Entrenous : Nord-Mali : La stabilité passe par Alger

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Le président de la République, Amadou Toumani Touré, entame ce lundi 24 octobre une visite de travail en Algérie où il aura des échanges avec son homologue Abdoul Aziz Bouteflika. Cette visite intervient dans un contexte particulier marqué par une situation sécuritaire plus ou moins explosive dans la bande sahélo-saharienne. La crise libyenne a fait de cette zone une véritable poudrière avec la circulation des armes très sophistiquées tombées entre les mains de certains groupes malveillants. Ces pays de la ‘’communauté internationale’’ n’ont pas tenu compte des effets collatéraux de l’invasion de la Libye par les forces impérialistes de l’Otan sous l’impulsion du président français, Nicolas Sarkozy.

 

Chez nous au Mali, plus particulièrement au nord, l’inquiétude et l’angoisse semblent être permanentes. Avec la chute du régime de Mouammar El Kadhafi et sa disparition tragique survenu le 20 octobre dernier, de nombreux éléments de l’armée régulière libyenne d’origine malienne sont rentrés chez eux avec femmes, enfants et armes. La gravité de la situation a fait que le président ATT a dépêché dans les régions de Gao et de Kidal une équipe gouvernementale composée de six ministres (ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, Général Kafougouna Koné, ministre de la Défense et des Anciens combattants, Nathié Pleah, ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, Harouna Cissé, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Sidiki N’Fa Konaté, ministre de l’Agriculture, Agatham Ag Alhassane et ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Mohamed El Moctar). Les envoyés du président ATT conduits par le vieux général Kafougouna Koné ont apporté une enveloppe de 50 000 000 de FCFA et des vivres. Le gouvernement se dit favorable à une stratégique d’assistance à travers la prise de mesures humanitaires idoines. 

 

Quid de l’intégration dans les forces armées de ces nouveaux venus ? On évoque de plus en plus l’hypothèse. Mais, il faut faire attention. Et très attention. Il n’est pas du rôle d’un Etat d’être injuste dans le traitement de ses propres fils. Il faut éviter de faire des frustrés de part et d’autre. Et si le gouvernement négociait leur retour en Lybie avec les nouvelles autorités de Tripoli ? C’est aussi une hypothèse.

 

Derrière le message officiel selon lequel les ex-combattants n’ont ‘’aucune idée de déstabilisation du Mali’’, la situation est préoccupante. Le retour des officiers de l’armée libyenne d’origine malienne dans de telles conditions est de nature à briser le fragile équilibre qui prévaut actuellement dans le nord de notre pays. Ne faut-il pas craindre une nouvelle rébellion ? Les nouveaux arrivants n’ont-ils pas les moyens d’alimenter une rébellion armée ? Difficile de répondre à ces questions !   

 

 

Il est vrai qu’avec la disparition tragique de leur parrain Mouammar Kadhafi, les groupes armés touaregs peuvent difficilement avoir le courage et la volonté d’inscrire leurs actions dans le cadre de la lutte armée. Mais un adage dit « Qui a bu boira ». Et, une menace, si petite soit-elle, reste une menace ! Il y a donc lieu d’ouvrir les yeux sur le nord et cela, nos autorités sont capables de le faire y compris de mater toutes les velléités insurrectionnelles ou sécessionnistes. Mais, pour que l’action malienne soit efficace, il faudra que l’Algérie arrête son double jeu et se montre coopérative. Ces questions sensibles seront certainement au cœur des échanges entre les présidents ATT et Abdoul Aziz Bouteflika. L’Algérie qui apparaît comme un acteur incontournable dans le maintien de la stabilité au nord de notre pays, ne devrait, sous aucun prétexte, considérer le Nord Mali comme son arrière-cour. Notre grand voisin doit se rendre à l’évidence : il existe dans cette région, une forte communauté touareg qui peut aussi constituer une menace réelle, aussi bien pour le sud de l’Algérie que pour le nord du Mali. Ainsi, malgré des combines et combinaisons contre le Mali, notre pays n’est pas le seul qui pâtirait d’une situation de crise pouvant couvrir toute la bande sahélo-saharienne. 

 

 

L’Algérie devrait donc développer une synergie d’action avec le Mali, le Niger et d’autres pays. Sans oublier qu’un soutien conséquent et sans faille de la communauté internationale afin d’aider le Mali à maintenir la paix et la sécurité.

Par Chiaka Doumbia


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