Paix et réconciliation : Non aux risques des replis identitaires

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La propagation du communautarisme culturel et son instrumentalisation devenue, par la force des choses, un effet de mode, constitue des dangers réels pour un pays arc en ciel comme le nÎtre.

Nos populations, toutes souches confondues, n’aspirent majoritairement qu’à la coexistence pacifique, à la rencontre de l’autre.

Le phĂ©nomĂšne des replis identitaires est tentaculaire, voire contagieux Ă  grande Ă©chelle ; il prend de plus en plus de proportions inquiĂ©tantes et risquerait d’exposer le pays  a des bouleversements, des soubresauts prĂ©judiciables au maintien, Ă  la consolidation de l’unitĂ© nationale, de la cohĂ©sion gĂ©nĂ©rale.

Cela pourrait conduire Ă  une explosion sociale qui  dĂ©boucherait sur un dĂ©membrement progressif de l’Etat, voire son effondrement systĂ©matique si nos autoritĂ©s politiques, administratives, civiles, ne prenaient pas Ă  bras le corps la portĂ©e des menaces endogĂšnes et exogĂšnes qui se profilent Ă  l’horizon.

Face Ă  la panique, Ă  la peur, la mobilisation gĂ©nĂ©rale pour une citoyennetĂ© malienne porteuse de vraie dĂ©mocratie et de libertĂ©s d’expression est un passage incontournable pour le meilleur devenir commun.

Les communautĂ©s, tant sĂ©dentaires que nomades, souffrent des agissements de ‘‘ mains invisibles’’, des Ă©garements qui ne peuvent qu’accentuer la mĂ©sentente entre elles, les dĂ©chirures bĂ©antes, les blessures de trop  en soumettant les populations Ă  de rudes Ă©preuves qu’elles endurent perplexes, impuissantes.

Toutes sortes de lobbyings, de plans de déstabilisation, sont orchestrés ca et la, à dessein, afin de semer la zizanie, de raviver le feu de la haine, de la violence, de la division.

Il ne revient Ă  l’esprit de personne de douter d’une rĂ©alitĂ© de nos jours, Ă  savoir qu’au niveau planĂ©taire  l’avĂšnement du troisiĂšme millĂ©naire est considĂ©rĂ© comme un symbole majeur de changement ; il devient donc  impĂ©rieux, face Ă  la mondialisation de l’économie et du libĂ©ralisme, de prĂ©server, de renforcer davantage l’unitĂ© nationale, la stabilitĂ© sociale, l’entente entre des populations appartenant Ă  une sociĂ©tĂ© multiethnique, multiraciale, dynamique et ouverte.

Qui aurait imaginĂ©, au lendemain de l’accession du Mali a la souverainetĂ© nationale et internationale le 22 septembre 1960, que les Peulhs et les Bambaras allaient s’affronter par le biais de groupes armĂ©s de tous     bords?

Qui aurait pensĂ© que les Arabes, Touareg, les Sonrais etc, allaient accepter en leur sein des multiples et incessants  diffĂ©rends, entretenir des conflits Ă  caractĂšre rĂ©pĂ©titif, s’affronter, se bagarrer, sans Ă©tat d’ñme malgrĂ© des brassages et des mĂ©tissages multisĂ©culaires ?

C’est dire qu’actuellement l’on assiste un peu partout Ă  «la lutte des semblables » et non Ă  «celle des contraires » comme l’affirmait Marx.

La balkanisation, la multiplication de micro Ă©tats artificiels, peu viables et fiables, le fonctionnement en ilotage des villes et campagnes, constituent des freins Ă  la relance, sous les meilleurs auspices, d’un dĂ©veloppement qui se veut inscrit dans la durĂ©e et l’harmonie.

L’union fait la force et ce sont les grands ensembles territoriaux qui peuvent impulser le vĂ©ritable essor socio-Ă©conomique que chacun appelle de ses vƓux dans l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et pour le plus grand bien commun.

Un adage africain ne soutient-il pas que « l’homme est le remĂšde de l’homme ».

L’Islam modĂ©rĂ© qui est la religion majoritairement partagĂ©e au Mali et qui vaut son pesant d’or dans la rĂ©solution des conflits, prĂŽne la tolĂ©rance, le pardon, la paix.

A ce sujet, la Sourate 41/Verset 34 est édifiante :

« Repousse le mal par ce qui est meilleur, et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux ».

Aussi, en ce mois bĂ©ni de Ramadan, mois de solidaritĂ©, de partage, d’expression de vraies valeurs humaines, de mĂ©ditation, de remise en cause de soi pour une cause gĂ©nĂ©rale, qu’Il plaise Ă  Dieu de gratifier notre pays de Sa GrĂące, de Sa MisĂ©ricorde, de guider les pas de nos dĂ©cideurs dans le sens de la rĂ©conciliation des cƓurs et des esprits, le changement des mentalitĂ©s et des modes de pensĂ©e en vue de sceller, dans la bonne foi et la bonne attitude, l’érection d’une nation Ă©ternelle, paisible et rĂ©conciliĂ©e avec elle-mĂȘme.

Amen

Par Chirfi Moulaye HAIDARA, Chercheur.

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1 commentaire

  1. Depuis l’Ă©clatement du problĂšme du Nord , on a crĂ©e un MinistĂšre de RĂ©conciliation pour le Nord , des Projets de dvpt pour le Nord , dans les accords signĂ©s dits d’Alger , le Nord a tout Ă  gagner dedans et dans les recrutements de l’administration , la prioritĂ© est donnĂ©e aux ressortissants du Nord , qu’est ce qui manque encore Ă  la liste . Mais avec toutes ces faveurs , le Nord reste en Ă©bullition .Imaginez un peu que le Sud , l’Est et l’Ouest du Mali en fasse pareil ? Donc que les uns et les autres sachent que NEGOCIER la tĂȘte du DIABLE dĂ©passe le REVE . Merci

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