nous explique Mahamadou Cissé, archéologue et chef de la Mission culturelle de Kangaba. C’est sur l’Arche, à Telikourou, un site associé, un endroit qui se prête aux réunions sécrètes, aux démonstrations de connaissances occultes, que s’est tenu, sous l’égide de Kamandjan Camara, Roi de Siby, le premier conseil de guerre du monarque (Soundjata) rentré d’ exil, vers 1232. Ont participé à ce conseil, dix (10) chefs de guerre ou chefs des clans du Mandé et leurs alliés.

Lors de ce conseil, Kamadjan, dernier grand roi des Camara, a transféré l’essentiel de son pouvoir politique et le secret des cases sacrées à Soundjata Kéïta, après son retour d’exil de Méma. Lors de ce conseil,  tous les chefs de guerre ont décidé de combattre pour Soundjata Kéïta. Après avoir remporté la victoire lors de la bataille de Kirina en 1235, une autre rencontre de Soundjata et ses alliés aurait eu lieu sur l’Arche, pour décider de l’élaboration de la Charte du Mandé et sa proclamation sur le site de Kurukan Fouga en 1236.

Les sites associés à l’Arche de Kamadjan sont la Grotte des lions ‘’humains’’ ; le lieu de camping ; le lieu de divination de Kamadjan ; la grotte sacrée de Kamadjan ; la grotte de sacrifice ; le site historique de Telikourou ; les voies d’escalades.

L’Arche de Kamandjan est un vestige de l’empire du Mali fondé au XIIIe siècle par Soundjata Keita. L’empire du Mali s’étendait entre le Sahara et la forêt équatoriale, l’océan Atlantique et la boucle du Niger sur les actuelles républiques du Mali, du Burkina Faso, du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée, de Guinée-Bissau, de la Mauritanie et une grande partie de la Côte d’Ivoire. Berceau de la charte du Manden, il connut son apogée au XIVe siècle.

Selon notre interlocuteur, malgré les dispositifs législatifs de protection, le site historique et naturel de l’Arche de Kamandjan et ses sites associés, souffrent des pressions anthropiques et de l’empiètement sur la couverture végétale. Les alentours immédiats du site font l’objet de pression foncière. Une grande partie de la zone, située dans la vallée à l’est de l’Arche, auparavant  utilisée comme champs par les populations, a été vendue et construite depuis par les propriétaires fonciers. En vue d’une meilleure protection du site, il est important de prendre des mesures appropriées afin d’exproprier les nouveaux acquéreurs, car la terre appartient à l’Etat et les alentours de cet important site culturel et naturel doivent être protégés. La zone de la vallée peut servir, par exemple, de parking ou d’espace de détente pour les visiteurs du site.

De nouvelles stratégies développées par le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme pour la préservation, la protection et la valorisation de cet important site touristique, sont mises en œuvre. Au cours de la 3ème édition du Festival international des arts et de la culture de Kurukan fuga en mai 2016, le ministre de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, a souligné que le gouvernement du Mali attachait une très grande importance à la protection et la promotion du patrimoine culturel et touristique de l’aire culturelle du Manden.

Le témoignage éloquent est la création d’une Mission Culturelle à Kangaba en 2012, un service de proximité pour la conservation et la promotion du riche patrimoine culturel et naturel de cette aire culturelle.

Elle a souligné la nécessité d’agir ensemble pour une gestion participative du riche patrimoine culturel et naturel du Manden, impliquant, non seulement les populations, mais aussi les responsables politiques, administratifs et coutumiers, sans oublier la communauté scientifique des chercheurs et les touristes. Il est nécessaire d’élaborer un plan de gestion et de conservation qui sied en de telles circonstances pour la conservation et la promotion de l’héritage culturel.

En vue de renforcer la protection juridique du site, le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a inscrit à l’inventaire l’Arche de Kamadjan depuis juin 2010. De nouvelles démarches sont entreprises par le Département en charge de la Culture en vue de son classement dans le patrimoine culturel national, et son inscription, comme site associé au Kamablon (la case sacrée de Kangaba), à l’instar du site historique de Kurukan Fuga à Kangaba et la case sacrée de Keniero, sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Il est  urgent d’entreprendre des travaux de sensibilisation de toutes les parties prenantes du site et de réaliser les travaux d’aménagement sur l’Arche de Kamandjan et ses servitudes au regard de leur importance sur le plan éducationnel, touristique et scientifique.
Le problème est crucial au niveau de l’Arche, site inscrit à l’inventaire et drainant des milliers de touristes venant de tous les horizons.

Si des mesures urgentes ne sont pas prises, des interventions inappropriées risquent de jouer profondément sur l’intégrité physique de ce précieux bien culturel.

Y. DOUMBIA

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3 COMMENTAIRES

  1. Mr Yugubané, vous avez intérêt à respecter les mandénkas qui savent ce qu’ils font. Tu donnes l’impression de quelqu’un dont l’éducation laisse à désirer. Tu n’as rien dire: lis l’article et passe mais ne t’attaque pas à des personnes aussi respectables que sont les malinkés.

    • BAGAYOGO, espèce de MANDÉKA !!

      Allez raconter vos conneries ailleurs !! J’ai été à cet endroit et on m’a dit ce jour que c’est KAMADJAN qui a fait ce trou à l’aide de son sabre sans même descendre de son cheval. Il parait que c’était après que quelqu’un fasse allusion à la petite taille de FAKOLY, ce dernier aussi était sorti du KAABA BLON pour devenir plus grand qu’on n’en avait vu. Du n’importe quoi !!

      Si jamais il y a un moyen d’arrêter cette érosion, faites le mais vos patrimoines en théorie on s’en fout !!

  2. Que les Mandénkaw s’occupe de la survie de leurs mythes et leurs contes de fée, nous autres avons autre chose à faire !!

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